Les porteurs de projets d’infrastructures énergétiques transfrontalières ont demandé 2,88 milliards d’euros de cofinancement européen pour un appel doté de 600 millions d’euros. Le bilan communiqué le 26 octobre 2026 par l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA) fait état de 67 candidatures concernant plus de vingt pays.
Le montant sollicité équivaut à 4,8 fois le budget disponible. Cet écart illustre la concurrence pour les subventions du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe (MIE), volet énergie, mais il ne préjuge ni du nombre de dossiers retenus ni des sommes finalement accordées. Les candidatures font encore l’objet de contrôles de recevabilité et d’éligibilité.
Électricité, hydrogène et transport de CO₂ parmi les infrastructures éligibles
L’appel à projets ouvert le 30 avril portait sur le financement d’études et de travaux liés aux projets d’intérêt commun (PIC) et aux projets d’intérêt mutuel (PIM) figurant sur la deuxième liste européenne. Les domaines éligibles comprennent notamment les interconnexions électriques, les réseaux électriques intelligents, les infrastructures d’hydrogène, les réseaux de transport de dioxyde de carbone et certaines infrastructures gazières prévues par le cadre réglementaire. Les électrolyseurs relèvent du volet consacré aux études.
Les PIC visent à renforcer l’intégration des systèmes énergétiques européens. Les PIM concernent des infrastructures reliant l’Union européenne à des pays voisins. Leur inscription sur la liste européenne peut faciliter les procédures d’autorisation et le traitement réglementaire, mais elle n’emporte pas automatiquement l’octroi d’une subvention.
Une sélection attendue en janvier 2027
Clôturé le 30 septembre, l’appel entre désormais dans sa phase d’instruction. Après les vérifications administratives, les dossiers éligibles seront évalués par des experts indépendants, la Commission européenne et CINEA. Les résultats sont attendus en janvier 2027 et les conventions de subvention des dossiers retenus devraient être signées d’ici juillet 2027. Ces échéances ne constituent pas des dates de mise en service des infrastructures.
La distinction est importante pour les gestionnaires de réseaux et les investisseurs : le total des demandes ne correspond pas à des dépenses déjà engagées par l’Union. Les subventions sont destinées à contribuer aux coûts admissibles des opérations sélectionnées, selon leurs conditions propres.
Un financement européen déjà mobilisé sur plus de 200 actions
Depuis 2014, le volet énergie du MIE a soutenu 221 actions liées à 168 projets PIC ou PIM, pour un montant cumulé de 8,87 milliards d’euros de contribution européenne, selon CINEA. Une action financée peut correspondre à une étude ou à une tranche de travaux, et plusieurs actions peuvent se rattacher à une même infrastructure.
Pour la période 2021-2027, le programme MIE Énergie dispose d’un budget de subventions de 5,84 milliards d’euros. L’examen des 67 candidatures déterminera quels investissements transfrontaliers bénéficieront de l’enveloppe spécifique de 600 millions d’euros ouverte cette année.






