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Transition énergétique : la filière gaz s’invite dans le débat présidentiel

gaz

Très peu évoquée dans la loi de transition énergétique, la question du gaz comme énergie de complément pour les années à venir paraît pourtant essentielle. Cette énergie polyvalente serait aujourd’hui la seule capable de satisfaire les besoins thermiques des bâtiments et de l’industrie, de réduire les émissions de gaz à effet de serre des transports et de contribuer à la production d’électricité. A quelques semaines de l’élection présidentielle, les acteurs français du gaz, regroupés au sein de l’association Coenove, veulent peser davantage dans les débats et proposent pour cela dans un document publié lundi 6 mars dernier, cinq propositions pour le prochain quinquennat destinées à reconnaître et encourager le rôle stratégique du gaz dans le mix énergétique français.

Une complémentarité énergétique indispensable

Si le gaz naturel représente aujourd’hui en France, moins de 5% de la production électrique, et moins de 15% du bouquet énergétique global, ses qualités et ses nombreuses applications possibles dans la production comme dans le stockage de l’énergie, en font pourtant un atout de premier ordre pour servir de base de stabilité aux côtés du nucléaire et des énergies renouvelables intermittentes. L’industrie gazière apporte en effet des solutions à la fois pour le développement des énergies renouvelables, le transport et la mobilité, le résidentiel mais aussi les infrastructures et la sécurité de notre approvisionnement énergétique.

Les professionnels du secteur considèrent dans ce cadre que seule une complémentarité des énergies permettra, dans l’avenir, d’assurer la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité. « Nous pensons qu’il est nécessaire de développer une approche nouvelle, fondée sur la complémentarité des énergies afin de tirer avantage de chacune d’entre elles ainsi qu’en misant sur leurs synergies existantes et à venir« , explique l’association Coenove dans un communiqué. « La première chose pour laquelle nous militons est un mix énergétique diversifié. La sécurité d’approvisionnement du pays repose étroitement sur la complémentarité des différentes énergies, à commencer par le nucléaire, les énergies renouvelables, mais aussi le gaz », ajoute Bernard Aulagne, président de Coenove.

Lire aussi : Portée par la production d’électricité, la consommation française de gaz a augmenté en 2016

Le recours croissant aux centrales à cycle combiné gaz pour assurer l’approvisionnement électrique cet hiver (en remplacement des centrales nucléaires arrêtées temporairement pour contrôle ou maintenance) en est d’ailleurs la preuve. Les énergies renouvelables ne sont pas à ce jour en capacité de répondre à la demande lors des pics de consommation.

Accompagner le développement du gaz renouvelable

Coenove souhaite également réserver une place plus grande au gaz renouvelable, encore très peu exploité dans l’Hexagone. A ce jour, seuls 26 unités de production de biogaz produisaient du biométhane sur les 550 recensées en France en 2016, fournissant moins de 1% de la consommation nationale de gaz. L’objectif de 10% de biogaz dans la consommation française de gaz naturel à l’horizon 2030 consacré dans la loi de transition énergétique, semble donc bien loin, voire même illusoire sans une aide rapide de l’Etat.

« Dans la loi de transition énergétique, il est prévu que le gaz vert satisfasse 10% de la demande en 2030 mais nous voyons encore plus loin avec 50% en 2050. Cela passe par une série de mesures plus incitatives, concernant notamment les tarifs d’achat et leur application dans le temps« , précise Bernard Aulagne. L’association plaide notamment pour la mise en place d’une politique volontariste et incitative de développement d’une stratégie nationale du gaz renouvelable. Les professionnels de la filière demandent par exemple au gouvernement d’agir dans le sens d’un renforcement des soutiens publics sur le tarif d’achat du gaz produit.

