Depuis le début de la guerre en Ukraine, les Occidentaux tentent de juguler les ventes de pétrole russe, qui financent massivement l’économie de guerre de la Russie. La Chine, elle, considère cet achat comme « légitime », provoquant la colère des États-Unis.
La Chine raffole du pétrole russe
Alors que les États-Unis exercent une pression sans précédent sur leurs alliés pour freiner les ventes de pétrole russe, Pékin s’exprime durement et récuse toute accusation d’irresponsabilité. La Chine a officiellement déclaré que ses importations de pétrole en provenance de la Russie sont « normales et légitimes », rejetant ce qu’elle qualifie d’« intimidation économique » de la part des États-Unis. Ce positionnement s’inscrit dans un contexte d’escalade commerciale entre Washington et Pékin, tandis que la Russie cherche à maintenir ses revenus pétroliers malgré les sanctions occidentales.
Cette réaction intervient après que l’administration Trump a affirmé avoir reçu la promesse du Premier ministre indien Narendra Modi de réduire les importations de pétrole russe, accentuant ses efforts pour limiter les recettes de Moscou utilisées dans sa guerre en Ukraine.
Pékin insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un cas particulier, mais d’une composante essentielle de sa « coopération stratégique » avec Moscou. « Les agissements des États-Unis sont un exemple typique de coercition économique », a précisé le ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine met également en avant son respect du droit international, ajoutant que ses importations de pétrole russe n’enfreignent aucune règle bilatérale ou multilatérale.
Une dépendance énergétique chinoise qui persiste malgré les sanctions
Grâce à cette coopération, la Chine s’est affirmée comme le premier importateur mondial de combustibles fossiles russes, absorbant environ deux tiers des exportations totales, soit plus de 170 milliards de dollars depuis 2022, devant l’Inde et l’Union européenne. Moscou s’appuie sur cet accord pour maintenir ses flux commerciaux malgré les sanctions occidentales.
Lors d’un forum énergétique à Moscou, Vladimir Poutine s’est félicité de cette dynamique, rappelant que la Russie fournit environ 10 % de la production mondiale de pétrole, et que ses exportations vers la Chine et l’Inde ont permis de compenser partiellement la chute des livraisons vers l’Occident. Ces flux, souvent acheminés via une « flotte fantôme » de plus de 800 pétroliers opérant sous pavillons étrangers, continuent de contourner les restrictions imposées sur certains navires et raffineries.
L’Inde reste le second acheteur de pétrole russe, mais les pressions américaines pourraient modifier la dynamique. La Maison Blanche a imposé des surtaxes de 50 % l’été dernier pour dissuader New Delhi de poursuivre ses importations, tout en menant les mêmes efforts à l’égard de la Chine.
Le choix de Pékin de défendre ses décisions énergétiques s’inscrit dans un contexte de dégradation générale des relations économiques avec Washington. Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis ont multiplié les droits de douane et menacent d’imposer des sanctions à tout pays achetant du pétrole russe. Ces mesures visent à isoler Moscou, mais elles génèrent aussi des répercussions mondiales.






