Ils veulent recréer la planète Terre en version numérique : le plan Orbion intrigue

Le Project Orbion pourrait révolutionner notre relation avec la Terre en créant un jumeau numérique vivant.

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Ils veulent recréer la planète Terre en version numérique : le plan Orbion intrigue
Ils veulent recréer la planète Terre en version numérique : le plan Orbion intrigue © L'EnerGeek

Le Project Orbion, lancé par Aechelon Technology, marque une étape intéressante en matière de technologies numériques. L’idée, ambitieuse mais pleine de promesses, est de créer un jumeau numérique vivant de la Terre grâce à une combinaison innovante d’imagerie satellite, de radar et d’intelligence artificielle (IA). Ce projet doit non seulement améliorer la formation militaire et la gestion des catastrophes naturelles, mais aussi transformer notre manière d’appréhender et d’interagir avec le monde réel grâce à une couverture mondiale.

Une collaboration high-tech internationale

Le succès du Project Orbion repose sur la coopération de plusieurs sociétés spécialisées. Aechelon Technology occupe le rôle central, en fournissant des systèmes de visualisation et d’entraînement pour l’IA ainsi que des images photoréalistes. Leur maîtrise de la « réalité synthétique » aide à donner vie au jumeau numérique.

BlackSky entre en scène avec son imagerie d’observation de la Terre en très haute résolution et à cadence rapide. Cette entreprise, en recourant à l’IA, sait gérer le flot impressionnant de données qu’elle génère. ICEYE, grâce à sa constellation de satellites radar, offre la possibilité de voir à travers l’obscurité, les nuages et même la fumée. Ce matériel de haute définition permet de mettre à jour le monde en 3D en temps réel.

De son côté, Niantic Spatial apporte son savoir-faire en reconstruction par modèle géospatial large, garantissant une localisation précise au centimètre près (grâce à des capteurs intégrés dans smartphones et drones, qui favorisent une cartographie rapide et fine). Enfin, Distance Technologies développe des écrans 3D à champ lumineux pour la réalité augmentée, facilitant l’accès aux données grâce à des interfaces homme-machine avancées.

La plateforme Skybeam : rassembler les données en direct

Au cœur du Project Orbion se trouve la plateforme Skybeam, qui rassemble divers flux de données pour nourrir le jumeau numérique. Ce système pointu permet une surveillance précise des mouvements militaires et l’entraînement d’IA pour la défense. Pour le secteur civil, il améliore la gestion des catastrophes naturelles comme les incendies ou les inondations, tout en assurant le suivi des itinéraires maritimes avec un accès Internet dans les zones reculées.

L’un des grands défis consiste à fournir des données actualisées et fidèles à la réalité pour entraîner des systèmes autonomes. Comme le souligne Nacho Sanz-Pastor : « Le défi a toujours été de suivre le rythme des changements dans le monde physique. » Pour y parvenir, il faut standardiser efficacement les données géospatiales afin de partager et communiquer ces informations parfois complexes.

Vers une nouvelle référence en géospatial

L’ambition du Project Orbion rappelle celle du déploiement du GPS dans les années 1990. Initialement conçu pour l’armée américaine dans les années 1970, le GPS connecte aujourd’hui des milliards d’appareils à travers le monde. Pourtant, ses limites actuelles incluent une précision insuffisante et une sensibilité aux conditions environnementales qui ne répondent plus aux vulnérabilités des systèmes GPS modernes.

Les technologies mises au point par Niantic Spatial, comme leur système de positionnement visuel (VPS), permettent une localisation précise même quand le GPS traditionnel est absent. Brian McClendon résume bien la situation en affirmant que « la compréhension la plus précise des environnements dans lesquels ils opèrent » est indispensable pour répondre aux exigences actuelles.

Un futur plein de promesses

Même si le financement et la gouvernance du Project Orbion restent encore à préciser, son potentiel pour établir une nouvelle référence en géospatial est indéniable. Michael Wollersheim exprime bien l’enjeu en disant : « Une fois que vous avez un fragment de donnée, il commence immédiatement à s’altérer. » Ce projet pourrait bien changer radicalement notre façon d’interagir avec notre planète.

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