L’Hydroélectricité, un atout français pour le système énergétique mondial ? L’Hydroélectricité, un atout français pour le système énergétique mondial ?

L’Hydroélectricité, un atout français pour le système énergétique mondial ?

Synonyme d’excellence environnementale, notre parc hydraulique contribue non seulement au dynamisme des territoires mais aussi au renforcement du réseau électrique. Pour entretenir ce patrimoine, une nouvelle génération d’ingénieurs s’engage dans les métiers de l’hydraulique. Cette technologie stratégique pour le pays intéresse-t-elle suffisamment les candidats à l’élection présidentielle ? En tout cas, les acteurs de la filière s’organisent pour accroître leur « contribution à l’utilisation durable de l’eau et de l’énergie »…  

L’hydroélectricité aujourd’hui en France et en Europe

Les barrages bénéficient de la plus faible empreinte écologique de toutes les solutions du bouquet énergétique ; en plus, ils servent au pilotage du réseau électrique face à l’intégration croissante des énergies intermittentes. D’après les estimations de France Hydro Électricité, l’énergie hydraulique représente 17% de l’électricité en Europe. A en croire le Bilan Électrique 2016 de RTE, la France a bénéficié de 63,9 TWh d’énergie hydraulique grâce à 25 482 MW en puissance installée hydraulique (19,5%), contre 48,3% pour l’énergie nucléaire et 9% pour le gaz et 8,9% pour l’éolien.

Au sein de l’Union Européenne, et en France particulièrement, où l’augmentation de la part des énergies renouvelables est un objectif prioritaire, l’hydroélectricité est donc une pièce maîtresse du mix-énergétique. Mais d’autres pays ont également valorisé cette ressource, en Norvège par exemple, l’hydraulique couvre 96% de la production nationale, en Suède le taux de couverture est estimé à 47%, celui-ci étant estimé à 64% en Autriche.

Lire aussi : EnR et nucléaire, deux options complémentaires ?

Le parc hydraulique français est un patrimoine entretenu de génération en génération

En France, plusieurs centaines d’ouvrages amménagent nos cours d’eau. Fin février, l’électricien EDF a publié le Rapport 2016 de l’Inspecteur de Sûreté Hydraulique pour valoriser un savoir-faire qui repose sur des retours d’expérience cumulés au cours de 70 années passées à exploiter les installations hydroélectriques. Sur ce point, le document atteste notamment du succès de « la vague de renouvellement massif des salariés (50% environ) », assurant « qu’une nouvelle affirmation dans les gestes métiers (individuels et collectifs) est désormais repérable dans les équipes ».

Selon le Baromètre 2016 des énergies renouvelables électriques d’Observ_ER, la filière hydraulique a généré 3,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2015. Pour cela, elle emploie 12 000 salariés qui interviennent aussi bien sur des centrales au fil de l’eau, des centrales de lac, des centrales d’éclusée ou dans des stations de transfert d’énergie par pompage (Step). On peut noter qu’EDF a consacré 400 millions d’euros à la maintenance de son patrimoine en 2016 pour 622 barrages. Parallèlement, entre 2011 et 2015 des investissements d’1 milliard d’euros ont été réalisés pour moderniser et optimiser le parc. A ce dernier, il faut également ajouter les 19 barrages exploités par la Compagne Nationale du Rhône (CNR) et les 12 grands barrages de la Société HydroÉlectrique du Midi (SHEM).

La loi de transition énergétique est-elle une loi de privatisation ?

Pourtant, la France a été mise en demeure d’entamer une privatisation de ses barrages par Bruxelles. Dans ce contexte, la loi de transition énergétique a été élaborée pour permettre l’ouverture des concessions hydroélectriques à la concurrence. Seulement au mois de novembre 2016, l’Intersyndicale d’EDF a rencontré la Commissaire européenne à la Concurrence, pour souligner l’importance de « favoriser la relance des investissements et de répondre ainsi aux besoins des territoires et aux attentes légitimes des salariés » sans pour autant s’accorder « sur les bienfaits de l’ouverture des marchés de l’électricité ».

En prenant l’exemple de la concession hydraulique de la commune de Larun, la journaliste en charge des questions énergétiques aux Echos, Véronique le Billon, explique : « la concession hydraulique gérée par la SHEM (Engie), et sur laquelle se situe la commune, est échue. Elle aurait dû faire l’objet d’un renouvellement par appel d’offres, voire, depuis la loi de transition énergétique votée en 2015, d’une prorogation contre investissements ». Pour l’ancienne ministre de l’Énergie, Delphine Batho, c’est une « privatisation qui ne dit pas son nom » !

Lire aussi : La transition énergétique en 2050, une ambition progressiste ?

Présidentielle : les options des candidats pour l’hydroélectricité

D’ailleurs, dans les Alpes au barrage de Roselend, le représentant du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, avait immédiatement apporté son soutien aux revendications transmises par les représentants salariés du secteur hydraulique exprimées à Margrethe Vestager [NDLR : néanmoins, dans le scénario Négawatt2017, souvent cité en référence par la France insoumise, l’énergie hydraulique serait tout de même amener à voir sa production légèrement diminuer, de 58 TWh en 2016 à 54 TWh en 2050]. Puis, début février ce fût au tour du candidat à la présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, de se rendre à la centrale hydroélectrique de La Bâthie pour dénoncer « la rapacité de Bruxelles ». Quelques jours plus tard, c’est la candidate du Front National, Marine Le Pen qui a visité le barrage de Vouglans, en signe de protestation à la réforme obtenue par l’Union Européenne.

