Voitures électriques : le réseau électrique français pourra-il absorber nos besoins ?

Voitures électriques : le réseau électrique français pourra-il absorber nos besoins ?

voitures-electriques-zoe

Le déploiement des voitures électriques dans les prochaines années risque-t-il de faire sauter le réseau électrique français ? C’est à cette réponse que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a voulu répondre en lançant une grande étude prospective. La CRE a dévoilé les résultats de son étude début juillet 2018 et, selon les différentes hypothèses imaginées, le réseau électrique français devrait absorber cette augmentation de la consommation électrique liée aux véhicules nouvelle génération.

Vers un boom des voitures électriques

Alors que le secteur de la mobilité est en pleine transition énergétique, les constructeurs français et internationaux sont en première ligne pour développer des modèles de voitures électriques. De leur côté, les grands pétroliers investissent de plus en plus dans le déploiement d’un réseau de bornes électriques pour recharger les nouveaux véhicules. Car si à l’heure actuelle la France ne compte que 170 000 voitures électriques ou hybrides sur ses routes, ce nombre risque d’augmenter rapidement dans les prochaines années : d’après les experts de la CRE, le nombre de véhicules électriques en circulation en France en 2035 pourrait être de 3 millions pour l’estimation la plus basse, et de 15 millions pour l’estimation la plus haute. Or, d’après les chiffres présentés par la CRE, pour 1 million de voitures électriques mises en circulation en France, il faut compter environ 2 TWh de plus dans la consommation électrique nationale.

15 millions de voitures électriques raccordées au réseau

Alors le réseau électrique français est-il capable d’absorber un tel pic de consommation ? Pour répondre à cette question et envisager dès à présent l’avenir du réseau électrique, la CRE a lancé une grande étude prospective afin d’anticiper le boom des voitures électriques. Contre toute attente, les résultats présentés dans le rapport de la Commission démontrent que le réseau français sera capable de répondre à cette forte croissance de la consommation. Avec en moyenne 480 TWh de consommation électrique annuelle, le déploiement des voitures électriques ne devrait pas entraîner de black-out en France. D’autant que, comme le souligne la CRE, la consommation électrique globale va elle aussi évoluer dans les années à venir : d’ici 2035, d’autres secteurs devraient enregistrer une baisse de leur consommation électrique (notamment grâce à l’autoconsommation et aux innovations énergétiques).

Le réseau électrique devra s’adapter

Malgré des conclusions optimistes, le rapport de la CRE pointe du doigt la nécessité pour le réseau de s’adapter au futur modèle de consommation électrique en France. D’après la CRE : “Le véhicule électrique deviendra le premier appareil électroménager du foyer, jouant un rôle important dans la structuration de la demande.” A l’heure actuelle, les pics de la consommation électrique journalière sont clairement identifiés comme étant le matin et surtout le soir, au moment où les foyers utilisent le plus d’appareils électroménagers. A l’avenir, avec la nécessité de brancher les voitures électriques pour la recharge, cet effet devrait encore être accentué, et c’est là le vrai risque auquel le réseau électrique est exposé. Le rapport de la CRE cite une estimation réalisée par Enedis : en tablant sur une moyenne de 9 millions de voitures électriques, la consommation électrique journalière pourrait subir une augmentation vertigineuse de 10,2 GW au cas où les consommateurs se brancheraient tous les soirs au réseau pour recharger leurs véhicules.

