Vers un retour de la taxe carbone à 100% pour la transition énergétique ?

Vers un retour de la taxe carbone à 100% pour la transition énergétique ?

Alors que le grand débat continue, la taxe carbone fait son retour sur le devant de la scène médiatique. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire et Stanislas Guérini, Délégué général de la République en Marche, estiment que la taxe carbone est un « outil » utile pour mener à bien la transition énergétique. Ce mardi 12 février 2019, François de Rugy confirme que l’exécutif veut améliorer ce dispositif… 

La taxe carbone, un projet qui tient cher à la majorité

Avec l’acte XIII des gilets jaunes, la fronde contre la politique du gouvernement est loin d’être apaisée. Près des deux tiers des Français comprennent les revendications des manifestants et les réponses apportées en décembre dernier ne semblent pas être à la hauteur des attentes. Parmi les mesures annoncées, il y a eu le moratoire sur la hausse de la taxe carbone. Elément déclencheur de la crise, la hausse prévue le 1er janvier 2019 a finalement été annulée, mais les esprits ne se sont pas calmés pour autant.

Dimanche 10 février 2019, la Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire a lancé un premier ballon d’essai. Selon Brune Poirson,  la taxe carbone est « un outil en faveur de la transition écologique, qui a un vrai impact parce qu’il envoie un signal prix qui permet aux gens de changer leur comportement ». Une des principales concernées par la taxe carbone n’a donc pas changé d’avis, même si elle a pris soin d’ajouter qu’il fallait « en débattre ». Le lendemain, lundi 11 février, c’est au tour de Stanilas Guérini de se déclarer favorable à la taxe carbone « à condition (…) que ça ne se fasse pas au détriment des classes populaires ».

Un retour en grâce de l’écologie plus qu’incertain  ?

Désormais, le grand débat doit donner la parole au peuple, mais la majorité semble avoir une idée assez précise des conclusions à tirer en matière fiscale. Ce mardi 12 février 2019, François de Rugy a toutefois rappelé son souci de transparence. D’après lui,  « c’est le moment d’en débattre (…) trois centimes de taxe carbone sur les carburants, c’est 2 milliards d’euros ». Et si le responsable politique concède « c’est difficile de moduler la taxe carbone en fonction des revenus », il explique aussi que la taxe carbone pourrait être  « réaffectée à 100% à la transition énergétique », et à des « aides pour les Français qui en ont le plus besoin ». François de Rugy, compte par ailleurs s’appuyer sur la mobilisation citoyenne pour faire avancer la cause du climat.

Un retour qui ne fait toutefois pas l’unanimité au sein du gouvernement. En atteste par exemple la dernière déclaration du Premier ministre à ce sujet. Edouard Philippe assurait le 30 janvier dernier : « Aujourd’hui je ne vois pas d’hypothèse dans laquelle on peut facilement repartir avec une augmentation de cette taxe, ça c’est clair. Mais il faut se poser la question du système fiscal qu’on veut ». La majorité n’est pas unie sur la question et la perspective d’un retour de la pression fiscale sur les carburants risque d’être très mal perçue.

Côté opposition, ces différentes déclarations en faveur de la hausse de la taxe carbone suscitent des critiques à l’image des Républicains qui ne comprennent pas que le gouvernement souhaite traiter la question du ras-le-bol fiscal par un « plus d’impôts ». Sur Twitter, le député Raphaël Schellenberger s’inquiète de voir que « le gouvernement persiste dans sa conception punitive de l’écologie ». Pour rappel, la hausse de la taxe carbone devait représenter 2,9 centimes par litre d’essence et 6,5 centimes par litre de diesel. Initialement, il était prévu que la taxe carbone passe de 7 € la tonne de CO2 en 2012 pour finir à 100 € de la tonne en 2030.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Pour info, en cours de financement participatif :

    Dorémi permet la massification des rénovations énergétiques performantes des maisons individuelles, notamment celles construites avant 1975 dont le chauffage représente 10% de la consommation totale d’énergie en France.

    Pour que de tels travaux de rénovation portent leurs fruits, Dorémi a montré qu’il est beaucoup plus pertinent de les réaliser en une seule opération. C’est à cette approche de rénovation complète que l’entreprise a déjà formé 35 groupements d’artisans.

    Elle permet la transformation de factures de chauffage avant travaux en mensualités de prêt après travaux d’un montant équivalent pour obtenir un équilibre en trésorerie.

    A ce jour, une centaine de maisons ont ainsi été rénovées, ce qui a permis à leurs occupants de diviser par 4 à 10 leurs consommations de chauffage.

    https://www.wiseed.com/fr/projet/23153454-doremidoremi

    .

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  • Pour info, en cours de financement participatif :

    Dorémi permet la massification des rénovations énergétiques performantes des maisons individuelles, notamment celles construites avant 1975 dont le chauffage représente 10% de la consommation totale d’énergie en France.

    Pour que de tels travaux de rénovation portent leurs fruits, Dorémi a montré qu’il est beaucoup plus pertinent de les réaliser en une seule opération. C’est à cette approche de rénovation complète que l’entreprise a déjà formé 35 groupements d’artisans.

