Lors de la présentation de la feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), Sébastien Lecornu a détaillé récemment les principaux objectifs et échéances de cette transition. Cet événement important a eu lieu le jeudi 12 février. Avec l’augmentation du prix de l’électricité, la démarche soulève pas mal de questions sur l’avenir énergétique du pays et sur la structure des coûts qui en résultera.
Qui sont les acteurs et où en est notre mix énergétique
La PPE vise à réduire la dépendance aux énergies fossiles pour atteindre une part de seulement 40 % d’ici 2030. Jacques Percebois, économiste de l’énergie, doute de la faisabilité de ces objectifs dans La Dépêche : « Pour moi, c’est irréaliste ». Il anticipe que la part d’électricité devrait monter à 55 % de la consommation finale en 2050, ce qui est en ligne avec certains scénarios énergétiques jusqu’en 2050.
La France produit déjà une électricité majoritairement décarbonée (à 95 ou 96 %) grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, mais la demande reste stable, voire en légère baisse. Selon Percebois, « le problème actuel n’est pas l’offre, c’est la demande ».
La transition énergétique vers l’électricité passe par une électrification massive de secteurs variés (transports, systèmes de chauffage, industrie). Pour cela, il est nécessaire que l’industrie surmonte des obstacles actuels comme la désindustrialisation et le coût élevé de l’électricité en Europe par rapport aux États-Unis (où le gaz de schiste est abondant et bon marché).
Nucléaire ou renouvelables : le débat qui revient
Le face‑à‑face entre partisans du nucléaire et défenseurs des renouvelables est relancé. Jacques Percebois se dit favorable au nucléaire qu’il qualifie de « pilotable », puisqu’il permet d’ajuster la production selon les besoins, contrairement à la variabilité du vent et du soleil.
Mais les réacteurs EPR, symboles de ce « nouveau nucléaire », ne devraient pas être opérationnels avant 2035 voire 2040. Les défenseurs des renouvelables réclament des mesures immédiates, arguant que ces EPR ne seront pas prêts à temps.
Le Premier ministre (non nommé dans cet entretien) propose d’ajuster le rythme du développement des renouvelables terrestres, en privilégiant des investissements plus importants dans l’éolien en mer, tout en confirmant les plans pour le nucléaire afin de garantir la stabilité du réseau électrique.
Coûts et compétitivité : ce qui se joue
Les investissements massifs nécessaires dans les réseaux de transport et de distribution participent à une hausse des tarifs électriques. Selon les partisans du nucléaire, les renouvelables impliquent déjà une dépense de 4 à 5 milliards d’euros par an.
La fiscalité actuelle joue un rôle important dans la consommation : « l’électricité est deux fois plus taxée que le gaz fossile », relève Percebois. À l’origine, cette taxation devait financer les renouvelables, mais elle est aujourd’hui perçue comme une accise soutenant directement les recettes de l’État.






