De la formation des ingénieurs au démantèlement des centrales, la France exporte son savoir-faire nucléaire

De la formation des ingénieurs au démantèlement des centrales, la France exporte son savoir-faire nucléaire

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Saluée pour son excellence, l’expertise de la filière nucléaire française est toujours plus prisée à l’international.

En dépit des récentes annonces du ministre de l’Ecologie sur la réduction de la part de l’énergie nucléaire à 50% d’ici 2035, l’avenir du nucléaire tricolore semble assuré. Troisième filière industrielle française, il apparait aujourd’hui comme un exemple de réussite dont le savoir-faire est prisé par de nombreux pays. Au fil des ans, les pouvoirs publics ont mis en place un modèle intégré performant qui emploie aujourd’hui près de 220 000 personnes aux métiers variées, de façon directe ou indirecte. Cette diversité constitue l’une des principales forces stratégiques du réseau français, qui dispose d’une réelle expertise sur l’ensemble des activités de la chaine de valeur.

Ainsi, la France est au premier plan dans la formation des ingénieurs mondiaux. Le partenariat passé avec la Chine en est sûrement l’exemple le plus révélateur. Désireuse de former des ingénieurs sur le modèle français, la Chine a inauguré en 2011 l’IFCEN, un institut de formation en ingénierie nucléaire, fruit d’un partenariat avec un consortium de cinq grandes écoles françaises et supervisé notamment par EDF et Areva. Rattaché à la prestigieuse université Sun Yat-Sen de Canton, l’institut a déjà formé près de 700 ingénieurs chinois. « La France est prête à partager sa compétence, son expertise et son expérience, que ce soit pour aider les pays qui le souhaitent à accéder à l’énergie nucléaire ou pour renforcer ses partenariats avec les autres grandes puissances nucléaires comme la Chine » avait alors déclaré le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

L’excellence associée aux formations françaises permet aux industriels de la filière d’attirer des étudiants venus d’horizons nouveaux, et à la même occasion, de s’assurer un rayonnement à l’étranger. L’Institut International de l’Energie Nucléaire (I2EN) à Saclay remplit cette mission de formation d’étudiants étrangers. Par ailleurs, de nombreux programmes de formations sont dispensés par les entreprises françaises dans le cadre de leurs accords avec d’autres puissances. C’est par exemple le cas pour Areva, qui participe depuis plusieurs années à la formation des ingénieurs sud-africains.

Rayonnement de l’enseignement français, un enjeu stratégique

Si ce rayonnement de l’enseignement français est un enjeu stratégique de haute importance, l’exportation des connaissances françaises en matière de construction reste sans doute le principal objectif pour conquérir de nouveaux marchés à l’étranger. De nombreux projets ont vu le jour ces dernières années, preuve de la supériorité française sur un marché hautement concurrentiel. La France dispose notamment d’un avantage conséquent grâce aux réacteurs de type EPR de troisième génération (réacteurs européens à eau pressurisée). La Finlande a ainsi choisi d’installer un réacteur de ce type à la centrale d’Olkiluoto. Deux autres sont en construction en Chine, sur le site de Taishan. Ce projet chinois est à ce jour le plus important contrat de l’histoire de l’industrie nucléaire civile. En 2013, le gouvernement britannique a confirmé la domination française sur le marché européen en choisissant, lui aussi, de faire confiance à Areva et EDF pour la construction de deux réacteurs à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’île.

Partenaire privilégié de l’Afrique du Sud, seul pays africain à disposer d’une centrale nucléaire, construite par un consortium d’entreprises françaises, la France s’exporte jusqu’aux confins de l’Afrique. D’ailleurs, sur ce continent en pleine explosion démographique et à la croissance économique forte, remporter de nouveaux marchés constitue un intérêt stratégique de haute importance. Récemment, la France a répondu à un appel d’offres lancé par l’Afrique du Sud pour la construction de 6 à 8 centrales. En cas de victoire, ce chantier pourrait être une nouvelle occasion pour le réseau français de démontrer ses capacités.

Mais la performance du modèle hexagonal s’exprime également dans le domaine du démantèlement. Alors que la filière avait pris un certain retard dans la déconstruction des réacteurs, elle fait aujourd’hui figure de pionnière. De nombreuses usines ou centrales arrivant en fin de cycle sont désormais en cours de reconversion. C’est le cas par exemple de l’usine de recyclage de Marcoule, ou de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux. La récente réindustrialisation des usines d’Annecy et de Veurey-Voroize a par ailleurs confirmé la réversibilité du nucléaire, confirmant l’intérêt de la maitrise du démantèlement.

Une capacité qui tend désormais à s’exporter, à l’image de l’accord passé début décembre avec la Corée du Sud. Cet accord, conclu entre New Areva et KHNP, vise à renforcer la collaboration entre les deux pays sur la déconstruction des réacteurs, l’assainissement des centrales et la gestion des déchets. La volonté de conquête de ces nouveaux marchés internationaux, en pleine progression notamment depuis l’accident de Fukushima, est aujourd’hui clairement affichée.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • On peut toujours faire des publi-reportages et survoler ce sujet pour tenter de se rassurer mais les réalités notamment économiques sont moteurs des grandes tendances et il aurait été préférable que la France ait su conserver son savoir-faire et acquérir un leadership dans les énergies renouvelables quand on voit les marchés mondiaux concernés et l’avenir :

    Une récente étude plus (Lazard) qui confirme :

    https://www.lazard.com/perspective/levelized-cost-of-energy-2017/

    .

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