Fessenheim, futur démonstrateur de la transition écologique ?

Fessenheim, futur démonstrateur de la transition écologique ?

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Planifiée par l’Etat entre fin 2018 et début 2019 pour correspondre avec l’entrée en service de l’EPR de Flamanville dans la Manche, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ne semble plus faire aucun doute pour le gouvernement qui prépare d’ores et déjà la reconversion du territoire. En visite à Colmar vendredi 13 avril 2018, Sébastien Lecornu, le secrétaire d’Etat du ministère de la Transition écologique et solidaire, a non seulement confirmé l’irréversibilité de la fermeture de la plus ancienne centrale de France, mais également lancé officiellement un nouvel appel d’offres pour le développement de 300 MW d’énergie photovoltaïque dans le Haut-Rhin.

Si la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim en Alsace devrait bien être enclenchée d’ici la fin de l’année, elle aura très certainement de lourdes conséquences sur l’économie locale et entraînera le reclassement de plusieurs milliers de salariés et prestataires. On compte actuellement plus de 2000 emplois directs et indirects concernés par la fermeture de la centrale, dont 900 emplois induits de l’économie locale et 750 salariés de la centrale qui sont des agents d’EDF et qui devront être reclassés.

Un appel d’offres solaire de 300 MW

Pour éviter d’impacter trop lourdement la région, le gouvernement se penche dès aujourd’hui sur différents scénarios de reconversion possibles et prévoit notamment de dynamiser l’économie locale via le développement de projets en lien avec les énergies renouvelables. Sébastien Lecornu a profité de sa venue à Colmar pour participer au comité de pilotage sur la reconversion de la centrale créé en janvier dernier, et annoncé un appels d’offres photovoltaïque destiné au seul département du Haut-Rhin. « Fermer Fessenheim sans en faire un démonstrateur de la transition énergétique n’aurait pas de sens. L’Etat consent à un effort inédit : un appel d’offres dédié et ciblé à l’échelle du département du Haut-Rhin sur les énergies renouvelables », a indiqué le secrétaire d’Etat.

Cet appel d’offres, dont la Caisse des dépôts (CDC) sera partenaire, portera sur un total de 300 mégawatts, dont 100 MW sur des bâtiments et 200 MW de panneaux photovoltaïques au sol. Le lancement de ce marché débutera en novembre prochain et se déroulera en plusieurs phases jusqu’en novembre 2019, avec une « possibilité ouverte de financement participatif », a ajouté Sébastien Lecornu. Le groupe EDF, dont le Président Jean-Bernard Lévy lui-même avait demandé en mars 2018 le lancement d’un « appel d’offres spécifique pour créer une installation solaire à proximité du site de Fessenheim », s’est d’ores et déjà montré intéressé par le projet.

Crédits photo : Sébastien Lecornu (Twitter)

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Et l’hiver, 300 MWc avec un facteur de charge moyen de moins de 10 %,(et rien pendant les pointes de consommation), cela n’apportera pas grand chose au réseau. Ont-ils réfléchi à tout cela ?

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  • @ Dan :

    Logique le solaire est l’énergie la moins chère avec l’éolien et il se trouve que le Grand-Est qui est plutôt bien ensoleillé contrairement à ce que l’on croît et qui l’est plus que l’Allemagne du Sud voisine, comporte très peu de solaire et est mécontente de ne pas bénéficier des retombées de la CSPE comme les départements et régions voisines alors qu’elle la paie !

    Le potentiel standard du Grand-Est est d’environ 56 GWc dont 70% solaire (donc environ 38 GWc + 15 GWc d’éolien + 3 GWc d’hydro + 1 GWc autres sources), contre moins de 450 MWc actuellement, soit environ 87 fois moins. Il y a de quoi faire !

    Dans le voisinage et le Bade-Wurtemberg en Allemagne le solaire représente plus de 7% de la consommation d’électricité (13% en 2020). Alors qu’à l’inverse dans le Grand-Est elle ne représente qu’en moyenne environ 1% seulement ! C’est donc un début de correction avec les retombées économiques locales.

    Enfin pour ce qui est de la production solaire hivernale, il faut bien évidemment la mettre en complément de la production éolienne et à l’échelle du réseau, au moins national et mieux encore Entso-e, sans parler de Geidco si l’on veut parler notamment d’efficacité énergétique et de baisse des coûts optimales à l’échelon international ! :

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