Le froid du Québec et les éoliennes ne font pas toujours bon ménage - L'EnerGeek

Le froid du Québec et les éoliennes ne font pas toujours bon ménage

eolienne_quebec_photo_FuretgrisLa vague de froid particulièrement rude qui touche depuis le début de l’année la côte Atlantique nord-américaine, n’a de cesse de mettre en difficulté le réseau électrique d’Hydro-Québec, société d’Etat québécoise en charge de la production, du transport et de la distribution de l’électricité. Alors que des coupures de courant privent ponctuellement d’électricité certains foyers de la Belle Province, Hydro-Québec déplore le manque de soutien de son réseau éolien.

Majoritairement située le long du Saint Laurent, fleuve canadien qui relie les Grands Lacs (sud-ouest du Québec) à l’Océan Atlantique (nord-est), les 13 parcs éoliens québécois affichaient une puissance cumulée totale de 1,348 MW fin 2012. Si le mix électrique de la Belle Province est largement dominé par l’énergie hydraulique, les fortes ressources en vent font de l’énergie éolienne un secteur ayant de l’avenir : le 18 décembre dernier, le gouvernement du Québec a lancé un appel d’offre portant sur 450 MW de puissance éolienne.

[stextbox id=”info”]Des températures record, un réseau qui peine[/stextbox]

Jeudi 2 janvier, alors que les températures flirtaient avec des records historiques, Hydro-Québec a mobilisé une puissance de 38.750 MW pour soutenir son réseau électrique, fortement sollicité par des clients transis par le froid. Mais à l’heure où la demande en électricité atteignait des sommets, seule une faible puissance du réseau éolien d’Hydro-Québec a pu être mobilisée pour soutenir la production d’électricité.

“L’énergie éolienne n’était pas au rendez-vous tel que prévu, et ce, pour deux raisons : certains parcs étaient fermés en raison du froid, et il n’y avait pas de vent dans d’autres secteurs”, a expliqué aux journalistes du quotidien québécois La Presse, Louis-Olivier Batty, porte-parole d’Hydro-Québec.

Sur une puissance potentielle de 2.000 MW, seule une part de 300 MW de puissance éolienne a servi à alimenter le réseau électrique national. Forçant Hydro-Québec à importer de l’électricité de son voisin canadien (Ontario) et américain (New York) à hauteur de 2.000 MW. La facture risque d’être salée pour l’énergéticien québécois, en raison de la forte demande en électricité de la part de la majorité des collectivités locales et régionales.

[stextbox id=”info”]Un rendement mis à mal par de longues périodes de froid[/stextbox]

Ce faux bond de la part des turbines québécoises peut étonner. En effet, en raison des forts vents qui accompagnent les dépressions hivernales, les éoliennes sont réputées pour être efficace même par temps froid. Les spécialistes du secteur de l’énergie reconnaissent même que la production des fermes éoliennes pendant la saison hivernale est généralement plus élevée que leur moyenne annuelle.

Toutefois, comme l’explique Jean-François Blain, analyste indépendant du secteur de l’énergie, les éoliennes aiment le froid mais pas sur de longues périodes. “Si le froid persiste pendant plusieurs jours, comme ce qu’on vient de voir, et qu’il y a des nuits entières où il n’y a presque pas de vent, mais qu’il fait -28 ou -30°C, la contribution des pales éoliennes est à ce moment-là quasiment nulle”.

En théorie, le Québec, doté d’une très grande puissance hydroélectrique, pourrait se passer d’éoliennes. Mais si Hydro-Québec ne manque pas de ressources pour faire face aux pics de consommation, certaines spécificités législatives québécoises conditionnent la part d’électricité destinée au marché intérieur et la part qui doit être exportée sur les marchés extérieurs. Une fois que le volume d’électricité destiné au marché québécois est consommé, Hydro-Québec n’a d’autre choix que de se fournir à prix coûteux auprès des marchés voisins. Comme ce fut le cas ces derniers jours.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Plusieurs informations erronées ont circulé au cours des derniers jours sur la performance des éoliennes par temps froid.

    En tant que centre de ressource technique et scientifique dans le domaine éolien, le TechnoCentre éolien se doit de rectifier certaines informations.

    Lors de la vague de froid de janvier 2013, les parcs éoliens québécois ont fonctionné à plein régime pendant plusieurs jours malgré des températures oscillant sous les -25 degrés Celsius. En fait, la production des éoliennes de notre site de recherche situé à Gaspé a été presque deux fois plus élevée que notre moyenne annuelle lors de cette période ainsi qu’au début janvier 2014. Nos données démontrent que les épisodes de grands froids ont toujours donné lieu à des productions maximales à chaque année depuis notre mise en service.

    La période hivernale est d’ailleurs la saison forte pour les parcs éoliens. Les éoliennes produisent davantage de novembre à avril en raison des forts vents de l’hiver et de la plus grande densité de l’air froid.

