TotalEnergies a rétabli, mercredi 22 juillet 2026, le plafonnement de ses prix à la pompe dans l’ensemble de ses stations-service de France métropolitaine. Le groupe pétrolier répond ainsi à la nouvelle envolée des cours internationaux des carburants, qui pèse depuis plusieurs semaines sur le budget des automobilistes.
Le dispositif fixe une limite à 1,99 euro le litre de SP95 et 2,24 euros le litre de gazole, dans 1 200 stations réparties sur le territoire. Pour les week-ends du mois d’août, tous les carburants seront plafonnés à 1,99 euro sur les autoroutes. Le coût de cette mesure commerciale est estimé à 200 millions d’euros.
Des profits en nette hausse, dopés par le raffinage
Le lendemain, jeudi 23 juillet, TotalEnergies a publié ses résultats du deuxième trimestre : un bénéfice net de 6 milliards de dollars, en hausse de 68 % sur un an, après 5,4 milliards au premier trimestre. Sur l’ensemble du semestre, le groupe cumule 11,2 milliards de dollars de profits.
Ce bond s’explique surtout par l’activité aval, raffinage et négoce, qui grimpe de 187 % sur un an, quand la production progresse de 64 %. Le directeur général Patrick Pouyanné a résumé la situation : « Dans un environnement de prix élevé en lien avec le conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies tire parti de son modèle intégré et de sa diversification pour afficher au deuxième trimestre un résultat net ajusté de 6 milliards de dollars. », cite La Dépêche.
Le groupe a par ailleurs relevé son dividende de 5,9 % et lancé un rachat d’actions de 1,5 milliard de dollars. Il met aussi en avant une contribution fiscale d’environ 25 milliards de dollars par an entre 2022 et 2025.
Le pétrole grimpe, la production reste sous pression
Le baril est passé de 71 dollars fin février à 120 dollars, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient. Cette flambée a nourri les résultats du raffinage et du négoce plus que ceux de l’extraction proprement dite. TotalEnergies a perdu environ 210 000 barils par jour de production, un manque compensé par la montée en puissance de ses projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye.
Sur le plateau de l’émission Bonjour, sur TF1, la journaliste Catherine André a résumé le sentiment ambiant à propos du plafonnement annoncé la veille des résultats : « Une opération de plafonnement limité aux stations-service en France, pas à l’étranger, une goutte d’eau dans un océan de profits. »
Des ONG, l’opposition et des stations-service indépendantes dénoncent une opération de communication. Une coalition regroupant Greenpeace, Oxfam et le Réseau Action Climat parle ouvertement de profits de guerre. À gauche, LFI, le PS et les Écologistes réclament une taxation des surprofits du groupe.
Les détracteurs mettent en avant un écart de proportions : la hausse du dividende et le rachat d’actions de 1,5 milliard de dollars pèsent largement plus lourd que les 200 millions d’euros consacrés au plafonnement. L’expert Philippe Charlet apporte une nuance sur l’origine de la confusion : « Total vend à la limite de la perte […] les superprofits sont en fait extérieurs à la France. »
Autrement dit, la distribution française n’est pas le lieu où le groupe engrange ses marges les plus élevées ; c’est à l’international, sur l’extraction et le raffinage, que se joue l’essentiel.






