Le mix électrique de la Belgique : nucléaire et fossile en tête - L'EnerGeek

Le mix électrique de la Belgique : nucléaire et fossile en tête

centrale_doel_photo_Alexandre-JacqueminAlors que la moitié des réacteurs nucléaires belges ne fonctionnent plus pour des raisons conjoncturelles, la situation électrique belge pose problème. Ainsi, en plus des deux réacteurs, Doel 3 et Tihange 2, fermés depuis 2012 pour des problèmes techniques, s’ajoute le réacteur Doel 4. Ce dernier a été mis à l’arrêt à cause de fuites détectées dans la partie non nucléaire de la centrale, fuites dont un acte malveillant serait à l’origine. Selon l’ancien directeur de l’agence fédérale de contrôle nucléaire belge, Willy De Roovere, le « blackout n’est pas exclu cet hiver ». Une situation inquiétante qui nous donne l’occasion de dresser un état des lieux du mix électrique belge, grâce au rapport annuel d’Observ’ER.

[stextbox id= »info »]Un mix électrique dominé par le nucléaire et le thermique [/stextbox]

Force est de constater que la part du nucléaire est toujours fortement prépondérante dans le mix électrique belge avec 51,4% électricité produite à partir du nucléaire en 2012 dans le pays, selon les dernières données d’Observ’ER (Observatoire des énergies renouvelables). Cette prééminence du nucléaire, analogue à celle de la France ou de la Slovaquie, s’accompagne d’une part encore importante d’énergies fossiles (charbons, gaz…) dans le mix électrique avec 33,4%. Le reste de la production est assuré par la biomasse (6% du mix), les déchets non renouvelables (1,5%), l’hydroélectricité (2,1%), l’éolien (3,6%) et le solaire (2,1%).

Ainsi, les énergies renouvelables (EnR) représentent 13,8% du mix électrique et sont composées à 43,3% par la biomasse, de loin la première source d’électricité verte de Belgique. Les EnR sont en croissance sur la décennie (2002-2012), avec un taux de croissance moyen annuel supérieur à 15%. En 2012, la production s’est élevée à 10,8 TWh (Térawatt heures).

[stextbox id= »info »]Les énergies vertes : un pilier du mix électrique belge en construction[/stextbox]

Ces chiffres mettent en évidence le statut de pionnier du pays en matière de biomasse. Par exemple, la Belgique a été parmi les premiers pays à encourager la combustion biomasse en remplaçant, partiellement ou totalement, le charbon par des granulés de bois, comme avec la centrale de Rodenhuise. Les résultats sont d’ailleurs au rendez-vous, car la filière biomasse affiche un taux de croissance annuel sur les dix dernières années de 20,6% pour culminer en 2012 à une production de 4,6 TWh.

En ce qui concerne la filière éolienne, le Royaume de Belgique n’est pas non plus en reste, avec le statut de troisième pays européen disposant des plus importantes capacités installées. Cela étant, les installations de nouvelles éoliennes sont de plus en plus réalisées en offshore car les riverains commencent à être gênés. Néanmoins, la filière est en train de lever le pied car, si le taux de croissance annuel est de 47,5% en moyenne de 2002 à 2012, il n’a été « que » de 20,5% en 2013. De même, la filière photovoltaïque revient dans le creux de la vague après le « tsunami » de 2011 (presque 1 GWh de nouvelles capacités installées, un record !) provoqué par les subventions massives de certaines régions.

[stextbox id= »info »]Le futur du mix électrique de la Belgique en question : quid du nucléaire et de l’intermittence ?[/stextbox]

Cependant, la montée des EnR intermittentes comme l’éolien et le solaire dans le mix électrique belge ne manque pas de soulever des interrogations quant à la gestion d’une part aussi importante et imprévisible de la production. En dehors des recherches encore très expérimentales qui ont trait aux « super-batteries », il n’existe pour l’heure qu’un moyen de stocker de grandes quantités d’électricité avec une efficacité acceptable économiquement : les STEP (stations de transfert d’énergie par pompage). Seul ennui, le potentiel hydroélectrique du « plat pays » est plus que limité !

Toujours est-il que, en attendant d’avoir réglé ce problème, l’objectif de 20% de la production électrique d’origine renouvelable d’ici 2020 est bel et bien en passe d’être atteint. Une nécessité pour un pays qui doit parallèlement respecter son agenda de sortie du nucléaire. En effet, avec les 3 premières fermetures qui doivent avoir lieu en 2015, la Belgique ferait mieux de continuer à investir dans les EnR si elle ne veut pas se retrouver à importer du gaz et du charbon en grandes quantités. À cette égard, la conjoncture actuelle donne un avant-goût au pays des conséquences de la sortie du nucléaire ce qui fait dire à Willy De Roovere qu’il est encore trop tôt et, qu’après tout, « garder une centrale nucléaire 60 ans, c’est possible ». Reste à voir s’il sera entendu.

Crédits photo : Jean-Louis Zimmermann

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Malgré ses 51% de nucléaire dans la production d’électricité, le prix de l’électricité en Belgique est nettement supérieur à celui de pays sans nucléaire comme le Portugal et l’Autriche.

    http://energeia.voila.net/electri/taux_nucle_prix.htm

    En Belgique : 16,8 c€ HT et 22,2 c€ TTC le kWh
    Au Portugal : 11,7 c€ HT et 20,6 c€ TTC le kWh
    En Autriche : 14,1 c€ HT et 20,2 c€ TTC le kWh

    Le cas de la France ne s’explique pas par le nucléaire mais par le fait que l’entreprise EDF était nationalisée lors de la construction des réacteurs et du réseau électrique, ce qui a entraîné un coût financier très faible comparé à celui supporté par des compagnies privées.

    L’importance des investissements dans le nucléaire et le réseau fait que le coût de l’électricité peut augmenter de 50% à 100% selon que l’investissement se fait à un coût financier important (privé) au lieu d’être très faible (Etat).

    C’est ce qui s’est passé d’un point de vue historique.

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