Charbon : pourquoi la consommation a-t-elle augmenté ? - L'EnerGeek

Charbon : pourquoi la consommation a-t-elle augmenté ?

Le parc thermique français est en cours de modernisation : des installations plus propres, au meilleur rendement et utilisant notamment du gaz naturel comme combustible remplacent progressivement les plus anciennes centrales au charbon. Pourtant cet hiver la consommation du charbon pour produire de l’électricité a sensiblement augmenté en France et en Europe. Explications. 

En France, où la part du thermique dans le mix électrique reste faible (8,8% en 2012) et est surtout destinée à assurer l’équilibre électrique entre offre et demande, les centrales à charbon ont fourni 44% d’électricité de plus au cours des 8 premiers mois de 2012 que lors des 8 premiers mois de l’année précédente. La hausse est du même ordre de grandeur en Grande-Bretagne (+43% sur l’année 2012).

Le constat est encore plus cinglant en Allemagne : le pays produisait déjà 42% de son électricité à partir du charbon en 2010. En 2012, 52%de l’électricité allemande a été produite à partir du charbon.

Alors pourquoi les énergéticiens européens se tournent-ils vers le charbon, l’une des sources d’énergie les moins respectueuses de l’environnement ? Tout simplement parce qu’il est très bon marché.

[stextbox id=”info”]Le charbon moins cher… en raison du gaz de schiste américain [/stextbox]

Grâce à la manne du gaz de schiste dont l’exploitation est en hausse aux États-Unis,  les américains disposent d’un autre combustible bon marché.

Par conséquent, ils n’ont plus besoin de leur production domestique de charbon pour faire tourner leur parc thermique, et l’exportent donc massivement, notamment à destination de l’Europe. Les États-Unis sont même devenus le premier exportateur mondial de charbon.

En raison de cette surabondance de combustible sur les marchés (rappelons que la production mondiale de charbon est en très forte hausse depuis le début des années 2000), le cours du charbon s’est écroulé en Europe et en Asie. Indexé sur celui de pétrole, le prix du gaz naturel, est au contraire actuellement en hausse.

[stextbox id=”info”]En Allemagne, une transition énergétique au charbon[/stextbox]

Cela peut paraître contradictoire, mais depuis l’annonce de la sortie du nucléaire allemande et la mise à l’arrêt de 8 réacteurs, l’atome est davantage remplacé par le charbon que par les énergies renouvelables outre-Rhin.

Environ 60% de l’électricité allemande est actuellement produite à partir de centrales thermiques.

Les énergéticiens allemands se sont reportés vers le charbon bon marché pour fournir leurs clients en électricité, car la mise en service et le raccordement des installations renouvelables ont pris du retard.

Les projets de raccordement des parcs éoliens du nord du pays vers les régions consommatrices du sud font par exemple face à de nombreuses difficultés techniques et financières.

En partie en raison de ces imprévus, le coût de la facture énergétique allemande a explosé : le ministre allemand de l’Environnement l’a estimé à 1.000 milliards, contre les 300 milliards annoncés dans un premier temps. Face à cette explosion du coût, il suggère même de faire machine arrière pour alléger la facture : il a proposé une réduction des aides aux renouvelables de 300 milliards d’euros.

En attendant les centrales à charbon tournent à plein régime outre-Rhin. Un mix électrique fortement carboné qui a suscité une critique de Delphine Batho sur la transition énergétique à l’allemande : « ce n’est pas le sens de l’histoire » a jugé la ministre de l’Environnement du Développement Durable et de l’Energie.

 

 

 

Rédigé par : jacques-mirat

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COMMENTAIRES

  • Un sérieux manque de rigueur journalistique.

    Au lieu de citer un chiffre totalement faux (avec un lien), provenant de l’industrie nucléaire française (conseiller Areva), à propos de la proportion de charbon dans l’électricité allemande, vous devriez vous informer à la source.

