Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, les États s’équipent à vitesse grand V en data centers. Mais un problème se pose : ils génèrent énormément de chaleur. Pour les refroidir et faire baisser la facture, la Chine va les plonger dans la mer.
Un data center immergé en mer en Chine
La Chine veut immerger ses data centers en mer pour les refroidir. Cette initiative, portée par l’entreprise Highlander, vise à réduire drastiquement la consommation énergétique liée au refroidissement des installations informatiques. Alors que les besoins en puissance de calcul explosent avec l’essor de l’IA, ce projet sous-marin illustre la course mondiale vers des infrastructures numériques plus durables.
Le groupe Highlander s’apprête à immerger une capsule de serveurs près de Shanghai mi-octobre 2025 pour tester la viabilité commerciale d’un data center sous-marin. Cette installation expérimentale exploite la température naturelle des courants marins pour refroidir les processeurs. « Les installations sous-marines permettent d’économiser environ 90 % de l’énergie dédiée au refroidissement », a confirmé Yang Ye, vice-président de Highlander.
La démarche s’inscrit dans la stratégie chinoise de sobriété énergétique numérique. Près de 40 % de l’électricité consommée par un data center terrestre est utilisée uniquement pour le refroidissement. En transférant cette charge thermique vers la mer, la Chine espère libérer une part substantielle de sa production électrique pour d’autres usages industriels, tout en réduisant son empreinte carbone. Le site sous-marin sera en outre alimenté à plus de 95 % par des sources renouvelables, principalement via des parcs éoliens offshore, illustrant la volonté du pays d’intégrer le numérique à son plan de transition écologique.
L’expérience chinoise prolonge une idée déjà testée ailleurs
Cette immersion de serveurs n’est pas une première mondiale, mais elle marque une étape majeure vers l’industrialisation du concept. Microsoft avait déjà mené en 2018 le projet « Natick » au large de l’Écosse : un prototype de data center sous-marin resté toutefois au stade expérimental. La Chine, elle, entend franchir le cap commercial. À Hainan, une capsule de 1 300 tonnes a déjà été immergée à 35 mètres de profondeur, capable de traiter jusqu’à 7 000 conversations par seconde pour un chatbot d’IA.
Les bénéfices avancés sont considérables. Le dispositif sous-marin de Hainan pourrait économiser chaque année 122 millions de kWh d’électricité, 68 000 m² de terrain et plus de 100 000 tonnes d’eau douce. Des chiffres qui traduisent une volonté d’alléger la pression foncière et hydrique dans un pays où les data centers terrestres connaissent une expansion fulgurante. Cette économie énergétique coïncide avec les objectifs du ministère chinois de l’Industrie, qui souhaite réduire de 20 % la consommation moyenne des centres de données d’ici 2030.
L’IA, moteur silencieux de la révolution sous-marine
Le projet « Hailanyun », mené à une dizaine de kilomètres des côtes de Shanghai, constitue la première phase de déploiement industriel de ces infrastructures. Il prévoit l’installation de 198 racks de serveurs, soit jusqu’à 792 machines d’intelligence artificielle, connectés à un réseau alimenté à 97 % par l’éolien offshore.






