Dans la nuit de dimanche à lundi, les marchés pétroliers ont connu un bouleversement. À 4h55, heure de Paris, le Brent atteignait 90,43 dollars le baril, et le WTI était à 85,37 dollars. Ce retour au-dessus du seuil symbolique des 90 dollars intervient après des frappes militaires entre les États-Unis et l’Iran sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz.
La situation géographique du conflit, dans le détroit d’Ormuz, un passage crucial pour environ 20 % du pétrole mondial, accentue l’inquiétude des investisseurs. Toute perturbation supplémentaire pourrait affecter l’approvisionnement énergétique mondial, alors que les stocks restent fragiles. Les prix du diesel et du GNL avaient déjà flambé, pesant lourdement sur les économies importatrices.
Frappes américaines sur Larak : une opération qualifiée de préventive
Dimanche 30 août 2026, les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, près de Bandar Abbas. Selon le capitaine Tim Hawkins du CENTCOM, des membres du CGRI préparaient le lancement de roquettes équipées de mines marines dans le détroit d’Ormuz. « Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak. Des forces du CGRI ont été observées en train de préparer le lancement de roquettes avec des mines marines dans le détroit d’Ormuz », a déclaré Hawkins à la BBC.
C’est la première attaque américaine reconnue contre l’Iran depuis fin juillet. L’administration avait récemment achevé le déminage du détroit. Selon l’agence Tasnim, l’attaque a été menée par drones en deux vagues, causant des pertes humaines selon l’Iran, bien que les chiffres n’aient pas été précisés. Larak, située sur une route maritime stratégique, est contrôlée par l’Iran, qui imposerait un péage de 2 millions de dollars par navire.
Riposte iranienne sur des bases américaines en Jordanie
En réponse, le CGRI a lancé des missiles balistiques contre les bases américaines du roi Hussein et d’Al-Azraq en Jordanie. Selon la presse iranienne relayée par CNN, les frappes ont causé « de lourds dégâts ». Hossein Mohebbi du CGRI a qualifié l’attaque américaine d’« erreur stratégique », promettant des conséquences économiques et militaires.
Malgré cela, l’efficacité de la riposte reste incertaine. L’armée jordanienne a intercepté huit missiles, et un responsable américain a confirmé que tous les projectiles avaient été neutralisés, illustrant l’efficacité des défenses aériennes occidentales.
Répercussions sur les marchés pétroliers
Les marchés financiers ont réagi vivement. Les cours du pétrole ont bondi de plus de 1 % à l’ouverture des échanges asiatiques, atteignant une hausse de 2,5 % en milieu de matinée. Le Brent a grimpé de 2,8 % à 90,57 dollars, et le WTI de 2,7 % à 85,64 dollars.
Tamas Varga de PVM Oil Associates note que « le risque d’approvisionnement persistera et les stocks de pétrole continueront de se vider ». Selon Goldman Sachs, cité par CNBC, les frappes sur les raffineries au Moyen-Orient et en Russie exacerbent les tensions sur les marchés de l’énergie.
Conflit prolongé et tensions économiques
Alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran entre dans son septième mois, les tentatives de médiation n’ont pas abouti à une solution durable. Le cessez-le-feu et l’accord de paix restent lettre morte. Washington a intensifié les sanctions économiques, visant à asphyxier le régime iranien.
Les conséquences humaines et économiques sont lourdes : des milliers de morts et des millions de déplacés en Iran, au Liban, et dans la région. Côté américain, dix-huit militaires ont péri. Le coût économique atteint des centaines de milliards de dollars en raison des perturbations et des primes d’assurance maritime élevées.
L’attaque sur Larak s’inscrit dans une stratégie américaine visant à maintenir une pression maximale sans déclencher une guerre totale. Le CENTCOM a redirigé 83 navires, désactivé trois bâtiments et arraisonné deux pour garantir le blocus. Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a lancé l’« Opération Economic Outcast » pour isoler l’Iran financièrement. Les autorités iraniennes minimisent l’impact de ces mesures, les présentant comme une continuation des sanctions existantes.






