Le décret n° 2026-981, publié au Journal officiel le samedi 24 octobre 2026, fixe les conditions économiques de la libération de stocks stratégiques de gazole. Il acte le déblocage de 10 millions de barils, une mesure annoncée début octobre et dont les effets doivent se faire sentir dès le 1ᵉʳ novembre, rapporte actu.fr.
Ces barils seront vendus aux distributeurs à des tarifs très bas, puisés dans les réserves de la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité. Habituellement, cette mise à disposition prend la forme d’un prêt, restitué sous un mois. Cette fois, le gouvernement a choisi une vente directe, au coût moyen pondéré d’acquisition. En contrepartie, les distributeurs s’engagent à répercuter intégralement la baisse sur les consommateurs, par anticipation dès le 1ᵉʳ novembre.
Le gouvernement table sur une réduction de 12 à 18 centimes par litre, pendant trois mois. Le gazole oscille depuis le début du mois d’octobre en moyenne ; il s’affichait précisément à 2,39 euros lundi 26 octobre. Avec la baisse annoncée, l’économie attendue atteint 10 euros sur un plein. Le fioul domestique est également concerné par la mesure.
Le texte impose aux distributeurs d’informer les consommateurs avant la vente. Les autorités, par l’intermédiaire de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, devront contrôler les bilans des ventes ainsi que la bonne répercussion de la baisse sur les prix affichés.
L’affichage des remises inquiète la profession
Pour rendre la baisse lisible, les stations-service devront afficher clairement le montant de la remise accordée aux clients. Certaines le font déjà, via de simples affichettes.
Mais cette obligation, pour l’heure encore floue dans ses modalités, suscite des interrogations chez les professionnels. Francis Pousse, président national des stations-service et énergies nouvelles de MOBILIANS, juge la mise en œuvre délicate : « Sur des plus grosses stations qui sont livrées beaucoup plus souvent, ça obligerait, sur le papier en tout cas pour l’instant, à changer presque à chaque livraison le montant de cette remise, sans parler des stations qui sont sans personnel, qui elles, auraient une obligation de déplacer quelqu’un pour changer ces affichettes. »
Du côté des automobilistes, l’accueil est plutôt favorable. L’un d’eux estime que la mesure permet de mieux calculer son budget, en rendant les choses plus transparentes. Un autre trouve utile que l’effort des distributeurs et de l’État soit mis en avant quelque part. Une automobiliste souligne enfin que la baisse profitera particulièrement aux gros rouleurs, aux camionneurs et aux commerçants qui roulent au gazole.
Un autre décret, publié le même samedi 24 octobre, prolonge jusqu’en décembre le guichet d’aide pour l’achat de gazole non routier destiné aux travaux agricoles. Cette aide, fixée à 15 centimes par litre, dispose d’une enveloppe de plus de 50 millions d’euros par mois, que les agriculteurs n’ont pas encore entièrement consommée.
Un troisième texte doit permettre aux retardataires de rouvrir ce guichet d’avril à juin. Selon le ministère de l’Agriculture, près de 74 millions d’euros ont déjà été versés à plus de 184 000 agriculteurs.






