Le secteur nucléaire russe est-il fiable aujourd'hui ?

Le secteur nucléaire russe est-il fiable aujourd’hui ?

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Le 8 août 2019, une explosion survenue en Russie a relancé la question du manque de sûreté du nucléaire russe. Entre recherches secrètes et collaboration internationale, le secteur du nucléaire russe soulève encore quelques interrogations. Lors de la visite de Vladimir Poutine à Brégançon, le 19 août 2019, le chef d’Etat russe a d’ailleurs été interrogé sur le sujet en conférence de presse. Pour autant, les amalgames entre nucléaire civil et militaire n’ont pas tarder à émerger alors que l’agence nucléaire russe, Rosatom, continue d’être une référence dans le nucléaire civil.

Explosion nucléaire sur une base militaire

Le 8 août 2019, les signaux d’alerte ont retenti sur la base militaire de Nionoksa, dans la région du Grand Nord russe. En cause : l’explosion d’un missile pendant un test effectué sur la base. L’explosion aurait fait cinq morts. C’est l’une des seules informations confirmées par les autorités russes, qui sont restées vagues sur le déroulé des faits.

On sait que le test portait sur une nouvelle technologie de nucléaire militaire. Le directeur scientifique du centre militaire de Sarov, a évoqué un petit réacteur nucléaire, qui servirait de propulsion au missile. Invité par Emmanuel Macron ce 19 août 2019, Vladimir Poutine a d’ailleurs été interrogé à ce sujet lors de son passage à Brégançon.

Manque de transparence : le mal du nucléaire russe ?

Tout en appelant les observateurs à se méfier des approximations sur ces sujets sensibles, le chef du Kremlin est néanmoins resté laconique sur les “nouveaux armements” en question. Une manque de transparence qui rappelle celle du complexe nucléaire de Maïak construit pour le développement et la mise au point d’armes nucléaires.

Or, depuis cet accident nucléaire de 1957, le site a connu plusieurs autres incidents, sans que les autorités russes fassent preuve de transparence. En septembre 2017, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) observe même une dispersion aérienne de ruthénium 106, sans obtenir la confirmation de Rosatom. Dans les faits, le mystère qui entoure le secteur nucléaire russe demeure flou sur bien des points, mais ne remet pas en cause l’excellence des technologies russes.

Un nucléaire civil tourné vers l’étranger

Hasard du calendrier, c’est en juin 2019 que Rosatom a fêté les 65 ans de son programme nucléaire civil. Désormais, Rosatom est présente dans 42 pays ; et en l’espace de dix ans, elle a enregistré 133 milliards de dollars de commandes à l’export. Pour l’expert nucléaire de l’ambassade de Russie à Paris, Alexandre Gorbatchev, la filière industrielle est “autosuffisante” et contribue à la souveraineté énergétique du pays.

Qui plus est, alors qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine réaffirment leur attachement à l’Accord de Paris, Rosatom continue de séduire les pays émergents en quête d’énergie bas-carbone. Par ailleurs, l’entreprise a multiplié les collaborations internationales. Elle collabore entre autres avec les français EDF, ENGIE et Alstom, ainsi qu’avec Rolls-Royce ou encore General Electric. Des partenariats qui bénéficient aux entreprises européennes : un réacteur nucléaire de fabrication russe contient environ 1 milliard d’euros de technologie européenne.

Le savoir-faire russe dans le domaine du nucléaire s’exporte très bien

Elle a notamment pris une part importante sur le marché international du nucléaire. En Chine, Rosatom construit deux réacteurs nucléaires. En Iran, l’entreprise construit deux réacteurs, et quatre futurs réacteurs sont prévus. Elle est aussi bien installée en Inde avec deux réacteurs en construction, deux réacteurs commandés et encore deux autres annoncés. Rosatom a aussi signé deux contrats pour quatre réacteurs en Turquie, ainsi qu’en Egypte.

En Russie aussi, le nucléaire a le vent en poupe. Les centrales nucléaires fournissent aujourd’hui 11% de l’électricité russe. Cette part devrait passer à 50% d’ici 2050. Pour cela, Rosatom construit six nouveaux réacteurs dans le pays. Et d’ici 2030, l’entreprise devrait mettre en service 26 réacteurs à eau pressurisée de troisième génération.

L’avenir du nucléaire russe : la 1e centrale nucléaire flottante inaugurée

Au sein de cette stratégie internationale du nucléaire russe, la recherche et le développement tiennent une place cruciale. La Russie a fait le pari d’une technologie ambitieuse, avec la mise au point de la première centrale nucléaire flottante Baptisée Akademik Lomonosov. Son inauguration a eu lieu en avril 2019 pour une mise en route opérationnelle en avril 2021, et elle intéresse déjà de nombreux pays, dont la Chine.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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