Energies renouvelables : la Chine s'affirme en leader - L'EnerGeek

Energies renouvelables : la Chine s’affirme en leader

énergies renouvelables

Le 5 janvier dernier, le gouvernement chinois a dévoilé un plan quinquennal pour favoriser le développement des énergies renouvelables sur son territoire. Les enjeux sont nombreux : augmenter la part des énergies alternatives dans le mix énergétique national, diminuer la part du charbon jugé trop polluant, mais également continuer d’augmenter la part des crédits alloués aux investissements dans les énergies renouvelables à l’étranger. Le pays, qui a réussi à se hisser au rang de champion mondial des énergies renouvelables en un temps record, entend accélérer le rythme de sa transition énergétique.

La Chine : premier investisseur dans les énergies renouvelables

2015 a été une année charnière en matière de répartition des investissements mondiaux dans le secteur des énergies renouvelables. Pour la première fois, les pays en développement ont représenté une part plus importante des investissements que les pays développés avec respectivement 19 % et 8 %. C’est également en 2015 que la Chine a pris pour la première fois la tête des pays qui investissent le plus dans les énergies vertes. Le pays représente à lui-seul 17 % des investissements mondiaux dans les renouvelables, soit un montant record de 97 milliards d’euros. Il faut dire que pour le plus gros pollueur au monde, le secteur de l’énergie est plus que stratégique. Enjeu financier, puisqu’il s’agit de répondre à la demande industrielle et de la populations de tout le pays, mais également enjeu de santé publique, suite aux vagues de pollution régulières auxquelles sont confrontées les grandes villes chinoises.

Via ces investissements, non seulement le gouvernement chinois est parvenu à se hisser au premier rang mondial dans le secteur des énergies alternatives, mais il creuse un écart considérable avec ses concurrents. Pourtant sur la seconde marche du podium, les investissements américains en matière de renouvelables représentent à peine plus de 30 % de l’enveloppe allouée par le gouvernement chinois. Et ces investissements portent déjà leurs fruits : en 2016, la Chine est devenue le premier producteur d’énergie solaire, s’assurant du même coup une place de choix sur le marché mondial.

Le principal enjeu : réduire la part du charbon

charbon
La Chine a déjà commencé à fermer des mines en 2016, et elle devrait continuer en 2017.

Alors que de nombreux pays renoncent au charbon ces dernières années du fait de son fort taux de pollution, la Chine reste néanmoins attachée à cette ressource énergétique. Deux raisons à cela : la première, une abondance des gisements sur le territoire national permettant au pays de couvrir ses besoins tout en assurant une indépendance énergétique. Seconde raison : jusqu’à récemment, le pays n’avait pas d’alternative viable pour remplacer le charbon. Aujourd’hui, le charbon représente aujourd’hui encore 64 % des apports énergétiques de la Chine et le but du gouvernement est de faire rapidement diminuer cette part afin de passer sous le seuil des 58 % à l’horizon 2020. Le délai est serré, mais les investissements annoncés sont à la hauteur de l’enjeu. Dans son communiqué, le gouvernement chinois précise qu’il compte allouer un budget de 341 milliards d’euros au développement des énergies renouvelables.

Au-delà de la question de la ressource énergétique, avec l’évolution du mix énergétique national, c’est une part importante de l’industrie chinoise qui amorce sa transition. En effet, la main d’œuvre actuellement allouée à l’exploitation du charbon devra soit être requalifiée soit réorientée. Lors de l’annonce de son nouveau plan quinquennal, le gouvernement chinois a d’ailleurs mis l’accent sur le fait que le développement des énergies alternatives devait être à l’origine de la création de 13 millions d’emplois.

Part du charbon dans le bilan énergétique de la Chine (horizon 2030)

 

Développer les énergies renouvelables et s’affirmer en leader

Le dynamisme chinois se fait sentir jusqu’en dehors de ses frontières. Car si le gouvernement a longtemps trainé les pieds avant d’accepter les réalités de la transition énergétique, il en est maintenant l’un des meilleurs ambassadeurs. Ne se contentant pas d’être très actif lors de la COP 21 à Paris fin 2015, le gouvernement chinois a poursuivi ses efforts une fois la conférence passée en pressant les Etats-Unis de ratifier rapidement l’accord de Paris.

La Chine est-elle en passe devenir le chef de file de la transition énergétique ? Sa force de frappe financière et son soutient aux énergies renouvelables plaident pour le moment largement en sa faveur. Qui plus est le pays n’investit pas uniquement sur son territoire : il s’intéresse également aux ressources des autres pays. A titre d’exemple, de nombreux capitaux chinois ont ainsi été orientés vers le financement du développement du secteur des biocarburants au Brésil. Au total, pour l’année 2016, l’enveloppe des investissements chinois à l’étranger a représenté près de 30 milliards d’euros, soit une hausse de 60% par rapport à 2015.

Dans sa quête pour le soutien au développement des énergies renouvelables, la Chine peut compter sur le soutien de pays comme le Maroc, le Mexique ou l’Afrique du Sud, très dynamiques dans le secteur des renouvelables, mais surtout sur le soutien de son grand voisin, l’Inde. Confrontée à une situation comparable à celle de son grand voisin, avec une forte population et une industrie dont les besoins énergétiques requièrent des solutions efficaces à grande échelle, l’Inde doit faire face au problème de la pollution de l’air de ses grandes villes. D’où l’urgence d’une mutation rapide de son mix énergétique.

A elles deux, la Chine et l’Inde ont de sérieux arguments pour peser lourdement sur les prochaines négociations mondiales en matière d’énergies alternatives.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les pauvres russes voient le prix de leur pétrole et gaz maintenu bas en bonne part à cause du développement des renouvelables dont le principal fournisseur est son voisin la Chine et avec le développement des véhicules électriques également très important en Chine, surtout si l’on y ajoute la mobilité avec tous les types de véhicules vendus notamment en Asie, le marché mondial en plus est énorme.

    Les russes se mettent donc enfin aux renouvelables ! Mais au niveau chiffres ils partent de très loin hormis pour l’hydro mais dont une part importante reste à optimiser et rénover ce qui est coûteux.

    L’Ukraine réalise sa transition plus vite dans les renouvelables et l’efficacité énergétique et son taux de croissance est d’ailleurs plus de 2 fois celui de la Russie plusieurs années de suite.

    https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201701131029573928-energies-renouvelables-russie-generatrice-solaire-eolienne/

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