Etats-Unis : vers une extension de la durée des réacteurs nucléaires à 80 ans ? - L'EnerGeek

Etats-Unis : vers une extension de la durée des réacteurs nucléaires à 80 ans ?

Centrale_Vogtle_photo_ChNPPSi le gouvernement américain a réaffirmé en 2015 ses ambitions de développement en matière d’énergies renouvelables, dans les secteurs éolien et solaire notamment, il n’entend pas pour autant se désengager du nucléaire, considérée outre-Atlantique comme une énergie bon marché et créatrice d’emploi. Les Etats-Unis envisageraient même de porter la durée d’exploitation de leurs centrales à 80 ans selon un document examiné actuellement par la NRC, l’autorité de sûreté nucléaire américaine.

Les Etats-Unis : premier parc nucléaire au monde

Plus grand parc nucléaire au monde devant la France, les États-Unis comptent actuellement 99 réacteurs en activité représentant près de 20% de la production électrique nationale. Grâce à une puissance cumulée de 98,7 GW, le secteur nucléaire américain a généré 797 TWh d’électricité en 2014, soit environ 19,5% des besoins en électricité du pays sans émissions de CO2.

Les centrales nucléaires américaines garantissent près de 60 milliards de dollars au produit intérieur brut des États-Unis tout en maintenant des coûts de production de l’électricité très faibles. Elles assurent plus de 400.000 emplois à temps plein et éviteraient, selon les estimations du cabinet d’études Brattle Group, le rejet annuel de plus de 573 millions de tonnes dans l’atmosphère.

Evolution de la demande d’électricité et perspectives de croissance

Selon le Département de l’Énergie américain (DOE), les besoins en électricité des États-Unis devraient augmenter de 25 % d’ici 2030. Le pays nécessitera donc l’équivalent de 35 nouvelles centrales nucléaires afin de maintenir les 20 % de production d’électricité assurés par l’énergie nucléaire.

L’atome devrait croître dans ce cadre de 5.000 MW d’ici à 2020. Cinq nouveaux réacteurs nucléaires sont actuellement en cours de construction et certains chantiers ayant récemment accumulé du retard devraient être achevés dans les années à venir (centrale nucléaire de Vogtle en Géorgie, centrale de Virgil C. Summer en Caroline du Sud…).

Une durée d’exploitation étendue à 80 ans ?

Cela étant et compte tenu de l’âge moyen des centrales américaines, ces nouveaux moyens de production électronucléaire pourraient ne pas suffire. Les États-Unis ont débuté le développement de leur parc nucléaire dans les années 60-70, octroyant des licences d’exploitation pour une durée de 40 ans, avec possibilité de reconduction de 20 ans. Or, 81 des 99 réacteurs évoqués ont déjà obtenu le droit de poursuivre leur exploitation jusqu’à 60 ans, et pourraient bénéficier d’une nouvelle période supplémentaire.

En discussion jusqu’en février, un document de la NRC, rendu public le mardi 12 janvier dernier, prévoit en effet d’étendre la durée d’exploitation des réacteurs de 60 à 80 ans. Dans de telles conditions, des réacteurs des années 70 seront toujours exploités en 2050. Un projet réaliste compte tenu de l’évolution des besoins énergétiques américains mais qui devra répondre à de nombreuses exigences en terme de sûreté des installations.

Crédits photo : ChNPP

Rédigé par : livingston-thomas

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COMMENTAIRES

  • Sauf que, malgré l’extension de leur licence d’exploitation jusqu’à 60 ans, plusieurs réacteurs nucléaires américains ont déjà dû fermer boutique avant d’atteindre leurs 40 ans.

    Soit pour des raisons économiques (coûts de production trop élevés), soit pour des raisons techniques.

    En pratique, aucun réacteur nucléaire dans le monde ne pourra atteindre les 60 ans de service. Le reste n’est que discours sur la comète.

    En Suède aussi on ferme des réacteurs nucléaires plus tôt que prévu : pas compétitifs.

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    • “Soit pour des raisons économiques (coûts de production trop élevés), soit pour des raisons techniques.”

      Pourriez vous nous donner la liste des raisons techniques et des réacteurs incriminés SVP ?

      Il est clair qu’aux USA, les raisons sont SURTOUT, économique face aux hyrrocarbures non conventionnels, dits de schistes en france.

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  • Bonjour,

    Je rajouterai qu’aucun reacteur AU MONDE n’a jamais depasse 47 ans de fonctionnement.
    Alors pourquoi ne pas rallonger à 100 ans la durée d’utilisation, voir 200 ans !!!

    Cdt

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    • Et alors ?

      Est-ce parce que le réacteur ne le pouvait pas ? Ou bien est-ce parce que l’exploitant a décidé de l’arrêter pour une autre raison que la limite technique ??? De quel réacteur s’agit-il au fait ? Avez vous un lien a son propos ?

      Ce qui compte c’est la qualité de l’acier de la cuve en premier lieu et de tout le circuit primaire en second. Mais hors de la cuve qui ne peut être remplacé, le reste le peut. Donc si les analyses de cuves et de mise en pression très haute sont concluants par leur sureté, il n’y a pas de raisons de les arrêter ou de ne pas continuer de les exploiter. Sauf a vouloir créer encore plus de déchets dans un temps encore plus rapide et priver d’électricité des millions de personnes qui ne pourront plus se la payer a cause des prix ou a cause de son intermittente disponibilité.

      Du fait que la cuve ne pourra être que réduite en volume, et pas réutilisée dans d’autres applications que les applications nucléaires (a cause de l’activation radio-induite des impuretés dans l’acier), il est tout de même préférable de les utiliser et donc exploiter jusqu’au maximum de ce que permet lexploitation en toute sécurité.
      Seules les analyses techno-scientifiques pourront déterminer si ces réacteurs peuvent continuer ou pas de fonctionner.

      Toute le reste des arguments ne sont pas rationnels. Parmi ces arguments, bcp en font des chevaux de Troie clientélistes pour la politique, et d’autres pour l’idéologie.

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