Pourquoi le Commissariat à l’énergie atomique commande-t-il 4.000 cocottes-minute ?

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cocotte_minute_photo_LB&Roberto_SenaÉtonnant. Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a diffusé sur internet un appel d’offres à destination du Centre de recherche de Valduc (Côte-d’Or) portant sur la livraison de « 4.000 autocuiseurs en acier inoxydable destinés au transport de matériaux sensibles ».

 

Si cette annonce a pu surprendre les détracteurs du nucléaire, qui s’inquiètent que des matériaux tels que le plutonium puissent être transportés dans de simples cocottes-minute, ce genre d’opération, validé par l’Autorité de sûreté nucléaire, n’est pas nouveau. Un délégué syndical de SEB a affirmé que la marque a « déjà vendu plusieurs milliers de cocottes-minute à l’industrie nucléaire française ».

 

Du côté du CEA, on a voulu se montrer rassurant. François Bugaut, le directeur du site de Valduc où sont conçues et fabriquées les têtes nucléaires de l’arsenal militaire français, a déclaré que « la cocotte-minute est l’objet qui offre le meilleur rapport qualité-prix ». « On peut fabriquer des contenants de radioprotection, ajoute-t-il, mais qui coûteront une fortune, et qui ne seront pas mieux que l’autocuiseur qu’on trouve dans le commerce ».

 

Une telle annonce, rendue publique, en a surpris plus d’un dans la mesure où le CEA fait habituellement preuve de discrétion sur les activités du site de Valduc, classé secret-défense. Un porte-parole du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (CEDRA) s’étonne du fait qu’ « on nous présente Valduc comme un site high-tech, on n’imagine pas un site comme ça chercher de vulgaires cocottes-minute… Donc la question, c’est pour quoi faire ? »

 

Pointilleux, le CEA a annoncé dans son appel d’offres rechercher des cocottes spacieuses, dotées d’une fermeture solide et d’une résistance optimale aux chutes. La présidente du Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire a jugé la manœuvre « crédible mais risquée », en précisant qu’ « il faut que cela soit rangé correctement, de façon à ce qu’il n’y ait pas de possibilité d’amorce d’une réaction de criticité. Quand vous deux masses critiques qui se rapprochent l’une de l’autre, vous pouvez avoir une explosion nucléaire ».

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