Langouët : la commune bretonne qui résiste aux énergies fossiles Langouët : la commune bretonne qui résiste aux énergies fossiles

Langouët : la commune bretonne passe entièrement au vert

Faut-il être une grande ville avec de gros moyens pour mettre en œuvre une stratégie de transition énergétique ambitieuse ? La petite ville de Langouët, dans l’Ille-et-Vilaine, ne compte que 600 habitants et pourtant elle s’est lancée un pari fou en 2003 : tirer un trait définitif sur les énergies fossiles. Depuis 2014, le pari est réussi et toutes les infrastructures des services publics fonctionnent entièrement aux énergies renouvelables. Mais pour en arriver là, il a fallu inventer un nouveau modèle énergétique.

Le pari fou de la ville de Langouët

La commune de Langouët n’a pas attendu la COP21 pour entamer sa transition énergétique. C’est en 1999 que son maire, Daniel Cueff, a décidé d’amorcer le virage des énergies renouvelables. Avec seulement près de 600 habitants, la commune ne dispose pas de gros moyens financiers, elle n’a aucun technicien ou ingénieur en interne capable de piloter le projet, et pourtant le projet se lance avec un objectif clair : tirer un trait sur les énergies fossiles qui servaient jusqu’à présent à alimenter tous les infrastructures municipales. Quinze ans plus tard, le pari est réussi puisqu’en 2014 la commune affiche un bilan énergétique qui ferait envie à beaucoup d’autres villes de l’hexagone : les panneaux solaires de la commune produisent alors l’équivalent de 116% de l’électricité consommée.

Depuis, la commune n’a pas cessé de progresser sur son mix énergétique et elle cherche notamment à diversifier ces types de production en développant l’éolien, le bois-énergie, et même l’énergie hydraulique. Le nouveau cap de la mairie : devenir une commune zéro carbone. Pourtant au départ, rien n’était gagné, et pour parvenir à un tel résultat, il a fallu repenser complètement le réseau énergétique de la commune.

Développer du solaire en Bretagne

Des panneaux solaires en Bretagne ? En 1999, quand le projet de transition énergétique commence à Langouët, les responsables de la commune se heurtent à la même remarque : le déploiement d’un parc solaire en Bretagne, à quelques kilomètres de Rennes, est inenvisageable à cause du manque de soleil. Mais le maire de la commune ne s’arrête pas là et cherche l’inspiration à l’étranger, notamment en Allemagne, alors beaucoup plus avancé en matière de photovoltaïque que la France. Et une constatation s’impose alors : avec une amplitude solaire moins importante que sur le territoire breton, l’Allemagne a tout de même réussi à mettre en place des parcs photovoltaïques et à en tirer profit. S’inspirant donc des voisins d’outre-Rhin, la petite commune bretonne décide de se lancer dans l’aventure solaire, et en 2003 elle inaugure ses premiers panneaux photovoltaïques sur le toit de l’école. Une prise de risque qui va s’avérer payante et marquer le début du parc solaire communal.

Comme tous les autres bâtiments de la commune, l’école de Langouet est dotée de panneaux solaires. Elle dispose aussi de puits de lumière qui servent pour l’éclairage naturel et permettent d’économiser de l’électricité.

Depuis 2003, ce parc solaire a augmenté drastiquement : désormais, tous les toits des bâtiments municipaux qui sont orientés au sud sont couverts de panneaux photovoltaïques. En 2011, un nouvel atelier municipal est même construit en intégrant dans son cahier des charges une vraie petite centrale photovoltaïque. Grâce à cet investissement, ce bâtiment dernière génération a pu optimiser la production des panneaux solaires installés et il fournit à lui seul la majeure partie de l’électricité consommée par la commune.

Vers une transition énergétique globale

Grâce au parc photovoltaïque installé, la commune peut couvrir tous ses besoins en électricité pour les infrastructures publiques : la mairie, l’école, la bibliothèque, la salle des fêtes et bien sûr l’éclairage public. Au total, la commune produit l’équivalent de 116% de ses besoins en électricité. Elle revend son électricité à EDF, ce qui lui permet de compenser ses dépenses de consommation. Mais pour gagner encore en efficacité énergétique, la commune a décidé de diversifier son mix énergétique en développant d’autres solutions renouvelables. La ville a ainsi fait le choix en 2007 de se passer de la chaudière à fioul pour la remplacer par une chaudière à bois. Un investissement lourd dans un premier temps, mais que la mairie compte bien amortir sur le long terme, d’autant qu’elle est approvisionnée en bois par une filière locale : la commune récupère des branches issues de la taille des haies des agriculteurs, ce qui lui coûte assez peu cher en matière première. Un poêle à bois a également été installé dans la bibliothèque pour compléter l’installation puisque le bâtiment n’était pas raccordé au réseau de la chaudière à bois.

La bibliothèque de Langouet possède son propre poêle à bois pour le chauffage.

Autre chantier de taille : l’école municipale. Le nouveau bâtiment a été construit en 2003 et les responsables de la commune ont choisi de s’engager en faveur de la norme Haute Qualité Environnementale, un cahier des charges précis qui vise à construire des bâtiments très peu énergivores. L’école a donc été construire en bois, avec des panneaux photovoltaïques sur son toit, des puits de lumière pour l’éclairage des salles de classe et plusieurs aménagements de domotique pour économiser l’énergie.

Après avoir radicalement changé les sources d’approvisionnement des infrastructures publiques, la municipalité de Langouët veut désormais se lancer dans un chantier encore plus ambitieux : faire passer l’habitat privé de la commune au 100% électricité verte. Et une première étape a déjà été franchie avec la construction de logements sociaux répondant, comme l’école municipale, a un cahier des charges très précis en matière énergétique. Les derniers bâtiments construits, pensés pour consommer peu de chauffage et d’électricité, affichent un excellent bilan énergétique : chaque logement affiche un budget énergétique de 250 euros par an, et la mairie espère encore fait diminuer la facture dans les futurs logements dont les installations seront encore plus performantes sur le plan énergétique. On est bien loin de la moyenne nationale de 1 500 euros de facture énergétique par foyer français.

Rédigé par : La Rédaction

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