Énergie verte : la Chine tient déjà l’Europe par les panneaux solaires et les batteries

La Chine contrôle plus de 80 % de la production de panneaux solaires, un chiffre qui interroge l’avenir énergétique de l’Occident.

Publié le
Lecture : 2 min
Énergie verte : la Chine tient déjà l’Europe par les panneaux solaires et les batteries
Énergie verte : la Chine tient déjà l’Europe par les panneaux solaires et les batteries © L'EnerGeek

La Chine s’est imposée comme le leader mondial dans le domaine des technologies de l’énergie, notamment pour les panneaux solaires, les batteries et les turbines éoliennes. Cette suprématie soulève des questions importantes pour l’avenir de l’énergie, surtout pour l’Europe et les États-Unis, pays qui ont vu naître ces innovations. Le sujet importe autant pour les retombées économiques que pour les implications géopolitiques et environnementales.

La situation actuelle aux États-Unis

Aux États-Unis, la montée de la présence chinoise dans le secteur solaire inquiète de plus en plus, notamment en raison des équipements chinois présents dans les infrastructures d’énergie verte. Le sénateur Toomey a déclaré qu’il était temps de protéger et de rebâtir l’industrie solaire locale. Pour lui, « Les États-Unis ont inventé la technologie solaire et nous sommes décidés à protéger et à reconstruire notre industrie solaire nationale. » Il pointe aussi du doigt le fait que l’industrie solaire chinoise bénéficierait de subventions publiques massives, recourrait au travail forcé, contournerait les lois commerciales américaines et pratiquerait le dumping avec des produits vendus à des prix dérisoires. Ces critiques montrent bien les obstacles rencontrés pour rapatrier la production solaire aux États-Unis.

La maîtrise chinoise dans le secteur solaire

La Chine contrôle désormais plus de 80 % des étapes de fabrication des panneaux solaires, ce qui a conduit à une surproduction de panneaux solaires. En 2024, elle a installé 357 GW de nouvelles capacités photovoltaïques, soit près de 60 % du total mondial. Cet investissement impressionnant, soutenu par plus de 50 milliards d’euros injectés sur une décennie, s’appuie sur une intégration industrielle totale et une gestion efficace des matières premières nécessaires à ce secteur, renforçant ainsi sa position de leader sur la scène internationale.

La suprématie sur le marché des batteries

Dans le domaine des batteries, les entreprises chinoises CATL et BYD dominent largement, en grande partie grâce aux batteries LFP qui révolutionnent le marché. Elles détiennent plus de 55 % du marché mondial tel qu’on l’envisage pour 2025. Parmi les dix plus grands fabricants mondiaux, six sont chinois et cumulent 67,5 % des parts de marché. Cette emprise pousse même de grands noms occidentaux comme Tesla, BMW, Mercedes et Stellantis à se tourner vers des cellules fabriquées en Chine. Ce contrôle s’appuie sur la gestion stratégique de ressources comme le lithium, le cobalt et le nickel.

Une stratégie de taille signée Chine

La stratégie chinoise repose sur une gestion très rigoureuse des matières premières indispensables au développement technologique dans le secteur de l’énergie. En nouant des partenariats dynamiques en Afrique et en Amérique latine, la Chine sécurise son approvisionnement en ressources telles que le lithium et le cobalt. De plus, sa capacité industrielle énorme, avec des usines géantes produisant plusieurs dizaines de GWh par an, lui permet de conserver sa suprématie dans ce secteur clé.

Les réactions de l’Occident

Face à cette situation préoccupante, les États-Unis tentent de rapatrier leur production solaire malgré divers obstacles politiques. Une proposition de loi budgétaire au Congrès envisage même de réduire les crédits d’impôt pour l’énergie propre, compliquant encore la tâche. En Europe, la Commission a mis en place plusieurs dispositifs, comme des labels éthiques et des critères de durabilité, mais la dépendance aux composants chinois reste forte, en dépit de quelques initiatives locales.

Les enjeux pour l’avenir de l’énergie

La transition énergétique mondiale fait grimper la demande pour ces technologies, ce qui renforce la dépendance vis-à-vis de la Chine. Cette situation soulève des questions importantes de souveraineté pour l’Occident, avec des risques bien réels si la Chine décidait, un jour, de freiner ses exportations ou de les conditionner à ses propres intérêts géopolitiques.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.