En quoi consiste le nouveau plan solaire d'EDF pour la France ?

En quoi consiste le nouveau plan solaire d’EDF pour la France ?

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EDF a décidé de lancer un grand plan solaire pour la France afin de multiplier par quatre les capacités de production d’énergie solaire d’ici 2030. L’annonce a été faite lundi 11 décembre 2017, la veille de l’ouverture du One Planet Summit, le sommet international voulu par le président Emmanuel Macron pour rassembler le monde de la finance autour des problématiques du réchauffement climatique. Un hasard qui n’en est pas un : pour réussir son pari, EDF va devoir mobiliser un budget de 25 milliards d’euros mais compte bien surfer sur l’engouement actuel pour les énergies renouvelables. C’est aussi et surtout l’occasion pour l’électricien français d’affirmer sa position de leader sur le marché français de l’électricité à l’heure où l’avenir du nucléaire français reste plus flou que jamais.

Un plan solaire pour exploiter le potentiel français

En ce qui concerne l’énergie solaire, la position de la France est quelque peu paradoxale : dans le classement des pays au potentiel solaire le plus élevé, la France se classe en cinquième position selon les experts d’EDF. Pourtant, elle n’arrive qu’à la septième place des pays européens en ce qui concerne la part de production solaire dans le mix électrique. Un retard d’autant plus important quand on observe l’écart entre la France et les pays qui la précèdent dans le classement : seulement 1,8% d’énergie solaire dans le mix électrique français contre 6,2% pour l’Allemagne et 7,8% pour l’Italie.

Mais EDF compte bien inverser la tendance grâce à son plan solaire. Actuellement, la France compte seulement 8 gigawatts d’énergie photovoltaïque contre 63,2 gigawatts d’énergie nucléaire. Avec son nouveau plan solaire pour la France, EDF veut déployer 30 gigawatts d’énergie solaire entre 2020 et 2035. Selon le PDG d’EDF : “Ce plan d’une ampleur sans précédent en Europe est un tournant pour EDF et pour la filière française.” Il rappelle également que ce nouveau plan solaire est rendu possible par un contexte favorable aux énergies renouvelables, et notamment à la baisse des coûts de fabrication des panneaux photovoltaïques.

A terme, un tel déploiement d’énergie solaire dans l’hexagone devrait permettre de rééquilibrer le mix électrique national en injectant plus de renouvelables. A l’heure actuelle, 75% de l’électricité française provient du parc nucléaire, un parc dont l’avenir demeure incertain puisque la fermeture des réacteurs les plus anciens devrait être programmée dans un avenir proche.

Des centrales solaires au sol

Avec son nouveau plan solaire, EDF se lance dans un pari technologique : pour déployer rapidement 30 gigawatts d’énergie solaire sur le territoire français, il va falloir privilégier des centrales solaires très performantes. Et EDF a déjà son idée sur la question : son PDG a ainsi annoncé qu’il souhaitait déployer de grandes centrales solaires au sol. Cette nouvelle génération de centrales solaires offrent une production de 100 mégawatts contre 12 megawatts en moyenne pour les centrales solaires actuellement en activité dans l’hexagone. En plus d’un meilleur rendement énergétique, ces centrales permettent aussi de mieux optimiser les coûts de construction puis d’exploitation des sites.

Seule ombre au tableau, elles demandent aussi des sites d’installation beaucoup plus grands. D’après les estimations d’EDF, pour déployer des unités de production capables de fournir 25 gigawatts, il faudrait cumuler 30 000 hectares de terrains… soit l’équivalent de 43 000 terrains de football. Un problème de taille que l’électricien n’a que partiellement résolu : dans un premier temps, EDF compte recycler certains de ses propres sites, comme des sites qui doivent être démantelés. EDF souhaite aussi optimiser certaines installations existantes, comme des barrages hydrauliques, des zones industrielles, des hangars ou même des friches industrielles, pour qu’elles accueillent une partie des futures installations solaires. Mais pour l’essentiel des terrains nécessaires, l’électricien compte sur un coup de pouce de l’état français. Le PDG d’EDF souhaite d’ailleurs mettre en place une collaboration étroite avec les présidents de régions afin d’identifier rapidement des sites capables d’accueillir les futures centrales solaires au sol.

