Pourquoi l’Algérie doit-t-elle redéfinir son mix énergétique ? - L'EnerGeek

Pourquoi l’Algérie doit-t-elle redéfinir son mix énergétique ?

Agérie_énergie_renouvelableSelon le ministère de l’énergie, la consommation énergétique de l’Algérie aurait atteint les 40 milliards de dollars en 2013, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2030 au regard  de l’augmentation significative et constante de la demande nationale en énergie. Face à cette évolution et à la diminution conjuguée de ses ressources en énergies fossiles, le gouvernement algérien se voit dans l’obligation de diversifier son mix énergétique et d’encourager le développement des énergies renouvelables.

La nécessité d’une diversification du mix énergétique

Si l’Algérie a pu compter ces dernières décennies sur ses larges ressources en pétrole et en gaz pour subvenir à ses besoins énergétiques, l’exploitation de ces hydrocarbures ne cesse de diminuer et ne pourra vraisemblablement pas absorber la hausse régulière de la consommation énergétique algérienne. Comme l’a déclaré Youcef Yousfi, Premier ministre par intérim et ministre de l’Énergie et des Mines algérien, « nous avons consommé en 2013 l’équivalent de 55 millions de tonnes équivalent pétrole (tep), dont la valeur se situe entre 35 et 40 milliards de dollars. En 2030 avec le taux de croissance enregistré ces dernières années nous allons plus que doubler notre consommation ».

Et en effet, si la consommation d’énergie poursuit sa progression de 7 % par an, comme cela a été le cas ces dernières années, la facture énergétique du pays pourrait atteindre les 80 milliards de dollars en 2030 pour une consommation nationale de 100 millions de Tep. Des chiffres inquiétants lorsque l’on sait que l’économie algérienne repose essentiellement sur la rente pétrolière et gazière et que les productions en question sont en baisse constante.

Les réserves en hydrocarbures du pays assurent encore aujourd’hui 98 % de ses exportations, 70 % de ses recettes fiscales et 40 % de son PIB mais dans le même temps, les extractions de pétrole ont baissé de 16% depuis 2007 et celles de gaz de 7,5% depuis 2005. A ce rythme, le troisième producteur du continent africain ne pourrait bientôt plus être en capacité d’assurer des productions équivalentes à l’exportation.

M. Yousfi se veut toutefois rassurant et affirme que la sécurité énergétique du pays à long terme sera préservée. L’Algérie a ainsi entamé une transition énergétique progressive en favorisant le développement des énergies renouvelables, l’économie de l’énergie et l’optimisation des énergies fossiles.

Un programme en faveur des énergies renouvelables

Dans ce cadre, un programme de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique a été mis en place depuis 2011 avec pour objectif de produire 12 000 MW d’électricité renouvelable et de parvenir à 40% de la production d’électricité destinée à la consommation nationale d’origine renouvelable d’ici 2030. Cette production serait d’origine solaire pour 37 %, et éolienne pour 3 %.

Ajouté à cela, le ministre a également annoncé l’instauration de tarifs d’achat garantis pour l’électricité d’origine photovoltaïque et éolienne sur une durée de vingt ans. Selon les conditions fixées par un arrêté ministériel du 23 avril dernier, les producteurs bénéficieront d’un tarif d’achat unique pour les cinq premières années, tarif qui sera par la suite réajusté en fonction du potentiel réel du site et des quantités d’énergie renouvelable produites.

Parallèlement à ce programme national de développement des énergies renouvelables, l’Algérie qui possède des réserves d’uranium non négligeables, devrait aussi s’orienter vers la production d’origine nucléaire.

Mais si la nécessité de ces mesures ne fait aucun doute, leur portée restera toutefois limitée et pourrait s’avérer insuffisante. En effet, comme l’a précisé M. Youcef Yousfi, « quels que soient les efforts que nous allons faire dans dix ou quinze ans, nous ne pourrons avoir au mieux que 30% de notre consommation en électricité à partir des énergies renouvelables. Pour l’énergie nucléaire, nous aurons peut-être notre première centrale à partir de 2025 ou 2030, faible en matière de capacité, mais avec de nouveaux réacteurs beaucoup plus sûrs et consommant moins d’eau ».

Autre piste étudiée, le gaz de schiste aurait déjà séduit le gouvernement algérien qui annonçait en septembre dernier,  sa volonté de mettre en place dans un avenir proche des projets d’exploration. Selon le Département américain de l’Énergie, l’Algérie serait au 3ème rang mondial des réserves récupérables de gaz de schiste avec 19 800 milliards de m3.

Crédits photo : Matthew Hickey

Rédigé par : La Rédaction

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