Un réseau de chaleur bois pour la ville de Bayonne

Un réseau de chaleur bois pour la ville de Bayonne

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La ville de Bayonne se prépare pour les jours de froid : elle vient d’inaugurer son tout nouveau réseau de chaleur bois en remplacement d’une partie de son ancien réseau de chaleur à gaz. Comme Bayonne, d’autres communes françaises sont de plus en plus nombreuses à se laisser tenter par un réseau de chaleur bois qui présente plusieurs avantages, à commencer par celui du coût de chauffage, plus stable que celui du gaz. Mais pour mettre en place cette nouvelle solution énergétique, la ville a dû se lancer dans un grand chantier de rénovation et d’adaptation de son réseau de chaleur.

Du bois pour remplacer le gaz

Le réseau de chaleur bois n’est pas une technique énergétique nouvelle, mais elle a trouvé un second souffle grâce à la loi de transition énergétique promulguée en 2015. La loi prévoyait alors que les quantités de chaleur renouvelable et de récupération distribuées par ces réseaux devraient être multipliées par cinq d’ici 2030. Un vrai coup de pouce qui a donné des idées aux communes françaises et permis, en l’espace de deux ans, le déploiement à plus grande échelle du réseau du réseau de chaleur bois. En deux années seulement, 2 millions de logements français ont ainsi été raccordés à ce type de réseau. Un succès qui n’est pas sans lien avec l’argument financier en faveur du réseau de chaleur bois : puisqu’il fonctionne avec du bois ou de la biomasse, son tarif n’est pas soumis aux même fluctuations que le gaz naturel ce qui permet à terme de mieux maîtriser les dépenses énergétiques.

Comme d’autres villes françaises, Bayonne s’est laissée séduire par l’idée d’un réseau de chaleur bois. En 2015, la mairie a signé un contrat avec Dalkia, la filiale d’EDF-SE dédiée aux services énergétiques. La municipalité a ainsi confié la réalisation et l’exploitation de son nouveau réseau de chaleur bois à Dalkia pour une durée de 24 ans. Une mission qui impliquait de concevoir une nouvelle chaufferie biomasse pour remplacer l’ancienne chaufferie à gaz, ainsi qu’un réseau adapté à la nouvelle source de chaleur et capable de distribuer tous les Hauts de Bayonne, la partie de la ville choisie pour expérimenter ce nouveau réseau de chaleur bois.

Un réseau de chaleur bois : comment ça fonctionne ?

Pour s’adapter au nouveau réseau de chaleur bois, Bayonne a dû se lancer dans des travaux conséquents. Sous la direction de Dalkia, une partie du réseau de chaleur de la ville a été complètement rénové et transformé pour intégrer les nouveaux éléments. Dans un premier temps, il a fallu installer la nouvelle chaufferie principale qui assure la production de la chaleur grâce au bois à la place de l’ancienne chaufferie qui fonctionnait au gaz. En parallèle, il a fallu adapter le réseau des canalisations : les canalisations acheminent une eau très chaude (jusqu’à 180°C) et elles doivent donc être parfaitement adaptées pour assurer la fiabilité du réseau de chaleur. Et puisque ce réseau est enterré, il a fallu entreprendre des travaux de voirie afin d’intervenir sur les 14 km de canalisations à changer. Autre nouveauté : avec un réseau de chaleur à bois, il n’y a plus besoin de chaudières dans chaque logement. Elles sont remplacées par une seule et même sous-station qui dessert un bâtiment complet. Cette sous-station est alimentée par l’eau chaude du réseau et elle intègre un échangeur dont le rôle est de redistribuer la chaleur dans le circuit de chauffage du bâtiment. Là aussi, il a fallu installer 36 sous-stations pour desservir tous les bâtiments raccordés. Enfin, le réseau intègre tout de même une chaudière à gaz de secours pour les cas de pics de consommation ou de problème technique sur la chaudière à bois.

