Avec 2,6 millions de résidences encore chauffées au fioul en 2022, soit 9 % du parc national, la France fait face à un choix énergétique important qui soulève des questions à la fois environnementales et économiques. La transition énergétique vise à réduire les émissions de CO2, ce qui pose problème avec ce mode de chauffage. L’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), dans une étude récente, souligne une tendance nette vers l’abandon progressif du fioul : autrefois omniprésent dans l’Hexagone, il est désormais rare en milieu urbain mais reste bien présent à la campagne.
Le fioul à la campagne : ça bouge, mais lentement
Le département des Deux-Sèvres illustre bien cette différence territoriale. Alors que 41,2 % des résidences y étaient chauffées au fioul en 2006, elles ne sont plus que 23,4 % en 2022. Ce taux reste cependant 2,5 fois plus élevé que la moyenne nationale, preuve d’une disparités régionales durable du fioul en milieu rural, rapporte Ouest France. La baisse s’étend sur une quinzaine d’années, montrant un recul net, mais pas suffisant pour faire disparaître complètement ce mode de chauffage.
Adrien Villetelle, responsable du Centre régional des énergies renouvelables, souligne que « la typologie de l’habitat » joue un rôle important. Les logements ruraux, souvent plus grands, entraînent des coûts de rénovation élevés, ce qui ralentit le remplacement des chaudières au fioul par des alternatives plus écologiques.
Règles et transition depuis 2022
Depuis juillet 2022, l’installation de nouvelles chaudières 100 % fioul est interdite, reflétant les réglementations sur le chauffage en vigueur. Le cadre réglementaire autorise toutefois des solutions hybrides, comme le biofioul intégrant 30 % d’huile de colza, avec pour objectif d’atteindre 100 % d’ici 2030. Florian Schuzger, d’Alliance Energies, indique que, malgré ces évolutions, la situation économique et géopolitique actuelle pousse encore certaines familles à garder leur chaudière au fioul, souvent en complément d’autres systèmes comme le poêle à bois ou à pellets.
Dans le Bas-Rhin, 15 % des ménages utilisent encore ce mode de chauffage, ce qui montre aussi le scepticisme de certains habitants face au changement.






