Les milliardaires de l’énergie du G7 gagnent 300 millions par jour

Selon Oxfam, 41 milliardaires du secteur énergétique des pays du G7 ont vu leur fortune augmenter de 23,5 milliards de dollars depuis le début du conflit américano-israélien contre l’Iran. Parallèlement, l’aide publique au développement a été réduite de 48 milliards entre 2024 et 2025.

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Les milliardaires de l’énergie du G7 gagnent 300 millions par jour © L'EnerGeek

Trois cents millions de dollars par jour. Voilà ce qu’empochent les milliardaires de l’énergie du G7 depuis que la guerre oppose les États-Unis et Israël à l’Iran. Une nouvelle analyse d’Oxfam, publiée à la veille du sommet du G7 à Évian, éclaire d’une lumière crue la mécanique implacable des crises géopolitiques : quand les populations souffrent, certaines fortunes prospèrent.

Les chiffres donnent le vertige. Quarante et un milliardaires du secteur énergétique des pays du G7 ont vu leur patrimoine grossir de 23,5 milliards de dollars depuis le début du conflit. À titre de comparaison, cela représente plus de 1 000 dollars dans le temps nécessaire pour cligner des yeux. À l’échelle mondiale, les milliardaires ont accumulé 9 800 milliards de dollars depuis 2020.

La guerre, moteur de l’accumulation

Mais reprenons. Comment une guerre peut-elle générer de telles richesses ? La réponse tient en un mot : l’énergie. La flambée des prix du pétrole et du gaz profite mécaniquement aux géants du secteur. Six majors pétrolières devraient voir leurs bénéfices bondir de 80 % par rapport aux prévisions d’avant-guerre, soit 68 milliards de dollars supplémentaires. Leurs profits cumulés atteindraient 152 milliards en 2026, l’équivalent de 416 millions de dollars quotidiens.

Le phénomène s’étend bien au-delà du pétrole. Trois des principales entreprises d’engrais mondiales anticipent une hausse de leurs bénéfices de 23 %, soit 928 millions de dollars de plus que prévu. Au total, les entreprises du G7 les plus exposées au conflit dépassent leurs prévisions d’avant-guerre de 413 millions de dollars en moyenne.

« Il s’agit d’un système brutal qui redistribue la richesse vers le haut, des travailleurs aux actionnaires, des plus pauvres aux plus riches », dénonce Amitabh Behar, directeur général d’Oxfam International. Le diagnostic est sévère, mais les faits parlent d’eux-mêmes.

L’aide en chute libre

En réalité, le contraste saisit par son ampleur. Pendant que les fortunes s’envolent, l’aide publique au développement s’effondre. Entre 2024 et 2025, les pays du G7 ont réduit de 48 milliards de dollars leur soutien aux nations les plus pauvres. Pour saisir l’ordre de grandeur : cela équivaut exactement à ce que les milliardaires du G7 ont accumulé en neuf jours seulement sur la même période.

Autrement dit, en moins d’une semaine et demie, les plus fortunés engrangent l’équivalent de ce que leurs gouvernements retirent aux plus démunis en douze mois. Le système révèle ici sa logique profonde : privatisation des gains, socialisation des pertes.

Le coût humain de cette équation comptable se mesure en vies. Depuis la dernière présidence française du G7, 44 personnes basculent chaque minute dans une situation d’urgence humanitaire. L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo frappe un pays déjà exsangue, où une personne sur quatre souffre de la faim.

Le G6 face à ses responsabilités

Reste que l’analyse d’Oxfam pointe une responsabilité particulière. Les dirigeants du « G6 » (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni) utilisent l’intransigeance américaine comme alibi à leur propre inaction. « Refuser d’agir au seul motif que Washington ne se joindra pas à eux n’est pas de la diplomatie, c’est de la lâcheté », tranche Amitabh Behar.

Le reproche porte. Ces six pays disposent d’un immense pouvoir financier et diplomatique qu’ils choisissent délibérément de ne pas exercer. Ils peuvent annuler la dette des pays pauvres, taxer les superprofits, augmenter leur aide au développement, soutenir de nouveaux droits de tirage spéciaux au FMI.

Pour s’assurer la présence du président Trump au sommet d’Évian, le président Macron a accepté d’écarter les discussions sur le climat et les inégalités de l’ordre du jour. Même les mots « genre » ou « climat » ont été rayés pour apaiser Washington. La diplomatie de l’esquive remplace celle de l’action.

Le PNUD estime que le conflit pourrait plonger plus de 30 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté. Pendant ce temps, l’indice des prix alimentaires de la FAO a progressé trois fois plus vite entre février et avril 2026 qu’un an plus tôt. Les mécanismes sont connus, les solutions existent, les moyens aussi. Seule manque la volonté politique de les mettre en œuvre.

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