Comment Tahiti produit de l'électricité verte grâce à son eau potable - L'EnerGeek

Comment Tahiti produit de l’électricité verte grâce à son eau potable

turbines_vaimaramaQuelques mois avant d’être imitée par la ville de Portland, aux États-Unis, l’île de Tahiti déployait sur son territoire un dispositif hydraulique fonctionnant à la manière d’un moulin à eau, capable de produire de l’électricité renouvelable grâce à son réseau d’eau potable. Une innovation unique au monde, que cette île de la Polynésie française a développé pour renforcer l’utilisation des énergies vertes et tendre vers son indépendance énergétique.

Tout comme la Réunion, la Guadeloupe et la Martinique, la Polynésie française est une zone insulaire non reliée au réseau électrique métropolitain. Elle dépend donc à 72% de ressources polluantes (pétrole, charbon…) pour assurer son alimentation en électricité. Afin de tendre de manière respectueuse de l’environnement vers son indépendance énergétique, et de réduire l’utilisation des combustibles fossiles importés, Tahiti compte porter la part des énergies renouvelables à 50% de son mix électrique d’ici 2020.

 

Un dispositif renouvelable unique au monde

C’est le 20 novembre 2014 que la Polynésienne des Eaux et la ville de Papeete, située sur l’île de Tahiti, ont inauguré l’ensemble hydroélectrique de Vaimarama. Ce dispositif se compose de 2 micro-turbines hydrauliques de type “pompe inversée” d’une puissance de 30 et de 11 kW, capables de produire une électricité 100% renouvelable uniquement grâce à la force des mouvements de l’eau.

Le dispositif Vaimarama a toutefois constitué une véritable première mondiale : ses micro-turbines ont été déployées non pas sur un court d’eau ou en aval d’une retenue, mais dans les tuyaux du système de distribution d’eau potable de la vallée de Titioro. Concrètement, c’est le débit de l’eau potable parcourant ce réseau qui actionne de toutes petites turbines et permet de générer de l’électricité.

 

Vers un mix électrique plus respectueux de l’environnement

Grâce à une hauteur de chute de 51 mètres, les deux turbines de Vaimarama seront actionnées par des débits d’eau de 225m3/h (pour la turbine de 30 kW) et de 205 m3/h (pour la turbine de 11 kW). De quoi produire annuellement près de 95.000 kWh d’électricité, et ainsi couvrir la consommation électrique de 35 foyers de cette île située dans le Sud de l’océan Pacifique.

L’installation de Vaimarama, développée dans le cadre de la loi de décembre 2013 qui vise à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix de l’archipel polynésien, a nécessité un investissement total de 20 millions de francs pacifiques (près de 170.000 euros). Une subvention de l’Ademe a permis d’apporter 23% de cette somme.

VAIMARAMA-micro-turbine

Crédit photo : La Polynésienne des Eaux

Rédigé par : guy-belcourt

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COMMENTAIRES

  • Il y a quelque chose que je n’arrive pas à comprendre.

    Si on met de petite turbines qui produisent au passage de l’eau, l’eau en question v donc perdre de l’énergie et donc en pression au bout du robinet.
    Or, on fait généralement monter l’eau pour qu’elle redescende avec de la pression.
    Donc au lieu de récupérer de l’énergie que l’on aura utilisée pour mettre l’eau en hauteur, ne serait-il pas mieux de faire monter cette eau moins haut ?

    Bon du coup, si l’eau est montée grâce à des éoliennes et que cela sert de stockage, ça peut davantage se tenir. 🙂

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  • Si l’eau est prise plus eau dans une montagne on utilise habituellement un détendeur(énergie perdue) on remplace le détendeur par une turbine qui va récupérer l’énergie. On peu utiliser par exemple une turbine Pelton. La quantité d’énergie généré correspond a la hauteur x débit avec le faible débit d’un tuyau d’eau mais avec une bonne hauteur on récupère pas mal d’énergie. Ce type d’installation est intéressante car les machines sont relativement petite au vu de la quantité d’eau utilisé.

    Répondre
  • 170 000 euros les 41 kWh ça fait 4146 euros le kw installé !
    C’est bien plus que le coût de panneaux photovoltaïques ou d’eoliennr ou de centrale pico hydroélectrique pour une puissance équivalente !
    C’est de la gabegie d’argent public pure et dure !

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