Situation ubuesque à Cuba. Englué par l’embargo américain sur l’énergie, le pays est officiellement en pénurie de kérosène. Les travailleurs sont appelés à rester chez eux, et les avions sont cloués au sol.
Cuba n’a plus de kérosène
Depuis le 10 février 2026, les autorités cubaines ont annoncé qu’il n’y aurait pas de kérosène disponible dans les principaux aéroports du pays pour au moins un mois, imposant des restrictions d’avitaillement pour les compagnies aériennes et accentuant la crise énergétique nationale. Cette situation se produit alors que Cuba fait face à une crise énergétique généralisée, qui dépasse largement le seul domaine de l’aviation. La pénurie de kérosène est symptomatique d’un approvisionnement en carburants liquides gravement compromis, affectant non seulement les vols internationaux, mais aussi la mobilité interne et certains services essentiels.
Face à ce manque de kérosène, plusieurs compagnies aériennes ont dû adapter ou suspendre leurs opérations vers la destination caraïbe. Par exemple, Air Canada a annoncé la suspension de ses vols vers Cuba en raison de l’impossibilité de ravitailler ses appareils sur place, et planifie l’exploitation de vols « à vide » pour rapatrier environ 3 000 passagers déjà présents sur l’île.
Causes de la pénurie : entre contraintes structurelles et géopolitiques
La crise du kérosène à Cuba est enracinée dans une crise énergétique plus large, qui touche également les importations de pétrole brut et de carburants raffinés. Historiquement, Cuba dépendait fortement des exportations de pétrole et de carburéacteur en provenance du Venezuela, mais ces flux ont été gravement perturbés récemment en raison de l’arrêt des approvisionnements, suite à la chute de Nicolás Maduro.
De plus, les mesures récentes des États-Unis, incluant des menaces de sanctions et de droits de douane contre tout pays continuant à fournir du pétrole à l’économie cubaine, ont intensifié le blocage des livraisons vénézuéliennes. En conséquence, Cuba n’aurait reçu aucune cargaison significative de pétrole ou de kérosène depuis plusieurs semaines, ce qui a directement contribué à l’épuisement des réserves disponibles dans l’île.
La pénurie de kérosène se manifeste avant tout par des perturbations dans le transport aérien. Avec l’avitaillement aérien suspendu dans au moins neuf aéroports internationaux cubains, les lignes aériennes sont contraintes à improviser des solutions logistiques, notamment des arrêts techniques de ravitaillement dans des pays voisins. Au-delà du transport aérien, la pénurie de kérosène et de carburants liquides affecte des pans entiers de l’activité économique. Les contraintes d’approvisionnement énergétique contribuent à des réductions de services, des ralentissements de transport interne et accentuent la pression sur une économie déjà fragilisée par des années de sanctions et de difficultés structurelles.
La situation est d’autant plus complexe que la pénurie énergétique touche également la production et la distribution de charbon, de gazole et d’autres produits pétroliers, affectant directement la mobilité intérieure, le transport routier et les services essentiels.






