Renouvelables : la bagasse, une bioénergie cruciale pour l'électricité de la Martinique

Renouvelables : la bagasse, une bioénergie cruciale pour l’électricité de la Martinique

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Ce vendredi 21 février 2020, six anciens parlementaires martiniquais ont visité la centrale thermique Galion 2, opérée par Albioma : alimentée par la bagasse, un résidu fibreux de la canne à sucre, elle fournit désormais 7% de l’électricité de la Martinique. Ce qui fait de cette bioénergie un allié de poids dans la quête de l’autonomie énergétique renouvelable de l’île. Même si son impact environnemental demeure contesté.

La bagasse, résidu de la canne à sucre : un combustible durable et renouvelable

Pour réussir leur transition énergétique, de nombreux DOM ont décidé de s’appuyer sur la biomasse-énergie renouvelable. La société Albioma est au coeur de ces ambitions : le groupe a notamment développé des partenariats avec l’industrie sucrière pour récupérer le résidu fibreux de la canne à sucre, la bagasse, afin de l’alimenter ses centrales thermiques à cogénération (électricité et vapeur).

Albioma, acteur majeur de l’électricité à la Réunion, en Guadeloupe ou en Martinique, a pu ainsi diversifier l’alimentation de ses centrales thermiques vers des solutions durables. Mais la centrale de Galion 2, inaugurée en 2018 en Martinique, marque une étape supplémentaire dans cette transition énergétique : il s’agit en effet, sur l’ensemble de l’Outre-Mer, de la première centrale thermique alimentée exclusivement par de la biomasse, notamment la bagasse de l’usine sucrière voisine.

Elle suscite néanmoins des polémiques sur son impact environnemental, en raison de la pollution provoquée par les fumées de la chaudière (même si les émissions de CO2 sont bien moins importantes qu’avec du charbon) et par le manque de matières premières locales.

Durant les campagne sucrière, l’usine est alimentée exclusivement par la bagasse produite par l’usine voisine. Elle peut utiliser le reste de l’année de la paille de canne, des broyats verts ou des résidus d’élagage. Mais la production martiniquaise est insuffisante, imposant l’importation depuis les Etats-Unis de pellets, des granulés de bois.

Galion 2 produit déjà 7% de l’électricité de la Martinique

Alors que s’ouvre la troisième campagne sucrière de Galion 2, six anciens parlementaires martiniquais se sont retrouvés sur place pour visiter la centrale, le 21 février 2021. « Cette centrale a déclenché une polémique insupportable, et nous devions nous rendre sur le terrain. Aujourd’hui, nous avons des raisons d’espérer dans cette centrale qui se développe dans le respect profond de l’environnement, même si la chaudière demeure très polluante », pointe Afred Almont, ancien maire de Schoelcher.

Pour réduire la quantité de particules fines dans l’air, cette chaudière s’est dotée de trois systèmes de filtration permettant de récupérer les cendres, au lieu de les rejeter. Du coté des matières premières, les spécialistes locaux planchent sur plusieurs solutions : pour augmenter la production de bagasse, il est possible de cultiver de la canne à sucre sur des terrains contaminés à la chlordécone (…) Les solutions existent pour amorcer le virage de la transition énergétique. Reste à mettre en place les filières“. Autres pistes : utiliser du bioéthanol de seconde génération ou des résidus de palettes.

D’un point de vue énergétique, en revanche, l’impact de Galion 2 ne se discute pas. Elle fournit ainsi toute l’électricité et toute la vapeur nécessaire au fonctionnement de la centrale sucrière voisine, tout en alimentant également environ 85 000 foyers. Elle représente donc 7% de l’électricité produite en Martinique, et a permis, sur la seule année 2019, d’éviter la combustion de 70 000 tonnes de fuel.D’ici à 2030, la Martinique espère atteindre 50% en énergie renouvelable. La biomasse constitue donc une véritable alternative écologique, défendent les anciens parlementaires.

Rédigé par : La Rédaction

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