Le gouvernement américain a suspendu l’accès à plusieurs modèles d’intelligence artificielle avancés développés par l’entreprise Anthropic. La mesure touche les utilisateurs situés hors des États-Unis, en particulier en Europe et au Royaume-Uni, où ces outils servaient déjà à de nombreux usages.
Directive américaine : une décision qui fait débat
Un vendredi soir, Anthropic a reçu une lettre de l’administration Trump exigeant la désactivation de ses modèles Claude Fable 5 et Mythos 5 pour tous les ressortissants étrangers, au nom de la sécurité nationale, confirme Euronews. L’entreprise a coupé l’accès à ces modèles pour toute sa clientèle. La décision a suscité des réactions partagées dans le monde, surtout en Europe, où plusieurs responsables politiques ont fait part de leur inquiétude.
Le député britannique Al Carns, qui a récemment quitté son poste de ministre des Forces armées après un désaccord budgétaire, a parlé de la « désactivation du modèle d’IA le plus avancé de la planète par un gouvernement étranger ». En France, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, candidat à l’élection présidentielle de 2027, a estimé que cette décision pouvait réveiller les consciences sur la dépendance technologique de l’Europe.
Politiques et entreprises montent au créneau
La coupure a inquiété plusieurs dirigeants européens et pourrait entraîner une migration d’utilisateurs vers d’autres solutions. Geert Wilders, Édouard Philippe et le ministre délégué français Benjamin Haddad ont exprimé leur inquiétude. Pour Haddad, « l’Europe ne peut pas se contenter d’être un marché ouvert dépendant des technologies conçues ailleurs », et il appelle à renforcer la souveraineté technologique.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a lui aussi réagi : selon lui, la décision montre qu’il faut traiter l’intelligence artificielle comme une question de souveraineté nationale. Tom Tugendhat, ancien ministre britannique de la Sécurité, a observé que « la souveraineté tient désormais davantage au code qu’aux canons ».
Parmi les acteurs jugés capables de rivaliser avec les géants américains figurent Mistral AI, OVHcloud, Scaleway et ChapsVision, qui pourraient proposer des alternatives à ChatGPT.
Ce que ça change et les suites possibles
Signée par Howard Lutnick, secrétaire au Commerce, la décision de l’administration Trump annonce des tensions géopolitiques et économiques. Elle rappelle aussi la rupture du contrat entre Anthropic et le Pentagone en mars 2026. L’intelligence artificielle occupe désormais une place de premier plan dans les choix de politique internationale.
L’Union européenne avait obtenu l’accès à Mythos en juin 2026 ; la suspension montre le besoin d’une régulation claire et d’investissements locaux pour bâtir une infrastructure technologique indépendante. Installée à San Francisco, Anthropic se retrouve au centre du débat, face à des questions de conformité et de gouvernance. La décision incite enfin l’Europe à se préparer à d’éventuelles restrictions futures, qui pourraient freiner son développement numérique.






