Photovoltaïque : une fédération voit le jour pour lutter contre « le solar bashing »

Face au « solar bashing », les acteurs de la filière photovoltaïque lance la riposte. Ils viennent d’annoncer la création d’une fédération.

Publié le
Lecture : 2 min
photovoltaique-federation-solar-bashing
Photovoltaïque : une fédération voit le jour pour lutter contre « le solar bashing » © L'EnerGeek

Depuis plusieurs semaines, les acteurs du photovoltaïque dénoncent une campagne importante de « solar bashing ». Pour contrer cette vision, ils viennent de créer une fédération.


Les acteurs du photovoltaïque créent une fédération


La filière photovoltaïque s’est dotée d’une nouvelle voix. La Fédération nationale de l’énergie solaire (Fnes) a été officiellement lancée, après le dépôt de ses statuts le 21 juin 2025, jour du solstice d’été. Ce symbole solaire marque la volonté d’unir les professionnels du secteur face à ce que beaucoup dénoncent comme un véritable « solar bashing ». Selon elle, « la filière solaire est victime d’attaques assez injustes, qui peuvent être utilisées pour de la récupération politique, qui parfois sont idéologiques (…) et qui sont très court-termistes ».


Ces attaques, portées notamment par des figures comme Bruno Retailleau (Les Républicains), ont alimenté un discours accusant les énergies renouvelables de fragiliser le modèle énergétique français, d’alourdir les finances publiques ou de nuire au nucléaire. Des accusations jugées infondées, voire manipulatoires, par les acteurs du secteur.


Les faits sont pourtant têtus. En juin 2025, la production photovoltaïque a atteint un record, représentant près de 10 % de la production électrique française, derrière le nucléaire (69 %) et l’hydroélectricité (11 %). À l’échelle européenne, ce chiffre grimpe à 22,1 % du mix énergétique. Un développement spectaculaire qui semble agacer. Le 24 juin 2025, l’Assemblée nationale a rejeté un projet de moratoire sur les énergies renouvelables, soutenu par la droite et l’extrême droite. Si le texte a été adopté par le Sénat le 8 juillet 2025, il doit revenir à l’Assemblée à la rentrée. Une véritable guerre de tranchées s’est engagée autour du solaire.


Fnes : rassembler sans se substituer


La Fnes ne cherche pas à concurrencer les structures existantes. Elle entend se positionner comme un complément aux syndicats SER (Syndicat des énergies renouvelables) et Enerplan, en apportant une capacité de coordination, de pédagogie et de dialogue. L’objectif est de rassembler installateurs, équipementiers, distributeurs, bureaux d’études, financeurs, organismes de formation et tous les métiers liés au photovoltaïque. « Le but n’est pas de les remplacer, ni de rajouter une voix en plus face à l’administration, mais de mettre tout le monde autour de la table pour avoir des débats en interne dans la filière. »


Cette mobilisation survient dans un contexte où la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), en cours de finalisation, pourrait revoir à la baisse les ambitions du solaire. Un décret d’application est attendu avant la fin de l’été, et plusieurs sources évoquent une tentative de recalibrage défavorable pour les renouvelables.


Au-delà du lobbying institutionnel, la Fnes veut jouer un rôle de contre-feu médiatique. Son mot d’ordre ? Répondre avec rigueur et pédagogie aux critiques. Les arguments techniques sont nombreux. En 2023, les énergies renouvelables ont rapporté 14 milliards d’euros à l’État. Les coûts du photovoltaïque sont en baisse constante, et la technologie n’a jamais été aussi mature.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.