    Elle permet la transformation de factures de chauffage avant travaux en mensualités de prêt après travaux d’un montant équivalent pour obtenir un équilibre en trésorerie. A ce jour, une centaine de maisons ont ainsi été rénovées, ce qui a permis à leurs occupants de diviser par 4 à 10 leurs consommations de chauffage.

    https://www.wiseed.com/fr/projet/23153454-doremidoremi

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  • @Energie+
    Un peu de prudence, néanmoins, avec les plateformes de crowdfunding comme WISEED : https://www.leblogpatrimoine.com/bourse/le-crowdfunding-immobilier-se-dirige-vers-un-premier-defaut-majeur-comment-avoir-encore-confiance-dans-les-plateformes.html. De plus, cette plateforme est soutenue par le ministère de la Transition Énergétique. Des avantages et subventions publiques indirectes financent partiellement ces projets et coûtent encore un peu plus aux contribuables français.

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  • @ Dan :

    Merci de la remarque mais il y a toujours un risque à investir dans des entreprises, toutefosi le Financement participatif n’est pas tellement risqué si l’on compare à la bourse, aux FCPI, FCPR, Sofica etc Et il a bien moins d’inconvénient que l’investissement direct en entreprises.

    Par exemple l’assurance vie n’est garantie qu’à 70.000 euros par contrat et assuré mais le fonds de garantie n’est pas capable de couvrir un quelconque assureur de taille importante ou même moyenne comme c’est le cas actuellement pour la plupart, en cas de faillite ou crise économique. Alors si 2 assureurs faisaient faillite beaucoup d’assurés seraient en perte.

    Les unités de compte des assurances-vie peuvent pour la majorité varier très fortement en valeur.

    Un compte-titre en banque n’est garanti qu’à 100.000 euros mais même problème pour le fonds de garantie qui ne couvrirait que la faillite d’une banque et encore.

    Le fonds euros de l’assurance vie est bloqué jusqu’à 6 mois à 2 reprises ou plus en cas de retraits importants ou crise.

    Des lingots d’or ou autres monnaies peuvent être volés ou perdre de la valeur si rayés etc et le prix de l’or fluctue largement.

    Des tableaux ou objets d’art pareil.

    L’immobilier est fortement taxé, peut être en crise durable, perdre beaucoup de valeur et on peut avoir des locataires qui ne paient plus leurs loyers et avoir des frais de justice très importants.

    La terre/forêts sont très peu liquides, peuvent être expropriées, rapportent peu en général, sont soumises au Code rural et forestier qui sont très contraignants

    Des PME en bourse sont très risquées avec des variations de cours souvent très fortes et impossibilité de vendre quand il n’y a plus de contrepartie.

    Donc tout est relatif et comme pour tout investissement il faut sélectionner les projets, ne mettre qu’une part réduite de ses disponibilités et diversifier.

    Mais sinon les taux de défaut en financement participatif sont faibles et les investissement sont plutôt très déccorélés des marchés financiers.

    Les entreprises qui y font appel s’en servent souvent pour se faire connaître et le secteur est un peu défavorisé actuellement par les taux d’intérêt bas. Le secteur est encore assez nouveau donc toutes les plateformes ne se valent pas non plus.

    Mais globalement dans le monde il s’est beaucoup développé avec des résultats globalement positifs. De même en France.

    Il n’est que très peu favorisé dans le domaine de la transition énergétique, c’est minime, alors que c’est un soutien à cette transition qui permet de réduire les importations d’énergies fossiles.

    Financement Participatif France et KPMG ont publié leur Baromètre de la finance alternative en France pour 2018

    La croissance du crowdfunding s’est confirmée : l’activité enregistre une hausse de +20% des fonds collectés.

    Depuis 2013, la collecte de fonds auprès des particuliers a été multipliée par plus de onze, passant de 36 millions d’euros en 2013 à 402 millions d’euros en 2018. L’année dernière plus de
    1 500 000 financeurs ont permis de financer plus de 33 000 projets.

    S’il y avait un taux de défaut élevé et éventuellement caché j’imagine mal cette croissance depuis 11 ans et les gens continuer à y investir ! et en particulier dans le monde.

    Le prêt participatif est en croissance de 40% (plus de 273 millions d’euros collectés).

    L’investissement participatif continue en revanche la baisse amorcée en 2017 et recule de 19% (47 millions d’euros collectés) et le don enregistre une légère baisse (-2% et 81 millions d’euros collectés).

    “Le taux de rendement interne des prêts en obligations varie entre 4% et 12%. Il se situe dans plus de la moitié des cas au-delà de 8%, déduction faite des défauts”

    (donc ils ne sont pas cachés)

    Les financeurs particuliers opèrent eux-mêmes des arbitrages et diversifient leurs placements sur des produits plus courts, moins risqués. On constate ainsi un report de l’investissement vers le prêt. La suppression des incitations fiscales liées à l’ISF est une raison mais également le signe d’un comportement avisé des particuliers.

    https://assets.kpmg/content/dam/kpmg/fr/pdf/2019/01/fr-barometre-du-crowdfunding-kpmg-et-fpf-edition-2018.pdf

    .

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