Face aux défis de l’approvisionnement mondial en pétrole, ressource non renouvelable dont dépend une grande part de l’économie, de nouvelles pistes scientifiques voient le jour. Les tensions sur l’approvisionnement, qui pourraient s’accentuer entre 2030 et 2040, poussent l’industrie pétrolière à chercher des solutions innovantes. Une méthode inédite pourrait changer la façon d’identifier et d’exploiter les réserves, en suivant précisément l’influence des cycles astronomiques sur le sol terrestre.
Ce que la science a trouvé et les cycles géologiques
Une étude publiée dans le Journal of Paleogeography le 30 septembre 2025 examine un mécanisme intéressant dans le bassin du Sichuan, en Chine, à l’époque du Jurassique. Elle se penche sur les cycles de Milankovitch, ces oscillations de l’orbite terrestre causées par l’attraction gravitationnelle des planètes Jupiter et Saturne. Ces cycles, de 100 000 ans et 405 000 ans, modifient périodiquement la distance entre la Terre et le Soleil, faisant varier l’insolation.
Ces variations astronomiques ont exercé un « forçage orbital » qui a entraîné des changements climatiques. Par exemple, les pics d’excentricité augmentent l’énergie thermique des continents et des océans, renforçant l’évaporation et, dans le cas du Sichuan, provoquant des moussons exceptionnellement violentes. Ce climat extrême a favorisé le lessivage des sols, libérant des nutriments comme le phosphore et l’azote, ce qui a mené à une eutrophisation rapide et à une explosion de biomasse algale.
Comment se forme le pétrole de schiste
Pendant ces périodes, les algues mortes ont saturé des eaux pauvres en oxygène. Ces conditions anoxiques ont permis l’accumulation de matière organique, qui s’est sédimentée en boues riches en Carbone Organique Total (COT), à un rythme régulier de 4,1 centimètres par millénaire. Ce phénomène a laissé une signature radioactive, notamment de l’uranium, détectable aujourd’hui lors des forages via l’émission de rayons gamma.
La présence d’uranium dans ces sédiments devient donc un marqueur possible de réserves pétrolières. Cette approche originale permettrait d’identifier précisément des « sweet spots » (zones très riches) en pétrole de schiste, d’une épaisseur de quelques dizaines de centimètres. Ces découvertes pourraient optimiser les opérations de fracturation hydraulique, en réduisant les forages inutiles et l’utilisation de substances toxiques, malgré les fluctuations du marché.
Ce que cela change pour l’industrie et les limites dans le temps
L’industrie pétrolière voit dans cette méthode peut-être « la plus précise que l’on ait trouvée jusqu’à maintenant », offrant un répit temporaire face à la crise énergétique annoncée, tout comme les enjeux liés à l’exploitation des ressources en Antarctique. Toutefois, même si cette approche permet de découvrir de nouveaux gisements significatifs, estimés entre 345 et 420 milliards de barils, ce sursis resterait limité dans le temps, surtout face à la baisse significative des prix.






