Cette plaque de 1.000 tonnes descend dans un puits de 35 mètres : le Canada vient de lancer un mini-réacteur capable d’alimenter 300.000 foyers

Les petits réacteurs modulaires pourraient révolutionner le nucléaire, mais leur développement en France prend du retard face à des projets prometteurs au Canada.

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Cette plaque de 1.000 tonnes descend dans un puits de 35 mètres : le Canada vient de lancer un mini-réacteur capable d'alimenter 300.000 foyers
Cette plaque de 1.000 tonnes descend dans un puits de 35 mètres : le Canada vient de lancer un mini-réacteur capable d’alimenter 300.000 foyers © L'EnerGeek

Les petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) s’imposent peu à peu comme une option pour produire de l’électricité, au même titre que les micro-réacteurs nucléaires. Le principe : des réacteurs plus petits, standardisés et fabriqués en série. En France, le soutien passe surtout par le financement, mais les projets concrets avancent plus lentement qu’ailleurs, au Canada notamment. Emmanuel Macron a annoncé 1 milliard d’euros pour développer les technologies nucléaires émergentes, dont les SMR.

À Darlington, le grand projet canadien

L’un de ces projets se déroule à Darlington, à l’est de Toronto, au Canada. Porté par Ontario Power Generation (OPG), il prévoit l’installation de quatre réacteurs BWRX-300 développés par GE Vernova Hitachi. La pose d’une dalle de fondation de 953 tonnes a lancé les travaux sur le site.

Chaque réacteur BWRX-300 aura une puissance de 300 MW, soit 1 200 MW une fois les quatre unités en service. Un seul réacteur suffirait à alimenter plus de 300 000 foyers, confirme BFMTV. L’investissement est estimé à 13,8 milliards d’euros.

Les incertitudes sur le budget et la logistique

En France, le milliard d’euros consacré aux SMR inclut 90 millions d’euros pour des projets comme Jimmy et Calogena. Leurs partisans tablent sur d’importantes retombées économiques : des milliers d’emplois pendant la construction et plusieurs décennies d’exploitation.

Les détracteurs, eux, doutent du modèle économique. L’abandon du projet NuScale aux États-Unis en 2023, dû surtout à une flambée des coûts, donne un exemple des risques financiers. L’OCDE relève par ailleurs que les constructeurs occidentaux ne sont pas encore parvenus à produire ces réacteurs en grande série, ce qui nourrit les doutes sur leur viabilité économique.

La scène internationale et les choix stratégiques

À l’échelle mondiale, le Canada est le pays du G7 le plus avancé dans la course aux SMR, quand la politique énergétique japonaise marque un retour au nucléaire après Fukushima. La France, elle, avance avec plus de prudence. EDF a revu sa stratégie pour le projet Nuward en 2024, avec un design simplifié et le report de ses premiers chantiers SMR à avant 2030. La même année, EDF s’est retiré de la course au Royaume-Uni, signe des difficultés du dossier.

La France n’est pas pour autant restée inactive : plusieurs acteurs comme Calogena, Jimmy Energy, Stellaria, Newcleo et Blue Capsule mènent des travaux de recherche et développement sur les technologies SMR, dans l’idée de bâtir une économie circulaire du nucléaire. Aucun de ces projets n’a toutefois atteint la phase de construction.

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