    Alors, voici les chiffres exacts, avec citation de leur source :

    http://energeia.voila.net/electri/allemagne_nucle_renouv.htm

    En 2010, avant l’arrêt de huit réacteurs nucléaires, le charbon (noir) et le lignite (charbon brun) ont fourni 262,9 TWh sur un total de 628,6 TWh (41,8%).

    En 2012, c’était 276,0 TWh sur un total de 617,0 TWh (44,7%). Mais le gaz a diminué de 16,8 TWh. Le solde exportateur a augmenté de 5,3 TWh.

    En deux ans, les énergies renouvelables ont augmenté de 31,7 TWh alors que le nucléaire diminuait de 41,6 TWh.

    En 2000, on avait 291,4 TWh de charbon et lignite sur une production totale de 576,6 TWh (50,5%).

    D’autre part, la production mondiale d’électricité nucléaire est en déclin entre 2010 et 2011, encore plus pour 2012.

    Répondre
  • C’est vrai que cette valeur de 52% n’est pas étayée par une source.

    Ce qui est important, c’est de comparer le % d’énergie fossile dans le mix. En allemagne, en 2010, 56,9% de l’électricité est produite via un combustible fossile. En 2012, c’est 57,7%.

    Par contre vous y allez un peu fort sur votre dernière phrase : “D’autre part, la production mondiale d’électricité nucléaire est en déclin entre 2010 et 2011, encore plus pour 2012”. C’est un déclin assez relatif si vous prenez les chiffres ci-dessous :
    Production en TWh en 2000 : 2540 TWh
    Production en TWh en 2010 : 2558 TWh
    Production en TWh en 2011 : 2518 TWh

    On voit que c’est relativement stable depuis 10 ans.

    Répondre
  • @Réaliste,
    La baisse du nucléaire en 2011 est due à Fukushima mais il y a eu une hausse entre 2009 et 2010, qu’évidemment l’escrologiste de service “oublie” de mentionner.
    Quant à la production de 2012, l’AIEA ne l’a pas encore compilée, donc la “baisse encore plus” par rapport à 2011, il l’a sortie du chapeau. Vu les tranches qui ont été ajoutée en 2012, notamment en Chine, ce n’est pas même sûr qu’il y aura une baisse en 2012. De toute façon, avec tout ce qui a été construit et qui se construit actuellement (même les USA ont 3 réacteurs en construction, la Chine va connecter au réseau 4 à 6 réacteurs rien qu’en 2013), plus le redémarrage des réacteurs japonais, il est certain que la production nucléaire globale va augmenter dans les prochaines années, il n’y a qu’à voir les estimations de l’AIEA ou de l’EIA.

    Mais notre petit propagandiste vert a pu pondre son factoid sélectif pour insinuer perfidement que le nucléaire serait en déclin, et c’est tout ce qui compte pour lui. Mentir et encore mentir, c’est tout ce qui reste aux escrologistes du renouvelable.
    Qu’est ce qui est pire qu’un propagandiste de la nucléocratie française, un propagandiste vert de l’escrologisme mondialisé.

    Répondre
  • Les propos insultants du minitaxidermiste des énergies du passé ne changent rien à la réalité.

    A part un petit sursaut en 2010 avec 2.630 TWh, la production d’électricité nucléaire n’a cessé de baisser entre 2006 (2.660 TWh) et 2011 (2.520 TWh). Voir le lien.

    En 2012, le nucléaire a produit entre 2.350 et 2.400 TWh, les chiffres étant provisoires pour certains pays.

    Cela représente entre 11% et 11,5% de la production totale d’électricité en 2012.

    C’est bien le déclin du nucléaire qui continue.

    A côté de cela, les réacteurs ne sont pas près de redémarrer au Japon, et pas tous. Des réacteurs sont aussi supprimés : au moins 3 en 2011, déjà 2 en 2012 dont un aux USA.

    Pour les réacteurs en construction aux USA, l’un d’eux l’est depuis 1972 (41 ans) et ne sera pas fini avant 2015. Les deux autres
    pas avant 2018.

    Ensuite, pour les estimations de l’agence de l’énergie atomique, il suffit de comparer celles du passé avec la réalité pour comprendre que ce n’est pas une source fiable.

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