La France se trouve à un carrefour décisif pour son avenir énergétique avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un document clé qui fixe les grandes orientations jusqu’en 2035. Instaurée par la loi de transition énergétique de 2015, la PPE doit s’aligner sur l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 et sur la Stratégie nationale bas-carbone. Selon la loi Énergie-Climat de 2019, ce décret énergétique devait être publié avant le 1er juillet 2023, mais son décret, très attendu, semble enfin sur le point de sortir « d’ici la fin de la semaine », confirme Le Figaro. Face à l’urgence affichée, Sébastien Lecornu, Premier ministre, assure que « les débats ont largement eu lieu », malgré le sentiment d’un passage en force par décret.
Un cadre législatif et stratégique qui coince
Malgré le cadre législatif prévu pour sa mise en œuvre, la PPE a buté sur de nombreux obstacles législatifs. Le décret obligatoire était initialement attendu pour septembre 2025, ce qui représente un retard de deux ans et demi. Ce blocage tient aux débats parlementaires non réglés : jamais présenté devant le Parlement, le projet n’a fait l’objet que d’une proposition de loi déposée par Daniel Gremillet (LR). Adoptée en première lecture au Sénat fin 2024, cette proposition se heurte aux amendements controversés des députés à l’Assemblée nationale. Malgré l’urgence, certains acteurs politiques, comme Dominique Estrosi Sassone (LR), dénoncent le recours au décret plutôt qu’à la voie législative, critiquant un contournement des discussions parlementaires.
Ce que prévoit la PPE et ses objectifs
La PPE confirme la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR, avec huit supplémentaires en option. Elle fixe une ambition de 60 % de nucléaire dans le mix électrique d’ici 2030 et 50 % d’ici 2050. Les investissements annoncés concernent aussi l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie et l’éolien terrestre. En revanche, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique a été revue à la baisse, passant de 40 % à 33 %, un ajustement qui préoccupe les acteurs des énergies renouvelables. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a souligné l’absence de moratoire et réclame la relance des appels d’offres.
Au-delà du volet nucléaire, cette feuille de route trace des trajectoires de production et de consommation d’énergie, et elle influence fortement les investissements nécessaires dans les infrastructures, le stockage d’énergie et l’efficacité énergétique.