En déplacement dans les Pyrénées-Atlantiques au mois de janvier, le représentant du Parti Socialiste, Benoît Hamon avait échangé avec les salariés de la SHEM afin de défendre l’application de la loi de transition énergétique. De son côté, Emmanuel Macron affirme également reprendre à son compte tous les objectifs de la transition énergétique. Toutefois, à notre connaissance, ses soutiens engagés sur les questions énergétiques, Julien Marchal et Matthieu Orphelin, n’ont pas encore indiqué de position sur ce dossier. Enfin, François Fillon n’aborde pas plus cette question que son rival, mais son gouvernement avait déjà proposé l’ouverture du parc hydraulique à la concurrence afin d’adapter le droit français aux exigences communautaires.

L’hydroélectricité : une énergie d’avenir ?

Actuellement, on estime que seulement 70% du potentiel hydroélectrique français est utilisé. Pourtant, grâce à cette énergie le pays réalise en moyenne une économie de 2,23 millions de tonnes de pétrole par an. Pour continuer à accroître les capacités de l’énergie hydraulique, la piste de la Petite Hydroélectricité (PHE), est crédible. Justement, les installations dont la puissance est inférieure à 10 MW (10 000 kW), regroupées au sein du syndicat national de petite hydroélectricité, France HydroÉlectricité, organisent la 9ème édition des Rencontres France Hydro Electricité, les 29 et 30 juin 2017 à Toulouse, pour en parler.

A l’échelle mondiale, le potentiel hydroélectrique sur d’un continent comme l’Afrique continue d’offrir des perspectives d’avenir aux barrages hydrauliques. A ce titre, l’Association internationale pour l’hydroélectricité (AIH) va organiser le sixième Congrès mondial de l’hydroélectricité (CMH/WHC)  du 9 au 11 mai 2017, au Centre de Conférence des Nations Unies à Addis-Abeba (Ethiopie). Parmi les intervenants, le directeur en charge de l’hydroélectricité au sein du groupe de la banque mondiale, William Rex, la directrice du développement commercial de la division Hydro d’EDF, Marlène Biessy, mais aussi le Vice-Président d’Électricité de Chine, Guanfu Chen et le directeur général adjoint de l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA), Sakari Oksanen, expliqueront notamment l’intérêt de l’hydroélectricité pour la stabilité du système énergétique face à la montée des énergies intermittentes.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
mer 31 Août 2016
Le 1er septembre, une éclipse va occasionner une forte baisse de la production photovoltaïque sur l’île de la Réunion. Malgré le risque de déséquilibre sur le réseau, l’exploitant EDF assure être en mesure de garantir la sécurité d’approvisionnement. (suite…)
lun 11 Nov 2013
L'Institut Photovoltaïque d'Ile-de-France (IPVF) et l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) ont annoncé le 29 octobre la signature d'une convention de financement de 18,5 millions d'euro sur 6 ans. Permettant ainsi le démarrage opérationnel de ce nouvel Institut qui sera…
mer 31 Déc 2014
Si les énergies renouvelables telles que le solaire et l'éolien sont sans conteste des énergies d'avenir, elles restent malgré tout dépendantes des conditions météorologiques et de l'avancée des technologies de stockage de l'électricité. En phase de développement, les énergies marines pourraient…
lun 3 Juin 2013
PV Cycle est une association qui gère des points de collecte et de recyclage des panneaux photovoltaïques. Comme ils ont une durée de vie d’une trentaine d’années, et que les premiers ont été posés dans le courant des deux dernières…

COMMENTAIRES

  • Bonjour,
    Il faut ajouter le potentiel énorme que représente la très petite Hydroélectricité pico centrales de puissance 1 KW/H à 10 KW/H.
    100 000 moulins en France à restaurer et à équiper de petites turbines, à cela il faut ajouter des milliers de petits sites qui peuvent produire 1 à 10 KW/H soit 10 000 KW/H à 20 000KW/H par an.
    Malheureusement la loi sur l’eau entrave considérablement le développement de la petite Hydroélectricité pourtant l’énergie la plus écologique de toutes les énergies.
    C’est faux de croire que les petites installations hydroélectriques sont la cause des pollutions de nos cours d’eau.
    Les causes de pollutions sont dues à une mauvaise gestion de l’eau.
    Il y aurait d’énormes choses à faire sur la gestion de l’eau.
    1- construction de nombreux lacs colinéaires pour stocker les eaux de crues responsables d’inondation, d’érosion de terrains, et responsable d’entrainer la pollution vers les cours d’eau.
    2- Ne plus pomper dans les nappes phréatiques pour l’agriculture, mais utiliser ces petits lac pour l’arrosage l’été, en hiver ces petites retenues pourraient produire de l’énergie en les équipant de petites turbines.
    Travailler au développement de la très petite Hydroélectricité représente un énorme potentiel d’emploi.
    Si on autorisait le net-metering pour les auto consommateurs propriétaires de ces petites pico centrale cela permettrait des économies d’énergies considérables.
    Si on ne fait pas cela les énergies renouvelables ne se développeront pas.

    Répondre
  • D’après le bilan de RTE, la production hydraulique a représenté 12,03 % (63,9 TWh) en 2016 et la production nucléaire, handicapée par les mesures de mises à l’arrêt de certaines centrales, 72,3 % en 2016 (384 TWh contre 416,8 TWH – 76,3 %en 2015) de la production totale l’électricité. La filière thermique a bondi de plus de 60 % en 2016. Pourquoi LENERGEEK n’affiche-t-elle pas la production réelle a coté de la puissance installée ?

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *