Le 1er août 2025, le gouvernement a confirmé que la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3) était imminente. Ce document stratégique va jouer un rôle majeur dans l’avenir énergétique de la France. Attendu depuis juin 2023, il déclenche de vifs débats politiques et économiques, surtout à cause des priorités définies pour la production d’énergie. À un moment charnière de la transition énergétique, cette programmation provisoire devrait poser le cadre des grandes orientations pour les années à venir.
Un cadre légal qui évolue
Pour l’instant, la PPE 3 se trouve dans une phase provisoire, le temps que soit votée la loi Gremillet. Ce texte législatif propose de remplacer la catégorie des énergies renouvelables par celle des énergies décarbonées (cette précision peut influencer les orientations énergétiques du pays). Il doit encore être examiné en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, ce qui retarde sa mise en application définitive.
De son côté, le décret d’application de la PPE 3, prêt à être publié depuis le 1er août, attend quant à lui un feu vert sur le plan politique. Les entreprises du secteur énergétique n’y voient qu’une source de frustration et réclament la publication immédiate du décret pour clarifier la feuille de route.
Des priorités énergétiques axées sur le nucléaire
L’un des grands axes de la PPE 3 est la mise en avant de la relance du nucléaire. Le gouvernement souhaite non seulement améliorer la productivité des réacteurs existants, mais aussi lancer la construction de nouveaux réacteurs EPR2 et développer des petits réacteurs modulaires comme le réacteur Flamanville 3. La stratégie prévoit aussi le renforcement des installations de retraitement et de valorisation des combustibles nucléaires usés.
Par contre, les ambitions concernant les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, sont revues à la baisse et leur déploiement est repoussé. Ce choix s’explique par une consommation en électricité moins dynamique que prévu et par la volonté de stimuler davantage la filière industrielle française dans ces secteurs.
Consommation et soutien aux énergies renouvelables
La production d’électricité issue du solaire et de l’éolien ne progresse pas comme on l’espérait. Pour y remédier, une refonte du dispositif de soutien aux énergies renouvelables semble inévitable. Des ajustements devraient permettre de rendre la consommation plus flexible tout en incitant les producteurs à mieux gérer leur influence sur le réseau.
Les investissements industriels majeurs figurent aussi parmi les priorités. On prévoit notamment l’abrogation prochaine de certains arrêtés tarifaires afin de favoriser le petit photovoltaïque sur toitures grâce à des appels d’offres simplifiés dès septembre. De plus, un nouvel arrêté tarifaire en faveur du petit photovoltaïque au sol sera publié bientôt.
Le paysage politique et les acteurs en jeu
La préparation et l’adoption de cette nouvelle programmation se font dans un climat politique tendu. Après avoir contribué à la chute du gouvernement Barnier l’automne dernier, la question de l’énergie demeure un sujet sensible. François Bayrou a même abordé la question lors d’un débat à l’Assemblée nationale, bien que celui-ci n’ait pas suscité de vote.
Parmi les figures importantes, on trouve Marc Ferracci, ministre de l’industrie et de l’énergie, qui milite pour une publication rapide du décret sans attendre le vote final de la loi « Gremillet ». Toutefois, à Matignon, on préfère attendre l’adoption définitive de la loi.




