La France s’allie à l’Indonésie pour les énergies renouvelables (EnR) - L'EnerGeek

La France s’allie à l’Indonésie pour les énergies renouvelables (EnR)

A la fin du mois de février 2017, la France a officialisé la création de son 3ème club dédié aux EnR. Ce dernier s’inscrit dans le cadre d’un partenariat stratégique avec l’Indonésie. Son lancement a eu lieu au moment de la visite du ministre des affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, et juste avant la visite du président François Hollande. Plusieurs entreprises comme Engie ou DCNS font partie de l’aventure, et se préparent à exploiter le potentiel de l’archipel pour la géothermie et les énergies marines renouvelables (EmR).

Un Club pour les énergies renouvelables (EnR) et l’efficacité énergétique

C’est en présence du ministre indonésien de l’Energie et des ressources minérales, Ignasius Jonan, que Jean-Marc Ayrault, a inauguré un nouveau Club export Energies renouvelables. Cette démarche appuyée entre autres par Business France, l’Agence Française du Développement et le Syndicat des Energies Renouvelables, consiste à traiter « la question des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique comme un sujet d’intérêt mutuel sur lequel la coopération bilatérale pourrait être renforcée ».

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L’Indonésie, un pays aux capacités démesurées ?

Selon une étude réalisée par le cabinet d’audit PWc, l’Indonésie sera la quatrième économie de la planète à l’horizon 2050. Avec plus de 250 millions d’habitants, le pays figure parmi les plus dynamiques de la planète. Comme le soulignait encore récemment l’économiste d’Amundi, Karine Hervé, le PIB indonésien à l’instar de celui de la Chine et de l’Inde continue de croître à « des rythmes supérieurs à 6% par an ». De son côté, l’économiste de la BNP, Johanna Melka, chiffre la croissance indonésienne à 5,2% en 2016 mais assure que l’activité économique va être soutenue « par une reprise des investissements publics et privés, qui devraient profiter de l’assouplissement des conditions monétaires ». Seulement pour soutenir ce rythme de croissance, tout en respectant ses engagements climatiques actés lors de l’Accord de paris, le gouvernement indonésien souhaite se tourner vers les nouvelles technologies du secteur de l’énergie.

Des opportunités pour les entreprises françaises ?

L’opportunité d’accompagner ce nouveau géant vers une croissance propre et durable n’a d’ailleurs pas échappé au directeur des exportations de la BPI, Pedro Novo, ni à la Chef du service Energie Environnement de BusinessFrance, Hélène Buriev. En effet, le 14 mars cette dernière a participé à la première journée du colloque énergie France Indonésie, où « de nombreuses pistes de coopération » pour les smartgrids et les EnR ont été envisagées. Actuellement, des entreprises comme Total ou Air Liquide sont déjà bien implantées en Indonésie, comme le souligne la président d’Erka Consulting, Renée Kaddouch. Avec les réformes du président Joko Widodo, « destinées à rendre son économie plus attractive pour les investisseurs étrangers », le champion de l’Asean attire désormais les énergéticiens de la transition énergétique tels qu’Engie, EDF, ou DCNS ; mais aussi de plus petites structures telles que Sabella ou Pace Eren.

L’Indonésie, le pays des volcans et de la géothermie

Dans une étude du Centre Energie de l’Ifri, Sylvie Cornot-Gandolphe explique que l’Asie du Sud-Est est dotée « d’un potentiel géothermique concentré principalement aux Philippines et en Indonésie ». Une opportunité qui n’a pas non plus échappé à Isabelle Kocher qui rappelle que l’Indonésie souhaite produire « une électricité à partir de sources de production bas carbone efficaces » tandis qu’Engie ambitionne « de devenir leader de la transition énergétique dans le monde, en se concentrant notamment sur le développement d’énergies renouvelables compétitives ».

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Les hydroliennes, en figure de proue des EmR et des EnR

De plus, alors que Renée Kaddouch pose la question, « L’ASEAN : Quelles Opportunités Pour Les Startup Françaises ? », la filière des EmR a déjà sa petite idée sur le sujet. Ainsi, le Président de Sabella, Jean François Daviau confie son intention d’entrer dans le « club très fermé des « big four » de l’hydrolien marin ». Pour y parvenir, le dirigeant de la PME fondée à Quimper en 2008 a bien l’intention d’exploiter les courants maritimes de l’Indonésie. Une ambition parfaitement réaliste puisqu’un plusieurs mémorandums d’entente ont déjà été signés en 2015 et qu’un nouveau protocole d’entente vient d’être conclu entre le SER et sa contrepartie locale, le Masyarakat Energi Terbarukan Indonesia (METI) – Indonesia Renewable Energy Society. Une initiative qui pourrait donc plus largement profiter à l’ensemble des Energies Marines Renouvelables (EmR) : les éoliennes off-shore, l’énergie marémotrice ou encore l’énergie houlomotrice.

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François Hollande va venir approfondir la coopération énergétique entre les deux pays ?

Alors que le président François Hollande a annoncé un voyage diplomatique pour la fin du mois de mars, de nombreux énergéticiens devraient faire partie de la délégation française. Pour se faire entendre, ils pourront désormais compter sur cette « caisse de résonnance » pour faire valoir leur position auprès des autorités locales. A ce titre, l’offre française en matière de solaire photovoltaïque pourrait également avoir de solides arguments à faire entendre, comme l’indiquait d’ailleurs le SER lors du 3ème  colloque national organisé à Lyon le 9 mars dernier.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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