La blockchain peut-elle améliorer la sûreté nucléaire ? - L'EnerGeek

La blockchain peut-elle améliorer la sûreté nucléaire ?

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Ce samedi 26 septembre 2020, un spécialiste des crypto-monnaies est revenu sur les premières expérimentations de la blockchain dans le domaine de la sûreté nucléaire. Infalsifiable et inviolable, cette technologie offre en effet une profonde robustesse aux bases de données. Raison pour laquelle Nuclearis, un fabricant argentin d’équipements pour les centrales nucléaires, a développé une base d’archivage de documents basée sur la blockchain, garantissant que ces documents sont authentiques.

La blockchain, une base de données inviolable et infalsifiable

Si le potentiel de la blockchain est considérable dans de nombreux secteurs de l’activité économique, au premier chef les banques ou les assurances, et si cette technologie émergente a déjà fait ses preuves pour l’automatisation collective renouvelable, son application à la sûreté nucléaire est une nouveauté.

Ce samedi 26 septembre 2020, Kévin Comitogianni, pour Cryptonaute, est revenu sur la première blockchain dédiée à l’archivage des documents liés à l’activité d’une centrale nucléaire, développée par l’entreprise argentine Nuclearis.

La blockchain est une base de données décentralisée : elle fonctionne sur le principe d’une série de blocs, contenant chacun plusieurs transactions. Pour être ajouté à la blockchain, chaque nouveau bloc doit être validé par des nœuds du réseau, sans organe de contrôle centralisé ; l’ensemble des participants de la blockchain valident ce bloc, avant de l’inscrire dans le registre de la blockchain.

Ainsi, une fois inscrit dans la chaîne, aucun bloc ne peut être modifié ou supprimé. Ce qui fait de la blockchain une base de données théoriquement inviolable et infalsifiable. Autre avantage de la technologie : elle permet d’enregistrer beaucoup de données sur peu d’espace de stockage – mais elle nécessite, en retour, des puissances de calcul considérable pour inscrire les blocs sur la chaîne. Enfin, la blockchain assure une traçabilité absolue de toutes les données qui y sont inscrites.

La blockchain pour développer un registre de documents liés aux centrales nucléaires, pour garantir qu’ils sont véridiques

Nuclearis est un fournisseur argentin d’équipements pour les centrales nucléaires. L’entreprise a développé un registre documentaire s’appuyant sur un blockchain. Son but est de renforcer la sûreté nucléaire en assurant que la validité, le traçage et l’impossibilité de falsifier des documents liés à la fabrication ou à la maintenance des équipements majeurs de chaque centrale.

« Nuclearis a développé un système de base de données afin d’assurer une qualité basée sur la technologie blockchain. Notre logiciel nous permet de télécharger des documents aussi bien depuis nos serveurs internes que depuis les nœuds externes de nos fournisseurs qualifiés. Par conséquent, Nuclearis peut garantir que tous les documents appuyant notre système qualité sont véridiques et ne peuvent pas être modifiés », précise l’entreprise argentine. Un bel exemple d’application d’une technologie de pointe pour soutenir une industrie critique.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • La blockchain peut-elle améliorer la sureté nucléaire ?
    Difficile de répondre à cette question, cependant j’ose espérer que la sécurité nucléaire repose sur autre chose que des documents qui circulent sur internet …
    Ce qu’il faut savoir, c’est qu’un seul échange de données sur une blockchain consomme 767KWh.
    Pour fonctionner à son plein potentiel, la blockchain aurait besoin d’une consommation deux fois égale à celle des Etats Unis.
    Cela mérite réflexion.
    la blockchain serait peut-être une fausse bonne idée…

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  • Cet article a un fond pertinent, mais hélas l’explication du fonctionnement est trompeuse. En effet, l’article parle de “LA” blockchain : décentralisée ; inviolable et tous les autres arguments initiaux qu’on peut trouver chez Bitcoin.
    Cependant, ce n’est qu’un certain assemblage des technologies qui constituent les blockchains; il en existe – techniquement – des centaines de déclinaisons possibles. Elles se différencient dans leur façon d’aborder le “trilemme” ‘décentralisation-rapidité-sécurité’ (augmentez ou abaissez la rapidité (= mise à l’échelle potentielle), et les 2 autres tendent vers l’opposée).

    Dans tous les cas, la blockchain employée est un très mauvais système de stockage des données, à l’inverse de ce que l’article indique. On ne peut stocker que très peu de données on-chain, au risque de la rendre lourde et très lente au fonctionnement (notamment pour des applications dans l’industrie).
    Quant à la question écologique, longtemps pointée du doigts (comme par le commentaire de Dominique CANDAES), elle a été démonté depuis longtemps par les spécialistes des algorithmes de consensus (comme la Preuve-de-Travail – la plus consommatrice en énergie) ; elle n’est plus au centre du problème.

    Le vrai challenge réside dans la compréhension de ce que l’on peut faire d’une base de donnée aussi décentralisée et partagée. A mes yeux, à part redorer le blason des sites nucléaires aux yeux du grand publique : rien. Là où il serait intéressant d’observer une blockchain à l’action dans le nucléaire, c’est si l’on souhaite appliquer celle-ci à de l’automatisation de transferts de données, ou à du tracking de déchets. C’est avec les smart-contracts que cela pourrait être possible. Nucléaris utilise la blockchain de Bitcoin, très limitée en terme de capacité de smart contracts…

    En conclusion, cette article a le mérite d’introduire un concept au potentiel énorme, mais il lui manque une envergure philosophique et économique. Si cela intéresse l’Energeek, je me ferais un plaisir de vous accompagner sur ce sujet !

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