Linky : ce scénario où votre électricité serait pilotée sans votre accord

En 2026, le gouvernement pourrait contrôler votre électricité à distance en cas de crise.

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Linky : ce scénario où votre électricité serait pilotée sans votre accord
Linky : ce scénario où votre électricité serait pilotée sans votre accord © L'EnerGeek

En février 2026, un article a révélé que le gouvernement envisageait d’utiliser les compteurs Linky pour piloter à distance la puissance électrique des foyers en cas de crise énergétique. L’idée est de proposer une alternative aux coupures tournantes, une mesure redoutée qui a marqué l’hiver 2022. Le but affiché : éviter un « noir total » sur le réseau et maintenir un minimum de services quand la tension sur le système augmente. Ce dispositif est présenté dans la transition énergétique comme une solution de sauvegarde du réseau électrique français.

Réagir autrement en cas de crise énergétique

Face à la menace de délestage qui planait sur la France en 2022, le gouvernement cherche une méthode plus fine pour gérer les crises : réduire l’accès à l’électricité sans le couper complètement, ce qui pourrait impacter les factures d’électricité. L’idée, formulée dans un encart de la PPE, s’appuie sur les compteurs communicants Linky. Ces appareils, déjà largement installés, peuvent recevoir des ordres en masse pour abaisser temporairement la consommation autorisée dans les foyers.

En février 2024, un test a été réalisé dans le Puy-de-Dôme pour vérifier la réactivité des compteurs Linky à ces ordres, rapporte Selectra. Les résultats de cette expérimentation serviront de base pour envisager la généralisation du dispositif à l’ensemble de la France métropolitaine. Les gestionnaires de réseau et Enedis sont notamment impliqués, pour sécuriser la transition énergétique du pays.

Ce que ça change techniquement et chez soi

Sur le plan technique, le mécanisme revient à serrer le « robinet » de l’électricité. Un signal abaisse temporairement la puissance maximale fournie par le compteur Linky à un seuil d’environ 3 kVA (soit environ 3 000 W). Cela permet de maintenir une continuité de fourniture, compatible avec les besoins de base comme l’éclairage, le fonctionnement du réfrigérateur, ou la recharge de téléphones et d’ordinateurs.

Concrètement, cette réduction de puissance oblige à faire des choix dans la vie quotidienne. Lancer le four, les plaques et le lave-linge en même temps risque de faire disjoncter l’installation. Des appareils sensibles, comme les pompes à chaleur ou certains moteurs électriques, peuvent aussi être malmenés. Les ménages devront jongler entre se chauffer et cuisiner, une vraie « gestion de pénurie à domicile ».

La réaction du public et les questions sociales

Sur le plan social, la mesure peut être efficace mais soulève des questions d’acceptabilité. Pour certains, c’est une intrusion dans la vie quotidienne, une « participation active, parfois contrainte, des usagers », et cela ravive les inquiétudes autour des vie privée. Linky, souvent critiqué pour la transmission des données, prend ici une dimension de contrôle qui inquiète les consommateurs.

Pour autant, la méthode, moins brutale que les coupures tournantes, permettrait de passer les pics de consommation sans paralyser des régions entières. Elle garantirait un « service minimum », une flexibilité qui évite de sombrer dans un « black-out » dévastateur. Le gouvernement assure que cette mesure ne sera utilisée qu’en dernier recours, avant tout délestage physique.

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