Le retrait des Émirats arabes unis (ÉAU) de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a fait bouger la donne sur le marché mondial du pétrole. Annoncée par l’agence de presse officielle Wam, la décision prendra effet le 1er mai et a été qualifiée de « tremblement de terre dans le secteur du pétrole ». Le départ, justifié par des « intérêts nationaux », survient dans une situation géopolitique tendue liée notamment à la guerre au Moyen-Orient.
Pourquoi les ÉAU partent maintenant
La décision des ÉAU surprend par son calendrier et ses motifs. Le pays met en avant sa « vision stratégique et économique à long terme », en expliquant que son profil énergétique évolue et qu’il veut intensifier ses investissements dans la production d’énergie nationale.
Les Émirats ont été des membres actifs : ils ont rejoint l’OPEP en 1967, seulement sept ans après la fondation de l’organisation en 1960. Depuis la création de l’alliance Opep + en 2016, en collaboration avec 22 pays producteurs, dont la Russie, les Émirats figuraient au 4e rang des producteurs, avec une production de 3,5 millions de barils par jour.
La situation autour du détroit d’Ormuz, où transite 20 % du brut mondial, a fortement perturbé le marché. Le récent conflit initié par une offensive « israélo-américaine » contre l’Iran et les représailles de ce dernier ont accentué les tensions géopolitiques. Un accès restreint à ce passage stratégique a provoqué une flambée des prix du pétrole, qui a touché directement les ÉAU, même si la réouverture du détroit est envisagée. Face à cela, le pays veut éviter d’être soumis à des quotas une fois la situation revenue à la normale.
Réactions à l’international et conséquences économiques
L’annonce des ÉAU a déclenché des réactions à travers le monde. Outre les Émirats, le Qatar, l’Équateur et l’Angola ont déjà quitté l’OPEP, respectivement en 2019 et à des dates non précisées. La capitale saoudienne, Ryad, qui tient traditionnellement le rôle de leader au sein du groupe, pourrait voir son autorité remise en question.
L’analyste Jorge Leon de Rystad Energy estime que l’OPEP pourrait subir un affaiblissement structurel à long terme. À court terme, la situation pétrolière reste très incertaine en raison de la guerre, mais cet expert avertit aussi que le retrait des ÉAU pourrait les pousser à augmenter leur production, ce qui remettrait en cause l’influence traditionnelle de l’Arabie saoudite.
Les décisions des ÉAU, tout en visant leurs objectifs nationaux, pèsent donc sur un marché déjà marqué par une forte baisse des prix.




