Gaz hors de prix, électricité plombante : quand le coût de l’énergie menace l’avenir industriel européen

Les industries électro-intensives, vitales pour l’économie européenne, ont déjà perdu 200 000 emplois en 2025.

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Gaz hors de prix, électricité plombante : quand le coût de l’énergie menace l’avenir industriel européen
Gaz hors de prix, électricité plombante : quand le coût de l’énergie menace l’avenir industriel européen © L'EnerGeek

Un communiqué récent, signé par une douzaine d’organisations représentant des industries électro‑intensives à travers l’Europe, lance un appel urgent pour contrer la flambée des prix de l’énergie et du carbone (prix des quotas d’émission). Les signataires mettent en garde contre une désindustrialisation irréversible si le continent n’agit pas sans tarder. Ce sujet ne concerne pas que les industriels : il touche toute l’économie européenne.

Un coup dur pour l’économie

Les industries électro‑intensives emploient directement plus de 6,5 millions de personnes et réalisent un chiffre d’affaires de plus de 1 500 milliards d’euros. Pourtant, elles ont déjà perdu 1,5 million d’emplois depuis 2008, dont environ 200 000 pertes en 2025. La part de l’industrie en France est passée de 35 % du PIB en 1970 à moins de 20 % aujourd’hui, ce qui illustre une érosion inquiétante.

Les prix de l’énergie, même s’ils ont légèrement baissé depuis la crise de 2022, restent jusqu’à deux fois plus élevés qu’auparavant. Selon Cefic (le lobby européen de la chimie), ces coûts vont rester plus élevés que ceux observés en Amérique, au Moyen‑Orient et en Asie dans un avenir proche.

Qui signe et qui réagit

Parmi les signataires figurent des organisations sectorielles comme Cepi pour le papier, Cement Europe pour le ciment, et Euro Alliages pour les ferro‑alliages. Tous les secteurs concernés, métallurgie, verrerie, fabrication d’engrais, consomment beaucoup d’énergie et génèrent d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Des entreprises comme Siemens, Bosch et BASF ont déjà réduit leurs effectifs à cause de la hausse des coûts énergétiques.

Aditya Mittal, directeur général d’ArcelorMittal, rappelle que les gains attendus des réglementations européennes apparaîtront progressivement, mais demeurent nécessaires pour l’électrification des économies. Jean‑Marc Roué, à la tête de Britanny Ferries, espère quant à lui une baisse des coûts d’électricité au port de La Rochelle en s’impliquant dans la décarbonation, rapporte BFMTV.

Des mesures demandées tout de suite

Les industriels réclament des actions immédiates pour faire baisser les coûts énergétiques, en ciblant la réduction des frais de réseau et des taxes, et en soutenant la transition énergétique. Ils demandent de bloquer toute hausse du prix du carbone dès 2026 et de suspendre les nouvelles réductions des plafonds d’émissions gratuits au‑delà de cette date. Pour la Commission européenne, qui prépare un plan visant à favoriser le « made in Europe » dans des secteurs stratégiques comme l’automobile, ces recommandations pourraient s’intégrer à une stratégie plus large pour préserver les emplois et l’innovation en Europe.

Le défi pour rester compétitif en Europe

Les producteurs européens de gaz naturel et d’électricité continuent de payer plus cher que leurs homologues américains ou asiatiques : le gaz naturel coûte de 2 à 3 fois plus et l’électricité de 1,5 à 2 fois plus en Europe. Cette situation fragilise la compétitivité des industries, déjà sous pression face à la concurrence internationale, notamment chinoise dans l’acier, malgré l’essor des énergies renouvelables.

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