Près de 15 ans après l’accident de la centrale de Fukushima, le Japon mise de nouveau sur le nucléaire. Un virage énergétique à 180 degrés.
Le Japon mise de nouveau sur le nucléaire
L’accident nucléaire de Fukushima, survenu le 11 mars 2011, a marqué un coup d’arrêt brutal à la production d’énergie nucléaire au Japon. L’explosion de la centrale, provoquée par un séisme suivi d’un tsunami, a profondément bouleversé l’opinion publique et contraint les autorités à revoir l’ensemble de leur politique énergétique. Quatorze ans plus tard, alors que le pays fait face à une crise énergétique croissante et à une forte dépendance aux importations, le gouvernement japonais mise sur un retour progressif du nucléaire.
Depuis l’accident de Fukushima, le Japon a instauré des normes de sécurité parmi les plus strictes au monde pour encadrer l’exploitation des réacteurs nucléaires. Ces nouvelles exigences tiennent compte non seulement des risques sismiques et des tsunamis, mais aussi des menaces liées aux missiles et aux actes terroristes. Cette approche prudente a fortement ralenti la réactivation des centrales : seulement quatorze réacteurs sur les trente-deux encore opérationnels ont pu redémarrer, alors que le pays en comptait cinquante-quatre avant la catastrophe.
Malgré ces précautions, le gouvernement japonais reste déterminé à réintégrer le nucléaire comme élément central de son mix énergétique. Face à la flambée des prix des hydrocarbures et aux tensions géopolitiques qui fragilisent l’approvisionnement en gaz et en pétrole, Tokyo n’a d’autre choix que de réactiver progressivement ses réacteurs et d’investir dans de nouvelles infrastructures nucléaires.
Un parc vieillissant et une prolongation controversée des réacteurs
L’une des principales difficultés auxquelles le Japon est confronté réside dans l’âge avancé de son parc nucléaire. Aucun nouveau réacteur n’a été construit depuis 2011, non seulement à cause des exigences réglementaires, mais aussi en raison du traumatisme persistant dans la société japonaise. Afin de pallier ce retard, le gouvernement vient de demander à l’Autorité de régulation du nucléaire d’autoriser l’exploitation des réacteurs au-delà de soixante ans.
Malgré les controverses et les souvenirs encore vifs de la catastrophe de Fukushima, l’opinion publique japonaise semble peu mobilisée contre la relance du nucléaire. La résignation a remplacé l’opposition farouche des premières années, d’autant plus que le pays subit une forte pression énergétique. Conscient de ce changement d’attitude, le gouvernement tente de lever le tabou du nucléaire et prévoit désormais la construction de réacteurs de nouvelle génération.