Pour la CRE, la courbe de charge peut être facilement décalée grâce à la mise en place d’une offre tarifaire attractive : des heures creuses plus tard le soir ou plus tôt le matin inciteraient les consommateurs à reporter le moment de la recharge sur un autre créneau horaire que les heures de pointe. Autre piste de réflexion présentée par le rapport : la mise en place de systèmes de gestion de la charge des véhicules pourrait compléter le futur système tarifaire. Renault a déjà expérimenté un tel système avec l’application Smart Charge déployée sur Zoé : l’application gère un plan de charge en dialoguant avec le fournisseur d’électricité pour moduler la charge et ainsi bénéficier du meilleur tarif hors des pics de consommation.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
jeu 24 Nov 2016
Selon le dernier bilan publié mardi 22 novembre par l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), près de 6 millions de ménages français seraient désormais en proie à des problématiques liées à la consommation d'énergie. Un constat d'autant plus alarmant que le "chèque énergie", nouveau…
ven 3 Mai 2013
RTE, la filiale d’EDF dédiée à la gestion du réseau électrique haute et très haute tension vient d’annoncer la mise en service d’une nouvelle ligne. La ligne 400.000 volts Cotentin-Maine aura pour principale utilité de transporter l’électricité produite par le…
sam 24 Juin 2017
Pas besoin d'être une mégalopole aux budgets pharaoniques pour se lancer dans la transition énergétique. Depuis 2016, la petite commune bretonne de Saint-Sulpice-la-Forêt peut se targuer d'être l'une des plus petites smart cities du monde. Les moyens limités de la…
jeu 14 Sep 2017
Le ministère de l'Energie britanique a détaillé lundi 11 septembre 2017, les prix garantis à trois nouveaux projets de production d'électricité par éoliennes implantées au large des côtes britanniques, et fait état d’une baisse significative des prix de l’éolien en…

COMMENTAIRES

  • Les calculs sont comme toujours réalisés sans intégrer vraiment les modes de transports qui changent et doivent changer car on ne peut évidemment plus rouler avec des voitures de plus d’1 tonne, peu efficientes pour transporter le plus souvent une personne et qui consomment beaucoup trop de ressources, de place et polluent tout le monde.

    Il n’est pas non plus pris en compte dans ces études les véhicules et technologies les plus pertinentes et avancées qui arrivent et dont les meilleures sont à choisir directement pour gagner du temps car on en a perdu beaucoup trop depuis les crises du pétrole des années 70 avec très peu de résultats sur la consommation, les ressources et la pollution mais beaucoup d’argent perdu dans de mauvaises poches.

    Bien des véhicules sont à mettre à la poubelle tellement leur bilan et leurs impacts sont mauvais et n’auraient jamais dû voir le jour ni être achetés et on ne voit quasiment que de la pub pour ces véhicules , preuve qu’ils rapportent et que beaucoup de gens de ce secteur voudraient ainsi continuer alors que ce n’est plus possible et en plus c’est idiot et coûteux.

    Parmi les très bonnes solutions à rappeler, Bolloré (France) vient de signer un important accord avec Hanergy Solar (Chine) pour développer “en masse” (accord sur plusieurs continents) des véhicules électro-solaires via leur filiale commune.

    Ces sont les véhicules énergétiquement les plus efficients qui soient puisque pour des autonomies constatées et homologuées (FIA etc) de jour de plus de 800 km (plus de 400 km la nuit) on utilise seulement environ 60 kg de batteries (donc bien mieux que Tesla qui en utilise autour de 500 kg pour environ 500 km d’autonomie)

    On arrive en pratique à être à “énergie solaire positive” jusqu’à 70 km/h pour une 4/5 places et environ 6 m2 de solaire. Cà suppose un poids à vide inférieur à 400 kg, un aérodynamisme et une gestion de l’énergie optimaux.

    Hanergy via sa filiale Alta Devices atteint déjà à 32% de rendement pour le solaire flexible commercialisé et annonce passer à 35% sous peu.

    Bolloré a pour partenaire l’italien Pinifarina pour sa Bluecar. On n’a évidemment pas encore les images de la Solar Bluecar mais Hanergy ne manque pas d’idées !

    https://www.youtube.com/embed/-HLpSP2x6wE

    Il est évident que remplacer des véhicules thermiques et électriques par des véhicules électro-solaires est bien plus pertinent à tous points de vues.

    Et le solaire a plein d’applications pour les transports dont les trains bien évidemment où là il intervient en apport comme pour les camions (voir entre autres eNow aux Etats-Unis)

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.