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L’accord Alstom-GE garantit-il la souveraineté nucléaire de la France ?

GE_Alstom_souveraineté_nucléaireAlors que le dossier Alstom monopolisait l’actualité économique depuis déjà plusieurs mois, le gouvernement s’est finalement prononcé en faveur d’une alliance entre la société française Alstom spécialisée dans l’énergie et les transports et le conglomérat américano-canadien General Electric. Un accord validé par les deux parties le samedi 21 juin dernier et qui garantit pleinement selon le gouvernement, l’indépendance énergétique de la France.

 

[stextbox id=”info”]Les conditions de l’accord Alstom – GE[/stextbox]

Au lendemain d’un accord qui met fin à plusieurs mois d’âpres négociations entre Alstom, l’américain General Electric et l’Etat français, le PDG d’Alstom Patrick Kron se félicitait de cette nouvelle alliance. Votée à l’unanimité par le Conseil d’administration du groupe industriel français, le gouvernement a en effet validé l’offre de General Electric pour le rachat de la branche énergie du groupe Alstom pour un prix ferme de 12,35 milliards d’euros.

Cette branche énergie comprend notamment les secteurs Thermal Power (Energies Thermiques), Renewables (Énergies Renouvelables), Grid (Réseaux), ainsi que les services centraux et partagés auxquels s’ajouteront prochainement la création de trois co-entreprises à parité dans les turbines à vapeur, les réseaux et les énergies renouvelables.

En échange, GE s’est engagé à céder à Alstom son activité de signalisation ferroviaire et de favoriser la création de plus de 1000 emplois dans le secteur de l’énergie. Un engagement cher à l’Etat qui négociait parallèlement les conditions du rachat de 20% du capital d’Alstom à Bouygues, principal actionnaire de l’équipementier français, afin d’entrer  au capital du groupe. Il était également prévu que le gouvernement obtienne des droits de vote au conseil d’administration d’Alstom et cela même avant sa prise de participation au capital.

En outre, comme l’affirme, Patrick Kron, président du groupe Alstom, la “décision de l’Etat d’entrer au capital d’Alstom” ne constitue en rien une nationalisation déguisée mais répond simplement à une réelle volonté de préserver dans le cadre de cette alliance, “la souveraineté de la France dans le domaine du nucléaire”. Un point considéré comme indispensable par le ministre de l’Economie et qui constituait une des conditions préalables à toutes négociations.

[stextbox id=”info”]Un droit de veto étatique, garant de l’indépendance nucléaire française[/stextbox]

« Il en va de la souveraineté. Nous avons demandé à General Electric de laisser en France ce qui nous permet de garder notre indépendance énergétique. » répétait le ministre de l’Economie au lendemain de l’accord conclu entre les deux industriels.

En effet, et notamment parce que l’exploitation de l’énergie nucléaire représente aujourd’hui plus de 75 % de la production d’électricité en France, Arnaud Montebourg avait exigé de la part des futurs repreneurs possibles (GE et Siemens), de lui assurer la sauvegarde de l’indépendance nucléaire française mise en jeu dans ce dossier. Car si Alstom ne produit pas à proprement parlé d’énergie nucléaire, il est à ce jour le premier fournisseur d’EDF en turbines à vapeur, équipements convertisseurs d’énergie indispensables aux 58 réacteurs composant notre parc nucléaire.

Dans ce cadre et pour garantir la production française de ces équipements, l’accord entre Alstom et GE prévoit la création d’une joint venture  gérée pour moitié par GE et pour moitié par Alstom et accorde à l’Etat français un droit de veto concernant tout les décisions relevant de la filière nucléaire.

Le gouvernement qui siégera de ce fait au conseil d’administration de la société française, bénéficiera donc de prérogatives particulières, à savoir, d’un droit de veto et de droits de gouvernance concernant “la sécurité et les technologies liées à l’énergie nucléaire”. Un dispositif validé par le groupe américain Général Electric et qui ne fait par conséquent courir aucun risque à la souveraineté nucléaire française.

Comme le confirme Patrick Kron, “le maintien de la souveraineté française dans le domaine du nucléaire, même si nous n’intervenons pas sur les réacteurs eux-mêmes, mais sur les turbines, était essentiel. Cet accord donne pleinement confiance. Il s’agit d’assurer la maintenance et la modernisation du parc et d’assurer les exportations”.

Crédits photo : Alstom

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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