Innovation : la montée en puissance des énergies renouvelables Innovation : la montée en puissance des énergies renouvelables

Innovation : les renouvelables montent en puissance

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Avec la transition énergétique, les énergies renouvelables occupent désormais une place stratégique au sein du mix énergétique français. Le 24 et le 25 janvier dernier, EDF, premier producteur d’énergie européen, a organisé la première édition des « Electric Days » dans le but de présenter les innovations dédiées aux moyens de production bas-carbone. Selon le Syndicat des Energies Renouvelables (SER), l’on assiste aujourd’hui, grâce à ces innovations, à une véritable révolution économique dans le secteur des énergies renouvelables. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), a souhaité évaluer le coût de ces différentes technologies. Selon ses premières conclusions, les énergies alternatives sont désormais à même concurrencer les énergies conventionnelles.

Un consensus mondial en faveur des énergies renouvelables

Interrogée lors des journées de l’innovation, Sylvie Jehanno, directrice générale de Dalkia, rappelle que la transition énergétique repose sur deux grandes ambitions industrielles : maximiser les économies d’énergie et développer les énergies renouvelables. Même son de cloche chez Antoine Cahuzac, directeur général d’EDF Energies Nouvelles, qui confiait qu' »il n’y [avait] pas de débat pour voir les ENR prendre une part importante du mix énergétique au niveau mondial« .

Et Antoine Cahuzac de souligner le caractère compétitif dont ses sont dotées les technologies propres ces dernières années. Les Emirats Arabes Unis ont récemment passé un appel d’offres dans le secteur du solaire photovoltaïque ; le prix du mégawattheure a été fixé à 25 euros. De même, récemment, EDF a remporté un appel d’offres au Mexique (un projet de ferme solaire couplée à de l’éolien), où il sera en mesure de proposer un mégawattheure à 32 euros.

D’après Antoine Cahuzac, divers facteurs peuvent expliquer la baisse des coûts du photovoltaïque. La chute du prix des matières premières – le silicium en particulier, mais également l’amélioration des process industriels, des effets de tailles ou des économies d’échelles, ainsi que les innovations technologiques sur les cellules photovoltaïques.

Une lame de fond des ENR dans la prochaine décennie ? 

Dans son livre blanc publié début janvier, le SER annonce « une révolution économique des ENR« . Le président du SER Jean-Louis Bal assure en effet que « partout dans le monde, les coûts de production chutent spectaculairement, tirés par les effets de volumes industriels et les ruptures technologiques« .

Une bonne nouvelle pour la France, car les objectifs fixés dans la loi pour la transition énergétique et la croissance verte sont ambitieux. En 2020, les énergies renouvelables devront atteindre 23% de la consommation finale d’énergie. En 2030, elles devraient représenter 32% de la consommation finale. Pour tenir la cadence, le SER propose trois grandes orientations stratégiques. Préserver la visibilité de la filière, mais aussi le cadre réglementaire s’appliquant à cette dernière tout en espérant l’impulsion d’une nouvelle dynamique industrielle et territoriale. Le respect de ces grandes orientations doit venir appuyer les efforts consentis pour le déploiement des énergies vertes sur le réseau tricolore ces dernières années; efforts qui portent manifestement leurs fruits.

Aujourd’hui, l’énergie éolienne fournit 5% de la consommation électrique et représenterait 15.000 emplois équivalents temps plein. Les énergies renouvelables marines, laissent également entrevoir des perspectives prometteuses. Les 6 champs d’éoliennes off-shore tricolores produiront quant à eux 3000 MW à l’horizon 2020/2023 et représenteront une création de plus de 10.000 emplois. 4 fermes pilotes d’éolien flottant et 2 hydroliennes apporteront 115,6MW d’électricité propre sur le réseau. De son côté, l’hydroélectricité assure 65% de l’électricité produite par les énergies renouvelables en France, sa production est estimée à 70 TWh alors que la filière emploie 20.000 salariés à l’échelle nationale. L’énergie solaire (photovoltaïque et thermique) est pour sa part à l’origine de 1857 GWh de l’énergie produite et génère 11.027 emplois. Les biocarburants, avec la filière bioéthanol notamment, ont été à l’origine de 9.000 créations d’emploi fin 2015. De même les biogaz et la valorisation des déchets pourraient devenir une véritable source d’emploi d’ici la fin de la décennie. Enfin, plusieurs filières émergentes, telles que le chauffage domestique à bois ou la géothermie ont participé respectivement à la création de 20.000 et 15.000 emplois.

Les énergies renouvelables deviennent compétitives

Dans une étude publiée le 25 janvier dernier, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) évalue les coûts des énergies renouvelables. « Pour chaque filière EnR, [elle établit] non pas une moyenne ou une fourchette des coûts de production constatés, mais la plage de variation théorique de ces coûts en fonction des paramètres les plus impactants pour chaque filière ».

Première conclusio : en ce qui concerne la production d’électricité en France, les énergies éolienne terrestre et photovoltaïque sont aujourd’hui compétitives face aux énergies conventionnelles (pétrole, gaz, etc.). Concernant la production de chaleur, la filière bois est moins chère pour les particuliers que le gaz, une situation qui s’inverse cependant pour les plus grandes installations. Second enseignement : les paramètres à prendre en compte pour évaluer la rentabilité des ENR sont multiples. Périmètre des coûts (qui fluctue en fonction du coût de production, du coût d’investissement et du coût d’exploitation, coût du raccordement au réseau électrique, ou encore du taux d’actualisation (rendement qu’il serait possible d’obtenir en investissant ailleurs le même capital).

D’après les auteurs du document, les coûts de production de l’énergie éolienne terrestre oscilleraient entre 57 et 91 €/MWh (élargie à 50 et 108 €/MWh en incluant les conditions de financement les plus et les moins favorables). En ce qui concerne l’éolien en mer, le prix du mégawattheure serait compris entre 123 et 227€ pour l’éolien posé, et entre 165 et 364 € pour l’éolien flottant. Les estimations pour l’hydrolien marin fixeraient le prix du mégawattheure entre 123 et 571 €, tandis que celles du solaire photovoltaïque pourraient varier entre 64 et 167 €. Ces chiffres seraient légèrement supérieurs pour le solaire thermodynamique : entre 89 et 315 €. Enfin la géothermie se révèlerait particulièrement rentable puisqu’à en croire les scientifiques de l’Ademe : le prix de production de l’électricité géothermique conventionnelle [de type volcanique], se situerait au plan international entre 38€/MWh et 62 €/MWh pour des centrales standard de 20 à 50 MW d’accès relativement facile. En France, ce prix varie entre 173€/MWh à 336€/MWh.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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