Déjà 10% de la population bayonnaise couverte

Bien qu’il soit opérationnel depuis la fin de l’été 2017, le nouveau réseau de chaleur bois de Bayonne vient d’être officiellement inauguré le jeudi 30 novembre 2017. En l’espace de quelques mois, il a permis une petite révolution énergétique puisque désormais il alimente en chauffage et en eau sanitaire 10% de la population de Bayonne. Dans le détail, le réseau a été déployé pour relier 4 000 logements dont 70 bâtiments d’habitations collectifs ainsi que plusieurs bâtiments publics, notamment le centre aquatique des Hauts de Sainte Croix, un hôpital psychiatrique et plusieurs établissements scolaires. Au total, avec sa puissance de 17 GWh, le nouveau réseau de chaleur bois permet de chauffer 225 000 m2.

Dalkia : la filiale d’EDF déjà leader du secteur

A l’heure actuelle, 6% de la population française est chauffée grâce à un réseau de chaleur mais pour atteindre les objectifs de la loi de transition énergétique, ce sont 8 millions de foyers supplémentaires qui devront être connectés d’ici 2030. Dalkia, la filiale d’EDF-SE (solutions énergétiques), est déjà leader sur ce marché en plein essor et elle gère pas moins de 353 réseaux de chaleur et de froid. Depuis le début d’année 2017, l’entreprise a largement investi dans le déploiement de réseaux de chaleur bois un peu partout en France. Bayonne, Caen, Carrières-sous-Poissy, Val de Briey, Dijon, Martigues, Nantes… Toutes ces villes ont un point commun : elles ont déjà opté pour un réseau de chaleur bois. Et elles ont toutes fait appel à Dalkia pour concevoir et réaliser leurs nouveaux réseaux.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il est important de diversifier les sources de chaleur et ne pas miser uniquement sur le bois. Exemple solaire, biogaz etc.

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    • pour mémoire l’Amorce fait un bilan économique sur les réseaux de chaleur chaque année :

      Ses conclusions P52 : “Outre le positionnement d’un réseau de chaleur par rapport à la moyenne nationale, cette enquête a permis d’établir un comparatif économique des modes de chauffage les plus courant. Il en ressort que :

      • Le coût global de chauffage pour un logement-type correspondant au parc social
      moyen (170 kWh/m2.an) raccordé à un réseau de chaleur est évalué en moyenne à
      1266€ TTC par an, soit légèrement en dessus du chauffage collectif au gaz condensation.

      Pour les réseaux de chaleur majoritairement alimentés par des EnR&R, le coût global
      moyen est de 1206€TTC par an : c’est la solution la plus compétitive parmi tous les
      modes de chauffage. Les réseaux de chaleur sont mieux placés pour les bâtiments dont la
      consommation est élevée mais restent compétitifs pour des niveaux faibles de
      consommation.

      • D’un point de vue énergétique et environnemental, les réseaux de chaleur sont
      globalement bien positionnés (dépend du mix énergétique du réseau).

      • D’un point de vue économique :

      • Quel que soit le niveau de consommation pris en compte, le chauffage individuel au gaz
      condensation figure parmi les solutions les moins compétitives.

      • Le chauffage électrique individuel affiche un coût global peu attractif et est mal placé en termes d’énergie primaire ou de gaz à effet de serre, tout comme le chauffage collectif au fioul

      . Sa facture énergétique est très basse dans le cas de la RT 2012 mais la mise en place
      d’un tel système implique des surinvestissements sur le bâti qui se répercutent
      sur le coût global.

      • Les pompes à chaleur géothermiques, sous réserve que le niveau de performance retenu dans les calculs (COP 4,2) puisse effectivement être tenu comme une moyenne annuelle, peuvent être une solution performante en termes d’énergie primaire ou de gaz à effet de serre, voire en termes économiques en tenant compte d’aides à l’investissement (de type crédit d’impôt par exemple).

      • Les études sur le long terme confortent la position des réseaux de chaleur et mettent en
      évidence le risque qui pèse sur le consommateur à la fois pour les solutions où l’achat
      d’énergie représente une part importante de la facture et pour les solutions individuelles”

      http://reseaux-chaleur.cerema.fr/enquetes-ademeamorce-les-prix-de-vente-de-la-chaleur

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