Nucléaire : les rejets, leur surveillance et la réglementation - L'EnerGeek

Nucléaire : les rejets, leur surveillance et la réglementation

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L’activité nucléaire civile, comme la plupart des activités industrielles, génère une production d’eaux usées. Ces effluents peuvent contenir des résidus radioactifs et des résidus chimiques. Soumis à une réglementation stricte, les rejets des effluents dans l’environnement sont sous surveillance permanente des équipes des centrales et sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Les rejets radioactifs liquides des centrales nucléaires françaises ont été divisés par 4 entre 1999 et 2011.

Les éléments radioactifs

Les effluents radioactifs liquides proviennent du circuit primaire et des circuits annexes. La totalité des effluents est collectée pour être traitée. Ce traitement permet de retenir l’essentiel de la radioactivité. Les effluents sont ensuite analysés dans des réservoirs d’entreposage avant d’être rejetés.

Les rejets radioactifs liquides ont été divisés par 4 entre 1999 et 2011 et sont donc largement en dessous des limites réglementaires.

Certains effluents radioactifs sont rejetés sous forme gazeuse. Ils proviennent des circuits et des systèmes de ventilation situés dans la partie nucléaire d’une centrale.

Les effluents radioactifs gazeux sont entreposés au moins un mois dans des réservoirs de contrôle où leur radioactivité décroît naturellement avec le temps.

Avant leur rejet via une cheminée spécifique, ces effluents sont traités par filtration. EDF rappelle que l’exposition du milieu naturel à ces rejets radioactifs est plus de 100 fois inférieure à la limite réglementaire pour le public qui est de 1 mSv/an.

Les différents résidus radioactifs : le tritium (élément issu de l’hydrogène, son énergie et sa toxicité sont très faible), le carbone 14 (produit par l’activation de l’oxygène contenu dans l’eau du circuit primaire), les iodes (issus de la fission du combustible nucléaire), les gaz rares (xénon et krypton sont issus de la fission nucléaire, ces gaz dits « inertes » sont naturellement présents dans l’air à très faible concentration : ils ne réagissent pas entre eux et n’interfèrent pas avec les tissus vivants : végétaux, animaux, corps humain), les aérosols (fines poussières sur lesquelles peuvent se fixer des radioéléments).

Les rejets chimiques

Les effluents chimiques non radioactifs proviennent des produits de traitement qui protègent les installations contre la corrosion et de produits de traitement de l’eau. Ils peuvent contenir de faibles résidus métalliques de zinc et de cuivre en raison de l’usure normale des matériaux.

Les différents effluents chimiques non radioactifs : l’acide borique (absorbeur de neutron, il permet de contrôler le taux de fission du combustible nucléaire), la lithine (stabilise le pH de l’au du circuit primaire pour lutter contre la corrosion), l’hydrazine (également utilisé pour prévenir la corrosion, il élimine l’oxygène dissous dans l’eau du circuit primaire et maintien le pH au niveau voulu dans le circuit secondaire), la morpholine (protège aussi contre la corrosion), les phosphates (maintien du pH et protection contre la corrosion), les ions d’ammoniun (issus de ces divers conditionnements). Dans la partie non nucléaire de l’installation, les opérations de déminéralisation engendrent des rejets de sodium, de chlorures…

Les rejets thermiques

L’eau prélevée pour assurer le refroidissement des installations est rejetée (seulement en partie pour les centrales dotées de tours aéroréfrigérantes) dans le milieu naturel (cours d’eau, mer), à une température plus élevée que lors du prélèvement.

En savoir plus sur la gestion de l’eau dans une centrale nucléaire

Des conditions de rejets strictement réglementées

Les volumes, la température et la qualité des eaux prélevées et rejetées sont strictement réglementés.

Les activités des entreprises et des particuliers sont réglementés par une centaine de texte dans le domaine de l’eau.

Les conditions de prélèvements de l’eau et les limites de rejets diffèrent selon les centrales, en fonction des caractéristiques des centrales et de leur environnement.

Les mesures prises

Les exploitant surveillent l’environnement de leurs installations et sont tenus d’en rendre compte aux pouvoirs publics.

Les équipes d’EDF spécialisées dans la surveillance de l’environnement effectuent des mesures en continu de la radioactivité ambiante. Les mesures des poussières atmosphériques, de l’eau, de lait ou de l’herbe autour du site nucléaire sont prises périodiquement (quotidiennement, hebdomadairement, mensuellement)

Les laboratoires de chaque centrale effectuent tous les ans entre 15.000 et 20.000 mesures. Elles sont transmises à l’ASN. L’ASN a mis en place un réseau national de mesure de la radioactivité dans l’environnement. L’ensemble des mesures de la radioactivité réalisées dans l’environnement en France sont à la disposition du public, sur le site Internet du réseau (www.mesureradioactivité.fr).

Par ailleurs, un bilan radioécologique est réalisé par l’exploitant avant la construction de chaque centrale. Cette étude initiale sert de référence pour suivre l’impact du fonctionnement d’une centrale nucléaire sur l’écosystème.

En plus des mesures prises en permanence par l’exploitant, des laboratoires extérieurs réalisent tous les ans une étude radioécologique et hydrobiologique.

Chaque centrale remet un rapport annuel sur la surveillance de l’environnement aux pouvoirs publics et à la Commission locale d’information.

EDF informe le public des résultats de surveillance sur son site Internet, notamment par le biais d’un bilan synthétique des mesures publié chaque mois.

Rédigé par : arthur-leroy

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