Une nouvelle vague de chaleur touche la France, après plusieurs épisodes caniculaires survenus en mai et en juin. Météo France a placé, le mardi 28 juillet, la quasi-totalité des départements en vigilance jaune, et plus d’une quinzaine en vigilance orange.
Cette quatrième vague de l’été s’annonce avec des pointes entre 35 °C et 40 °C si les prévisions se confirment, et les températures pourraient avoisiner les 40 °C par endroits, sur plusieurs jours. Les logements les plus exposés restent les passoires thermiques, au nombre de 3,9 millions en 2025.
Face à la chaleur, le réflexe le plus répandu reste le ventilateur, qui équipe la moitié des foyers français contre 25 % pour les climatiseurs. Un appareil peu coûteux et plus écologique qu’une climatisation, mais qui ne refroidit pas l’air d’une pièce : il se contente de le brasser.
Au-delà de 35 °C, l’air brassé réchauffe plutôt qu’il ne rafraîchit
La sensation de fraîcheur repose sur deux mécanismes. D’abord la convection, qui remplace la fine couche d’air réchauffée au contact du corps par de l’air un peu plus frais. Ensuite l’évaporation de la sueur, qui absorbe de la chaleur au moment où l’eau se transforme en vapeur.
Or la température de surface de la peau se situe entre 33 °C et 35 °C environ. Tant que l’air ambiant reste sous ce seuil, le ventilateur emporte de la chaleur corporelle. Au-dessus, le phénomène s’inverse : l’air brassé, plus chaud que la peau, en apporte au lieu d’en retirer, comme un sèche-cheveux réglé sur tiède.
L’Organisation mondiale de la santé a actualisé ses repères dans sa fiche « Chaleur et santé » d’avril 2026 : les ventilateurs électriques ne doivent être utilisés que sous 40 °C. Au-delà, l’OMS prévient qu’ils « peuvent réchauffer davantage le corps ».
Entre 35 °C et 40 °C, le ventilateur seul ne suffit plus, il doit être associé à de l’eau, avec un verre par heure et au moins deux à trois litres par jour, sans attendre la sensation de soif. Sous un flux d’air chaud, la déshydratation s’accélère sans que l’organisme donne l’alerte. Les personnes âgées, qui transpirent moins et ressentent moins la soif, sont particulièrement exposées.
Trois repères suffisent à s’y retrouver :
- Sous 35 °C, le ventilateur rafraîchit efficacement, même seul.
- Entre 35 °C et 40 °C, il faut y ajouter un linge humide, de la brumisation ou une peau mouillée.
- Au-delà de 40 °C, mieux vaut l’éteindre et rejoindre un lieu frais, bibliothèque, cinéma ou salle rafraîchie, quelques heures.
Retourner le ventilateur vers la fenêtre, le tour de Bernoulli
Un principe de mécanique des fluides établi en 1738 par le physicien suisse Daniel Bernoulli explique pourquoi un simple ventilateur peut malgré tout rafraîchir un intérieur, à condition d’être bien positionné. En pleine journée, quand il fait plus chaud dehors que dedans, la seule méthode efficace reste de diriger l’appareil directement sur soi.
Le soir, en revanche, dès que l’air extérieur redevient plus frais, il faut le retourner vers une fenêtre ouverte, souffle dirigé vers l’extérieur.
Expulser de l’air par une fenêtre crée une zone de basse pression, ce qui aspire automatiquement un volume équivalent d’air frais par une autre ouverture, selon une explication du site spécialisé Les Numériques. Un test mené par ce même site a permis de mesurer la position idéale : le ventilateur doit être placé à 1 mètre ou 1,5 mètre de la fenêtre, toujours tourné vers l’extérieur, pour obtenir le meilleur flux.
En journée, quand l’air brassé reste chaud, une bouteille d’eau glacée ou un linge humide posé devant l’appareil, jamais dessus, suffit à rafraîchir légèrement le flux. Il vaut mieux orienter le ventilateur vers les occupants plutôt que vers une pièce vide, dépoussiérer les pales et garder les volets fermés le jour pour limiter la chaleur à la source.
Côté facture, le ventilateur reste l’un des appareils les plus sobres du logement : un modèle sur pied absorbe le plus souvent entre 30 W et 70 W, contre 1 000 W à 2 500 W pour un climatiseur mobile. Une seule heure de climatisation consomme ainsi davantage qu’une journée entière de ventilateur, dont le coût ne dépasse guère quelques euros sur tout l’été.