Encourager la rénovation du parc bâti

En matière d’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment, l’association pointe du doigt dans son analyse, le manque de soutien consacré au renouvellement des systèmes de chauffage dans les logements. Selon Coenove, à peine un cinquième des ménages chauffés au gaz (près de 12 millions de foyers en tout) utilisent une chaudière à condensation, qui garantit pourtant un rendement 30% supérieur aux équipements plus anciens. « Il faut accélérer le remplacement des anciennes chaudières par des équipements plus performants« , insiste son président, qui propose ici la mise en place d’une prime à la casse pour le remplacement des chaudières anciennes pour les ménages précaires et des mesures fiscales pour encourager la rénovation des systèmes de chauffage.

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a d’ores et déjà annoncé lundi 6 janvier dernier la signature en collaboration avec le distributeur de gaz GRDF et l’Agence nationale de l’habitat (Anah), d’une nouvelle convention relative aux habitations chauffées au gaz, établissant une série de mesures et d’aides financières destinées à sécuriser la consommation de gaz naturel chez les foyers les plus modestes.

Lire aussi : Gaz domestique : de nouvelles mesures de sécurisation des installations pour les plus modestes

Le groupe GRDF s’est engagé dans ce cadre à apporter un soutien logistique et financier à plus de 5.000 logements en l’espace de 2 ans. Il réalisera par exemple à ses frais le diagnostic de l’installation de gaz du propriétaire, et fournira gratuitement un tuyau de raccordement à « durée de vie illimitée » à l’appareil de cuisson.

Innovation et mise à contribution des territoires

Les deux dernières propositions de l’association Coenove concernent enfin l’innovation et la mise en œuvre à l’échelle locale des efforts demandés auprès du gouvernement. Bernard Aulagne estime en effet indispensable pour l’avenir de l’industrie gazière française de « stimuler l’innovation des produits dans les domaines de la performance et de la connectivité des équipements« , et d’associer « les territoires à la mise en œuvre de la transition énergétique en leur donnant les moyens nécessaires à la réalisation de leurs projets, en encourageant les expérimentations et en valorisant leurs initiatives« .

Crédits photo : Coenove / EDF

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Ne pas oublier que le gaz provenant de la méthanisation produit autant de CO² que le gaz natures ou le gaz de schiste !

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    • Totalement faux ! (comme d’habitude…). Le gaz de schiste est bien plus émetteur sur tout son cycle d’exploitation, il équivaut au charbon ou au mazout (démontré par les univ. de Cornell, Ucla etc), A l’inverse le biogaz est neutre ou négatif en émissions selon son mode d’exploitation (en agricole en intégration des produits de méthanisation à la place des engrais importés etc).

      Informez-vous mieux, merci !

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  • Le gaz naturel est bien évidemment à proscrire à 100% vus ses émissions.

    Cà nous rend de plus dépendants de pays comme la Russie dont l’actuel pouvoir au Kremlin s’en sert régulièrement comme moyen de chantage envers l’Europe ou des pays d’Europe de l’Est via Gazprom firme d’Etat au main d’une minorité d’oligarques proche de Poutine et qui s’accaparent la majorité des biens au dépens des russes.

    Sans parler des fuites sur le réseau depuis les sources lointaines.

    En termes techniques utiliser le gaz dans la mobilité ou en complément aux renouvelables n’a pas de sens vus la modestie des rendements complets. Donc gabegie absurde.

    Les énergies renouvelables fonctionnent bien mieux et avec un bien meilleur bilan avec du stockage.

    Le biogaz lui est bel et bien à développer en France avec injection dans le réseau et les meilleures applications possibles comme le chauffage etc mais pas la mobilité hormis les poids-lourds etc quand d’autres meilleures solutions ne sont pas possible.

    Faire rouler une voiture au gaz, quelle stupidité au plan du bilan énergétique, pourquoi pas à la vapeur !

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  • Au 31 décembre 2016, 490 installations produisent de l’électricité à partir de biogaz. Cela représente une puissance installée de 393 MW, en hausse de 31 MW sur l’année.

    Le potentiel est de plus de 10 fois plus.

    Les injections de biométhane dans les réseaux gaz poursuivent leur forte progression, augmentant de 19 % entre les troisième et quatrième trimestres 2016. La quantité injectée sur l’ensemble de l’année 2016 (198 GWh) est deux fois et demie plus élevée que celle injectée en 2015.