    En fait, nous avons assisté au cours des derniers jours à une conjoncture d’événements météorologiques plutôt exceptionnelle où des températures très froides (par exemple, en-dessous de -30 °C) ont été enregistrées, combinées à des vents légers dans plusieurs secteurs du Québec. Précisons que l’atteinte de telles températures dans les régions où sont installés les parcs éoliens est rare. Par exemple, selon les données d’Environnement Canada à Gaspé de telles occurrences sont survenues 1,6 heure/année en moyenne au cours des trente dernières années.

    Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En effet, il arrive que les barrages hydroélectriques soient affectés par des sécheresses estivales ou qu’on doive fermer des routes en raison des conditions météorologiques difficiles et on ne remet pas en question la pertinence de ces infrastructures pour autant. Pourquoi en serait-il autrement avec les parcs éoliens?

    Il est faux de prétendre qu’il vente moins lors de vagues de froid ou que les éoliennes sont affectées lorsque les basses températures perdurent. Les éoliennes installées au Québec respectent les normes de fiabilité et robustesse édictées par Hydro-Québec. Les grands opérateurs de réseaux électriques tel qu’Hydro-Québec sont outillés pour gérer les fluctuations de la production, tout comme celles de la consommation électrique, qui sont aussi variables l’une que l’autre.

    Si seulement une partie de la production des éoliennes du Québec ont alimenté le réseau d’Hydro-Québec en ce début d’année, cela est attribuable à de multiples raisons allant de la disponibilité du réseau électrique jusqu’aux phénomènes météorologiques propres à chaque site. Il est erroné et fallacieux de vouloir résumer la situation à des généralisations mal informées.

    Frédéric Côté
    Directeur général
    TechnoCentre éolien

    Le TechnoCentre éolien est un centre de recherche et de transfert technologique spécialisé dans l’étude de la production d’énergie éolienne en climat froid.

    Répondre
    • Faux débat M. Côté,

      Qu’il vente ou non les éoliennes de grande puissance sont inutiles, dérangeantes, non fiables et obsolètes. La seule motivation permettant ces implantations provient du pouvoir des grands consortiums internationaux qui y voient une garantie de profits mirobolants à partir de la poche des consommateurs d’électricité. Aucune étude scientifique ou environnementale ne justifie l’éolien.
      Vous êtes l’un des premiers à profiter de cette situation de subventionnement sans précédent, en fait un des pires scandales financiers et économique de ce siècle.
      Non seulement êtes-vous en total conflit d’intérêt pour défendre l’éolien qui vous fait vivre mais vous devriez avoir honte de vendre votre salade indigeste.
      Si j’étais au gouvernement le Techno Centre éolien serait le premier à être émondé, dans le plus grand intérêt de la province.

      Répondre
      • Bonjour M. Charron

        J’aime l’optimisme de votre discours.
        Je me demande cependant en quoi ces éoliennes vous semblent obsolètes.
        Tout d’abord, qu’appelle -t- une installation obsolète ?
        Quelque chose qui n’est pas aussi efficace d’un point de vu dollars/MWh que les énergie fossiles ? Dans ce cas, effectivement elles sont obsolètes (mais vous conviendrez de l’idiotie de cette réflexion).
        Quelque chose qui serait moins efficace que les autres énergies renouvelables ?
        Pouvez-vous proposer mieux ?

        Subventionner une énergie renouvelable aujourd’hui est un investissement pour demain. Ne rien faire aujourd’hui la rendra plus cher demain. Et de toute manière, il n’y a pas moins cher aujourd’hui que les fossiles donc forcément, le reste est plus cher.

        Enfin, si vous étiez au gouvernement, vous enterriez des millions de vies pour votre simple intérêt, mais heureusement, vous n’êtes pas au gouvernement 😉

        Cordialement,
        AG

        Répondre
  • En tant que français, je ne connais pas extrêmement bien le climat québecois, mais il n’est oas rare de voir les partisans des éoliennes mélanger le fait que les éoliennes produisent plus en hiver avec l’affirmation comme quoi elle produirait plus quand il fait froid. Pour que leur production soit utile, il faut qu’elle survienne précisément au moment où il fait froid et pas que ce soit juste une moyenne générale pendant l’hiver. Sur les données françaises , il n’y a en fait aucune corrélation de ce type. En moyenne les éoliennes produisent plus, mais c’est essentiellement lié aux épisodes de tempêtes plus fréquents en hiver, qui ne sont pas les moments où se produisent les records de froid. Avec la configuration québécoise, cependant c’est peut-être plus facilement utile : si les éoliennes ont produit 5 jours avant la vague de froid, c’est autant d´électricité hydraulique de plus disponible le jour de la vague de froid.
    Quoi qu’il en soit, même là où la corrélation est bonne, elle ne peut jamais être parfaite, donc de toute façon des moyens de secours doivent être prévus pour le cas où les éoliennes ne produiraient pas. Servant très peu souvent, il reviendront extrêmement cher, et ce surcoût est à comptabiliser dans le coût réel des éoliennes. En Ontario, le nucléaire lui est disponible de manière extrêmement fiable l’hiver. Sans polluer l’air de la même manière que les centrales charbons.

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