Le Japon, qui a adopté une approche prudente vis-à-vis de l’atome depuis Fukushima (2011), revient avec une innovation pleine de promesse : une batterie rechargeable fabriquée à partir de déchets nucléaires.
Une batterie fabriquée à partir d’uranium appauvri
Comme le relaient nos confrères de LeBigData, en ce mois de mars 2025, la Japan Atomic Energy Agency (JAEA) a présenté le prototype d’une batterie utilisant de l’uranium appauvri pour stocker de l’énergie. Cette technologie innovante repose sur une réaction électrochimique, semblable à celle des batteries classiques, mais dans laquelle l’uranium remplace les métaux habituels, comme le lithium ou le plomb.
L’uranium, utilisé ici comme électrode négative, remplace les métaux classiques, comme le lithium ou le plomb. Ce choix n’est pas anodin. Comme le souligne nos confères, le Japon dispose d’un stock de plus de 16 000 tonnes d’uranium appauvri, aujourd’hui stocké et inutilisé dans des entrepôts spécialisés. À l’échelle mondiale, il y aurait plus de 1,6 million de tonnes d’uranium appauvri en attente d’être recyclé (EnergyNews). Jusqu’à présent, cette matière, radioactive, mais pas assez pour être enfouie, était considérée comme un fardeau industriel. Le prototype de batterie rechargeable actuellement développé par le Japon proposerait une solution pour recycler ce déchet nucléaire.
Pour un usage strictement encadré
Mais ce choix technologique, bien qu’il vise à recycler un déchet nucléaire, comporte, de facto, des limites. L’uranium appauvri reste une substance radioactive et chimiquement toxique. Autrement dit, en cas de mauvaise manipulation, les poussières inhalées peuvent être dangereuses.
Pas question, donc, d’imaginer ces batteries dans les foyers ou les voitures. La JAEA précise que ses batteries rechargeables seront destinées à des sites confinés et sécurisés, comme les installations nucléaires ou encore des zones militaires. L’innovation est donc prometteuse, bien que celle-ci reste, a priori, réservée à un usage strictement encadré.





