EPR de Flamanville : trois mois d’arrêt et un nouveau report qui inquiète la France

Le redémarrage de l’EPR de Flamanville est encore repoussé, soulevant des doutes sur la fiabilité de l’industrie nucléaire.

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EPR de Flamanville : trois mois d’arrêt et un nouveau report qui inquiète la France
EPR de Flamanville : trois mois d’arrêt et un nouveau report qui inquiète la France © L'EnerGeek

L’EPR de Flamanville, réacteur nucléaire de 3e génération situé dans la Manche (France), continue de faire parler de lui avec ses nombreux retards. Géré par EDF (Électricité de France), ce projet ambitieux s’inscrit dans un programme européen visant à renforcer la sûreté et améliorer le rendement du nucléaire. Le report du redémarrage, initialement prévu pour le 1er octobre 2025, soulève de sérieuses questions sur la fiabilité et la performance des technologies avancées dans le secteur.

Chronologie et pépins techniques

Le réacteur a été arrêté le 19 juin 2025, avec une reprise prévue le 1er octobre 2025. Toutefois, EDF a annoncé que le redémarrage est repoussé au 17 octobre 2025, une nouvelle confirmation ayant été faite le 28 septembre 2025. Ce délai, qui s’étire depuis fin juin, résulte surtout d’opérations de vérification et d’interventions sur les soupapes de protection du circuit primaire principal.

Ces soupapes se trouvent en haut du pressuriseur, ce qui permet de maintenir l’eau du circuit primaire à une pression de 155 bars. Deux des trois soupapes ne répondaient pas aux normes d’étanchéité attendues, ce qui a imposé une opération de maintenance préventive sur la troisième en raison d’une fuite sur une soupape. EDF a expliqué ce report par la nécessité de procéder à des contrôles supplémentaires sur certains équipements clés.

Un projet historique et stratégique

Le chantier de l’EPR de Flamanville a démarré en 2007 et a été jalonné par une série de retards et de complications techniques. Ce chantier est vu comme une vitrine du projet EPR et met en lumière les défis technologiques auxquels se heurte l’industrie nucléaire française. Ces reports nourrissent également le débat public sur la sûreté et la continuité de la production d’électricité, soulignant les défis de sécurité de l’industrie nucléaire.

EDF a récemment revu ses prévisions pour atteindre la pleine puissance « avant la fin de l’automne », ce qui met encore plus de pression sur l’entreprise et sur tout le secteur de la transition énergétique. Ces reports posent également des défis supplémentaires pour le réseau électrique national, surtout avec l’arrivée des mois plus froids.

Répercussions pour EDF et le secteur nucléaire

Les retards ne se limitent pas au seul site de Flamanville. Pour EDF, ils représentent un fardeau financier et une question d’image publique. La filière nucléaire française se retrouve face à un défi de taille alors qu’elle tente de relancer un programme fondé sur des technologies avancées.

EDF affirme que « les opérations de contrôle et de maintenance des soupapes de protection du circuit primaire principal de Flamanville 3 sont achevées ». Toutefois, il reste encore des essais de redémarrage à finaliser avant que le réacteur puisse être remis en service sur le réseau électrique national.

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