Le concept de centrale hybride gagne du terrain dans le monde

Le concept de centrale hybride gagne du terrain dans le monde

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Dans le cadre de la transition énergétique, les centrales thermiques sont appelées soit à disparaitre, soit à évoluer vers un modèle plus respectueux de l’environnement, sur le modèle des unités de production des énergies renouvelables. Un défi énergétique et technologique de taille qui a pourtant déjà trouvé sa réponse : la centrale hybride. Cette nouvelle génération de centrale, capable de coupler l’activité d’une centrale thermique avec une unité de production renouvelable, est un modèle qui séduit de plus en plus de pays. En France, elle pourrait bien être la solution à l’épineux problème des centrales thermiques que le gouvernement souhaite fermer.

Une centrale hybride : comment ça marche ?

Une hybride, c’est le terme qu’on emploie pour désigner une centrale qui fonctionne avec deux unités de production d’énergie de natures différentes. Avec une centrale hybride, on peut notamment coupler une activité thermique avec une production d’énergie renouvelable.

Une centrale thermique assure la sécurité de l’approvisionnement en énergie car elle est constante, à l’inverse des énergies vertes qui sont par définition intermittentes. Le réseau électrique couvre donc les besoins énergétiques de la population, sans subir de coupures de courant. Mais l’énergie produite est polluante, et le coût de production de l’énergie thermique est élevé à cause de son approvisionnement (en charbon, en diesel…). D’un autre côté, l’intermittence des énergies renouvelables les rend peu fiables. Et il est compliqué de lisser leur production, et les solutions de stockage sont encore très coûteuses.

Le couplage des deux types d’unités de production s’avère donc être un bon moyen de compenser les faiblesses respectives du thermique et du renouvelable. Surtout, cette solution peut offrir une seconde vie aux centrales thermiques, en les faisant évoluer vers un modèle hybride incluant des unités de production d’énergie verte.

Une centrale hybride diesel/solaire au Cameroun

Au Cameroun, la ville de Djoum dispose de sa propre centrale hybride, fonctionnant pour moitié au diesel et pour moitié à l’énergie solaire. Inaugurée en décembre 2017, cette centrale hybride n’est pourtant pas tout à fait une nouvelle construction : il s’agit en fait d’une évolution. Djoum disposait déjà d’une centrale au diesel, construite dans les années 1970 pour couvrir les besoins en électricité de la région. Dans la logique du développement des énergies renouvelables, les autorités camourenaises ont souhaité faire évoluer la centrale de Djoum. Eneo, l’opérateur en charge de la centrale, a donc présenté un projet ambitieux pour coupler l’activité diesel avec une centrale solaire. Au total, la nouvelle centrale hybride dispose donc de 600 panneaux photovoltaïques. Cette nouvelle installation a coûté 486 000 euros, et elle a entraîné une nouvelle logique dans la gestion de l’énergie : l’énergie solaire produite par les panneaux vient compléter l’énergie produite par la partie thermique de la centrale en cas de pic de consommation. Ce système de gestion, le Fuel Save Controller, permet d’éviter les pannes de courant dans la région et de lisser la consommation de diesel pour faire fonctionner la centrale thermique.

Ce modèle de centrale thermique transformée en centrale hybride séduit au Cameroun, où d’autres centrales devraient être rénovées sur le même modèle dans les prochaines années. En France aussi, ce modèle séduit et pourrait être déployé : au lieu de fermer définitivement les centrales thermiques françaises, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, laisse la porte ouverte à une éventuelle reconversion des sites sur le modèle d’une centrale hybride.

La prochaine étape : la centrale hybride 3 en 1

A l’autre bout du monde, on réfléchit déjà à la prochaine évolution de la centrale hybride. Dans le cadre du programme de développement des énergies renouvelables en Australie, l’entreprise Windlab, spécialisée dans les énergies renouvelables, planche actuellement sur un projet de centrale hybride 3 en 1. Ce projet tri-technologique vise à faire travailler ensemble une centrale solaire, un parc éolien et un système de stockage par batterie lithium-ion. L’ensemble serait directement raccordé au réseau électrique. Ce projet, baptisé la centrale Kennedy Energy Park, a déjà obtenu le feu vert et la construction doit démarrer dans les prochaines semaines. Dans le détail, la centrale solaire devrait fournir 15 MW, le parc éolien devrait produire 43,2 MW, et les deux unités de production seront reliées à des batteries Tesla offrant une capacité de stockage de 4 MWh.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • En attendant, et comme l’illustre la photo de Porcheville, on se demande bien comment on va assurer les marges de sécurité du système électrique en fermant tout le parc fuel et charbon et en plus des tranches nucléaires.

    Avec de la magie peut-être ?

    Répondre

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