Un plan solaire à 25 milliards d’euros

Si EDF est optimiste c’est que le domaine des énergies vertes est particulièrement dynamique. “Notre ambition est d’accroître nos investissements dans les renouvelables à hauteur de 3 milliards d’euros bruts par an. Cette accélération, notamment dans le solaire et dans les technologies de stockage, est essentielle dans notre mix électrique d’aujourd’hui et de demain.” précise Xavier Girre, Directeur exécutif en charge de la Direction financière d’EDF. En ce qui concerne ce grand projet solaire, EDF va devoir mobiliser un budget conséquent estimé à 25 milliards d’euros répartis sur quinze ans. Un budget qui ne devrait en rien diminuer les autres investissements prévus par EDF dans différents secteurs énergétiques, qu’il s’agisse du développement des filières d’énergies renouvelables (EDF compte continuer à soutenir le développement de l’éolien, de l’éolien offshore ainsi que de l’hydroélectricité) ou de la rénovation des centrales nucléaires françaises. Ce grand carénage prévoit une mobilisation de 51 milliards d’euros pour effectuer des travaux sur l’ensemble du parc nucléaire dans le but d’allonger la durée de vie des réacteurs.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il ne faudrait pas que çà entre en concurrence avec le déploiement beaucoup plus pertinent et intéressant du solaire hybride (PV+thermique) sur l’ensemble des toitures d’entreprises, de commerces et de logements qui permettront rapidement l’autonomie d’immeubles, de quartiers etc. et la consommation sur place donc sans pertes de la majeure partie de l’énergie solaire reçue donc avec une bien plus grande efficacité énergétique et sans emprise au sol.

    EDF tente de maintenir son business de fournisseur centralisé plutôt que de l’adapter aux évolutions technologiques qui sont plus pertinentes tant pour les entreprises et commerces que les particuliers, sans parler de la mobilité également concernée avec la recharge solaire directe des véhicules via les toitures d’entreprises comme de logements.

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  • La France n’est pas en retard, elle est en avance dans les émissions de CO2 : parmi les 25 pays les plus riches de la planète (en PIB / personne) , la France est le pays où les émissions de cO2 par personne sont les plus faibles. Le déploiement du photovoltaïque ne permettra pas de fermer des centrales qui resteront nécessaires le soir.

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  • Les énergies renouvelables sont essentiellement des rentes de situation fondées sur la bonne conscience écologique. Qu’EDF cherche à exploiter ce créneau n’est pas plus illégitime que le particulier vendant sa production intermittente et finalement inutile à 58 c/ kWh. Quant au mythe rousseauiste de la décentralisation de l’énergie, c’est une autre variation sur le thème de la bonne conscience mais qui oublie les économies d’échelles, les lois de Kirchoff et l’exigence des consommateurs pour une garantie d’approvisionnement 24h/24 avec 50 Hz et 230 V.
    Dernier point : Les batteries de véhicules n’ont ni les capacités ni vocation à faire du stockage d’énergie pour le réseau. Exemple 100 000 véhicules chargeant à 5 kW chacun (l’abonnement moyen est à 6 kW) cela représente 500 MW de puissance appelée; En France la puissance appelée varie de 40 000 (été) à 100 000 MW (hiver froid). Les faits sont têtus !

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  • Si EDF avait voulu profiter de “rentes de situation” concernant le solaire, il s’y prendrait bien tard en annonçant son important programme à venir à horizon 2030 !

    Et ce :

    – alors que les aides ne cessent de baisser et sont de plus en plus souvent absentes dans le monde et désormais soumises au régime des appels d’offres en France avec contrôle des éventuels écarts de bénéfices qui n’ont en outre révélé qu’une minorité d’abus ponctuels passés (certains endroits étant par exemple plus productifs que d’autres) et objectifs de baisses régulières.
    – que les renouvelables, en particulier solaire et éolien, remportent de plus en plus d’ appels d’offres face aux énergies locales pourtant les moins chères.
    – qu’elles se développent dans quelques 190 pays au monde qui n’ont pourtant pas tous une “conscience écologique” !

    Les choix d’EDF sont plus pragmatiques et plutôt à rechercher dans la réalité du marché liée aux évolutions technologiques et de prix comme le second graphique le démontre :

    https://www.lazard.com/perspective/levelized-cost-of-energy-2017/

    La décentralisation n’est pas un mythe, ni incompatible avec une meilleure efficacité énergétique et économique, ni avec une meilleure sécurité d’approvisionnement. Vous trouverez de nombreux exemples dans l’histoire de l’énergie et en comparant différents systèmes énergétiques, pays et régions.

    Quant au stockage d’énergie dans les véhicules vous avez pour le moment en partie raison mais le marché des véhicules électriques est appelé par son efficience à se développer de manière importante comme la plupart des constructeurs le confirment avec leurs offres et projets et c’est une solution très peu coûteuse d’écrêtage d’énergie à disposition dont il serait dommage de se passer alors que la majorité des véhicules sont à l’arrêt la plupart du temps.

    Pour mémoire l’ensemble du parc en France est de quelques 38 millions de véhicules donc çà laisse une bonne marge de progression aux véhicules électriques (plus de 100.000 à l’heure actuelle), d’autant plus avec leur compétitivité proche du seuil de basculement favorable (autour de 2020) et des autonomies qui s’accroissent.

    Ce n’est pas par hasard si les opérateurs de l’énergie dont EDF, Enel etc rachètent régulièrement des opérateurs du V2G (vehicle to grid)…

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