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    • Pas un mot concernant le niveau de subventions nécessaire ! Ce biogaz est acheté à un prix double du gaz naturel. Les finances publiques ne tiendront pas longtemps à ce régime.

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      • Pire : tarif de rachat 3 à 4 fois le tarif de gros, sans compter toutes les aides publques et privées.

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  • Les subventions ne sont là que pour le décollage d’une filière trop récente en France (on a un potentiel de plus de 10 fois le parc actuel avec les seuls sous-produits agricoles, stations d’épuration, d’enfouissement etc). On voit déjà les résultats en croissance et les prix en baisse. Le développement du biogaz est mondial, peut se faire en série donc les prix baissent régulièrement et les techniques s’améliorent encore. Il faut donc faire le bilan de tous les paramètres dont les diverses retombées en matières d’emplois, de produits à l’export comme locaux, de soutiens à l’agriculture, d’indépendance énergétique etc Face aux 5300 milliards de dollars par an de subventions aux énergies fossiles (10 millions de $ par minute), celles au biogaz sont plus que dérisoires dans le monde et s’amortissent en quelques années sauf rares cas de petites exploitations en Allemagne mal calculées à l’origine mais qui étaient également pionnières donc surcoûts de départ. Ce sont des technologies productibles en série et on constate que les allemands ou autres pays du Nord sont susceptibles d’offrir des prix plus attractifs que les français. Les subventions sont là pour aider la filière française qui commence à se développer et voit ses prix baisser. Ce n’est pas ce poste qui creuse les déficits publics et il va au contraire être positif passé un certain laps de temps et seuil, c’est un investissement favorable dont la plus grande part est en outre prise en charge par des acteurs privés, régionaux, locaux etc

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  • @ CO2 : bon je dois faire de la science pour les débutants je vois !

    1) A propos des émissions qui peuvent être « négatives » du biogaz quand les techniques sont bien employées (ce qui devient de plus en plus le cas) et sans parler du remplacement des engrais et des études sur l’incorporation dans le sol et des interactions positives avec la flore bactérienne des produits issus de la méthanisation et autres aspects techniques améliorant le bilan d’émissions de l’ensemble du processus, je cite :

    Aux seuls Etats-Unis : « By converting cattle manure into methane biogas instead of letting it decompose, global warming gases could be reduced by 99 million metric tons or 4% » :

    https://www.researchgate.net/publication/283046039_THE_FABRICATION_OF_BIOGAS_SYSTEM_TO_PRODUCE_METHANE_GAS_FROM_COW_DUNG

    Et c’est encore mieux avec des tracteurs au biogaz ou électriques comme il en arrive !

    2) Concernant les prix d’achats, évidemment qu’ils ne peuvent être calculés sur la seule base des MWh produits car les situations des filières ne sont pas les mêmes. Le biogaz a par exemple vocation à aider la filière agricole. Et il y a bien d’autres paramètres à intégrer d’une filière à l’autre.

    L’essentiel est que l’on sait qu’après un temps d’amortissement le processus est favorable et rentable.

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  • 3) Concernant le gaz de schiste c’est bien de lire les documents publicitaires des sociétés employant les plus récentes méthodes, de rêver et d’y croire mais il faut approfondir !

    Déjà ces méthodes ne sont pas applicables à tous les sites, je cite l’une d’entre elles parmi d’autres :

    « EOG Resources cautioned that the new method may not work in other shale plays with different geologic properties »

    Et, quelles que soient les méthodes d’extraction, on obtient toujours des émissions plus élevées que le gaz naturel et dans tous les cas mauvaises, je cite parmi d’autres études encore plus négatives :

    A pair of studies on the efficiency of shale oil production excavation have been released by researchers. The reports show that shale oil production generates greenhouse gas emissions at levels similar to traditional crude oil production.

    https://www.sciencedaily.com/releases/2015/10/151015160954.htm

    Il y a donc bien mieux à faire et à mieux dépenser que de faire du gaz de schiste, surtout en plus sous forme combustible non recyclable.

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